Big News : l’EDL nouvelle ère est toujours aussi déprimante

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Big News : l’EDL nouvelle ère est toujours aussi déprimante

Un nouveau leader, de nouveaux ennemis mais les mêmes têtes de cons.
16.10.13

Lorsque Tommy Robinson et Kev Carrol ont sauté du navire en plein naufrage de l’English Defence League la semaine dernière, leurs lointains partisans ont réagi de deux manières différentes. Pour certains, ce sont des traîtres qui se sont laissé duper par les djihadistes refoulés de la Quilliam Foundation. Pour d’autres, il s’agit de Croisés héroïques qui ont décidé de se reposer après leur long pèlerinage. Dans un cas comme dans l’autre, les partisans de l’EDL faisaient penser à une armée dont le roi s’était fait tuer sur le champ de bataille. D’où l’enjeu de la manifestation de samedi dernier sous le ciel blanc de Bradford.

La question de savoir ce que va devenir l’EDL post-Kev et Tommy flottait dans l’air. Interrogé lors d’une conférence de presse mardi dernier quant au futur leader, Tommy Robinson, qui avait du mal à retenir ses larmes, a déclaré : « Personne ne va me remplacer… Personne ne mettra sa tête sur le billot. »

Contrairement à ce que voulait croire Tommy Robinson, une sorte de Haut conseil formé des représentants des différentes organisations régionales a été constitué pour que l’EDL se choisisse un nouveau leader, l’avenant Tim Ablitt du comté de Dorset. Le principal fait d’armes de Tim, c’est d’avoir été arrêté dans une affaire de complot visant à faire exploser une mosquée à Bournemouth, même si aucune charge n’a été retenue contre lui.

Samedi dernier à Bradford, la police avait complètement verrouillé les lieux en créant une chaîne de fourgons de police tout autour de l’enclos minuscule où les partisans de l’EDL avaient eu l’autorisation de se réunir. Les journalistes ne pouvaient pas s’approcher du rassemblement qui avait lieu devant un pub situé à une minute de la gare ; il y avait sans doute plus de flics que de militants, et les journalistes qui brandissaient, frustrés, leur carte de presse faisaient plus de raffut que le rassemblement. Les partisans de l’EDL n’ont pas vraiment vu Bradford, et Bradford ne les a pas beaucoup vus non plus.

On pouvait tout de même les entendre chanter : « Tommy, Tommy, c’est qui ce mec ? » et Ablitt a tenu à rassurer ses compagnons : « EDL, ce n’est pas qu’une ou deux personnes… Quand je nous vois, aujourd’hui, tous rassemblés ici, ça prouve quelque chose. L’EDL ne disparaîtra pas comme ça. Nous ne nous rendrons jamais. L’année prochaine, nous allons élever EDL au sommet, nous serons plus forts, plus grands, et nous reprendrons les rues. »

Le rassemblement de Bradford comptant environ 300 personnes, le discours de Tim Ablitt m’est apparu comme un peu exagéré. On ne demande pas à un mort de se rendre.

Alors qu’on les escortait pour qu’ils remontent dans leurs trains et leurs bus, les partisans de l’EDL sont passés tout près de la petite contre-manifestation d’antifas qui chantaient : « Où est passé votre leader ? » sur l’air de « Chirpy Chirpy Cheep Cheep ». Ça – de même que ce moment bizarre, quand quelques partisans de l’EDL ont décidé de fuir la police et de se réfugier dans un parking, comme le montre la photo ci-dessus – a constitué le moment le plus excitant de toute la journée. On était bien loin de l’émeute qui avait éclaté lors de leur dernière visite à Bradford.

Il est difficile de savoir si cette petite sauterie n’était qu’un spasme post-guillotine, ou si EDL va perdurer comme une sorte d’hydre : plus on lui coupera la tête, plus il en repoussera. Pour l’instant, au moins, on peut affirmer que Tommy Robinson va continuer à occuper les gros titres, plus que le groupe qu’il laisse derrière lui, en tout cas.

Suivez Simon et Chris sur Twitter : @SimonChilds13 et @CBethell_photo

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