Art

La nature est bel et bien morte

Mi-photographe mi-taxidermiste, Kimberly Witham utilise les animaux victimes de la route comme nouveau médium.
24 mars 2016, 9:20am
Image from the series Wunderkammer, courtesy the artist.

Souvent reléguée au rang purement décoratif dans l’échelle des arts, la taxidermie prend un nouveau tournant avec le travail de Kimberly Witham. Même si cette artiste du New Jersey utilisent souvent des animaux morts dans ses travaux, vous ne trouverez pas de trophée de chasse pendu à un mur ou des têtes de tigre menaçantes. Witham choisit plutôt des animaux moins fréquemment empaillés, comme des écureuils ou des petits oiseaux qu’elle met en scène dans des natures mortes élégantes.

Witham recourt à la taxidermie dans ses travaux depuis une dizaine d’années, allant parfois même dans des écoles de taxidermie pour une immersion complète. « J’ai commencé à m’intéresser à l’utilisation d’animaux dans mon propre travail après un New Jersey-New York en 2006. J’ai été impressionnée par le nombre de cerfs morts que je croisais. J’ai commencé à photographier les cerfs sur place et je les replaçais ensuite dans des environnements domestiques à l’aide de Photoshop », raconte Whitman à The Creators Project.

Image de la série Domestic Arrangements, publiée avec l'aimable autorisation de l'artiste

Elle continue : « Après une année de travail exclusivement avec des cerfs, j’ai remarqué un magnifique écureuil qui avait tué seulement quelques instants avant que je ne passe. Je l’ai pris et je l’ai amené dans mon studio pour le photographier. Ce procédé a mené à Domestic Arrangements, Wunderkammer et à ladite incursion en école de taxidermie. »

L’un des points de départ essentiels du travail de Witham, en comparaison avec des pratiques de taxidermie plus traditionnelles, est la manière dont elle se procure son matériel de base. « Tous les animaux dans mes photographies ont été ramassés sur le bord de la route. Pour le dire clairement, tués sur la route », explique Witham. « Quand je conduis quelque part, je regarde attentivement les bords de route. C’est incroyablement triste le nombre de créatures mortes que vous pouvez voir quand vous y prêtez attention. »

Image de la série Domestic Arrangements, publiée avec l'aimable autorisation de l'artiste

Comme Whitman utilise seulement des animaux qui sont déjà morts, la réception de son travail a été positive chez les militants pour les droits des animaux. « La plupart des gens qui m’écrivent ou qui viennent me parler aux vernissages sont des militants vegan qui comprennent et apprécient ce que je fais. »

L’artiste fait parfois face à la critique, souvent par ceux dont la position est finalement hypocrite : « Ironiquement, la plupart des gens qui me critiquent sont ceux qui passent sans sourciller près d’un animal mort sur la route. À mes yeux, c’est plus respectueux de prendre la créature, de la photographier et de l’enterrer plutôt que rouler dessus jusqu’à ce qu’elle prenne corps avec l’asphalte. »

Image de la série Wunderkammer, publiée avec l'aimable autorisation de l'artiste

Image de la série Deertown, publiée avec l'aimable autorisation de l'artiste

Image de la série Domestic Arrangements, publiée avec l'aimable autorisation de l'artiste

Image de la série série On Ripeness and Rot, publiée avec l'aimable autorisation de l'artiste

Image de la série On Ripeness and Rot, publiée avec l'aimable autorisation de l'artiste

Image tirée d'une série à venir, publiée avec l'aimable autorisation de l'artiste

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