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Démantèlement d'un réseau de guérisseurs cannibales en Afrique du Sud

Un guérisseur autoproclamé a déclenché une controverse sur le cannibalisme et la sorcellerie dans une petite ville du nord-est du pays.
29.8.17

La semaine dernière, un guérisseur autoproclamé a déclenché une controverse sur le cannibalisme et la sorcellerie dans une petite ville du nord-est d'Afrique du Sud après être entré dans un commissariat et annoncé qu'il était « fatigué de manger de la chair humaine », d'après les autorités locales.

« Il a ouvert un sac qu'il avait apporté avec lui [au commissariat], et à l'intérieur il y avait une jambe et un bras, » a dit à VICE News, le colonel Thembeka Mbhele, porte-parole du département de police de la province de KwaZulu-Natal.

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Une perquisition chez l'homme a permis de faire d'autres découvertes macabres, dont huit oreilles humaines disposées dans une marmite, d'après la presse locale. Mbhele a refusé de révéler quelles parties du corps ont été retrouvées dans la maison, précisant seulement que des tests sont en cours pour établir leur identité.

Cinq Sud-Africains sont désormais accusés de meurtres. Ils sont soupçonnés d'avoir tué et mangé d'autres personnes au nom de la médecine traditionnelle. Cette affaire a déclenché la colère de centaines de manifestants qui ont défilé dans les rues. La communauté sud-africaine de la médecine traditionnelle a démenti tolérer le cannibalisme.

Les suspects, originaires de la ville d'Estcourt, ont été inculpés pour meurtres, complot de meurtres, et possession de membres humains, a dit Mbhele.

Deux des accusés assurent être des guérisseurs locaux, toujours selon le porte-parole de la police locale.

Ce lundi, des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le palais de justice d'Estcourt afin de s'opposer à la remise en liberté sous caution des prévenus. À l'intérieur les cinq hommes ont couvert leur visage avec leurs vêtements lors de leur présentation à un juge, et ont annulé leur demande de libération sous caution, d'après les médias locaux.

S'phiwe Manana, un responsable local de l'Organisation des Guérisseurs Traditionnels d'Afrique du Sud (qui compterait près de 100 000 membres), a assuré que les corps humains n'étaient pas utilisés pour mettre au point des remèdes. Les guérisseurs pourraient guérir les cancers, les AVC, ou encore les maladies mentales, d'après Manana.

« Ils utilisent parfois des peaux d'animaux, mais pas des parties du corps humain, » a dit Manana à VICE News. « Ces deux individus ne sont pas des guérisseurs traditionnels. Ils prétendent l'être. Les vrais guérisseurs n'ont pas recours aux parties du corps humain. On essaye de laver notre réputation. »

Le colonel Mbhele aussi tenu à réfuter un article de la presse locale, qui laissait entendre que 300 personnes avaient mangé de la chair humaine – fournie par l'un des prévenus.

« C'est un mensonge, » a dit Mbhele.

Le procès est prévu pour le 28 septembre prochain.