La Syrie n'a jamais été aussi proche de la Coupe du monde

L'équipe nationale syrienne n'est qu'à un match d'une potentielle qualification pour le mondial 2018.
5.9.17
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Ce serait une première pour le pays, qui viendrait à point pour redonner un semblant d'unité nationale au peuple syrien, déchiré entre les partisans du régime et les nombreuses factions d'opposants. Mardi soir, l'équipe nationale syrienne se déplace à Téhéran, où ils affronteront les Iraniens dans la chaude ambiance du stade Azadi, 78 000 places.

Ce match a une portée symbolique et extrasportive indéniable, car la Syrie, déchirée par une guerre civile qui a déjà fait plus de 330 000 morts depuis 2011, peut encore espérer se qualifier à l'issue de la rencontre. Pour ce faire, il faudrait s'imposer face à l'Iran, déjà qualifié, et espérer dans le même temps que la Corée du Sud ne l'emporte pas face à l'Ouzbékistan. Rien de gagné donc, même si les bonnes performances syriennes inspirent un peu d'optimisme.

Sur les réseaux sociaux, certaines mauvaises langues sous-entendent que l'Iran, grand allié de Bachar al-Assad dont la sélection est déjà qualifiée, pourrait baisser volontairement sa garde durant le match.

Ce genre de réflexion n'atteint pas les supporters syriens, pour qui les divergences politiques s'effacent devant l'importance de l'échéance. La preuve que la sélection nationale peut être un ciment pour les prémices d'une unité nationale retrouvée. Le cas de Firas al-Khatib, taulier de la sélection syrienne, montre en tout cas que le football est un terrain privilégié des luttes politiques qui se déroulent en Syrie. En 2011, il avait publiquement affiché son soutien à l'opposition, ce qui lui avait valu d'être exclu de l'équipe. Il a été réintégré cette année, certains voyant là une victoire pour le régime de Bachar al-Assad, d'autre pour l'équipe nationale syrienne.

En cas de victoire et de qualification ce soir, toute la Syrie ressentira une grande fierté. Mais les divergences et le conflit sanglant n'en seront pas oubliés pour autant.