Après l'attaque chimique d'Assad, les États-Unis frappent le régime syrien

Les États-Unis ont lancé 59 missiles Tomahawk sur la Syrie ce jeudi soir.

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avr. 7 2017, 8:20am

REUTERS/Omar Sanadiki

Les États-Unis ont lancé 59 missiles Tomahawk sur la Syrie ce jeudi soir, a annoncé Donald Trump dans un communiqué. Le bombardement a été lancé en représailles de l'attaque chimique mortelle lancée par le président syrien Bachar Al-Assad plus tôt cette semaine, qui a tué au moins 80 civils, dont 30 enfants.

Selon les premiers rapports, les missiles ont été tirés depuis des navires de guerre postés en Méditerranée. Le bombardement ciblait un aérodrome syrien près de la ville de Homs. Il aurait détruit plusieurs avions et endommagé la piste d'atterrissage. Les autorités ont confié à NBC qu'aucune personne n'était ciblée, mais – s'il y en a – le nombre de victimes est encore flou. La Russie, qui a des troupes au sol, a apparemment été avertie avant les frappes.

Depuis son country club de Mar-a-Lago, Trump a appelé les « nations civilisées » à rejoindre les États-Unis pour « en finir avec le massacre et le carnage en Syrie ».

« Il en va de l'intérêt vital de la sécurité nationale des États-Unis de prévenir et de dissuader l'usage d'armes chimiques mortelles », a ajouté Trump.

Trump sur l'attaque chimique présumée : « Même de beaux bébés ont été cruellement assassinés lors de cette attaque barbare. »

Vladimir Poutine a réagi dans la nuit, nonçant une « agression contre un État souverain ». Le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, a estimé que les frappes américaines causaient un « préjudice considérable » aux relations entre Moscou et Washington.

Jean-Marc Ayrault a évoqué un « avertissement » et une forme de « condamnation » du « régime criminel » de Bachar al-Assad. Israël, l'Arabie saoudite, la Turquie et le Japon ont fait part de leur soutien aux États-Unis, tandis que l'Iran a « fermement condamné » les frappes.

Ce mardi, la Russie avait indiqué que les forces d'Assad n'avaient pas eu recours à des armes chimiques pour frapper son propre peuple. Ce n'est pas la première fois que le Russie couvrait son allié syrien, soupçonné d'avoir commis plusieurs crimes de guerre au cours du conflit qui ravage le pays.

Les sénateurs républicains John McCain (Arizona) et Lindsey Graham (Caroline du Sud) ont critiqué l'administration Obama dans un communiqué commun diffusé ce jeudi soir. « Contrairement à la précédente administration, le président Trump a agi, alors que le conflit syrien vit un moment charnière. Pour cela, il mérite le soutien du peuple américain, » peut-on lire dans le communiqué.

Le sénateur démocrate du Maryland, Ben Cardin, membre du comité sénatorial sur les relations internationales, a indiqué avoir été informé des frappes contre le régime d'Assad, après elles aient eu lieu. « Ces frappes militaires contre l'arsenal d'Assad envoient un signal clair : les États-Unis agissent contre l'utilisation des armes chimiques, » a dit Cardin. « En revanche, et je ne peux être assez clair là-dessus, toute opération militaire de grande envergure ou de long terme en Syrie, menée par l'administration Trump, devra être décidée avec le Congrès. »

Lors du Women's World Summit à New York, l'ancienne secrétaire d'État et candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton, avait appelé à une action contre Assad – quelques heures avant le début des frappes. « Je pense vraiment qu'on aurait dû et qu'on devrait encore reprendre ses bases aériennes et l'empêcher de pouvoir les utiliser pour bombarder des innocents et les gazer avec du sarin, » a dit Clinton.


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