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Eh ouais, le premier disque d'Eddy Current Suppression Ring est sorti il y a 10 ans

On a interviewé le guitariste du meilleur groupe australien de ces 10 dernières années à l'occasion de l'anniversaire de leur premier 45 tours.
28.7.14

Photo - Shaun Gionis

Dans le catalogue du label de Melbourne Corduroy Records, la référence CORD 143 se distingue très nettement du lot, majoritairement composé de groupes garage aux disques noyés dans la fuzz, comme Hekawis, Devil Dolls ou encore Naked Eye.

La référence CORD 143 est celle de « Get Up Morning », le premier single de [Eddy Current Suppression Ring](http://www.ecsr.com.au/ ), qui est passé relativement inaperçu au moment de sa sortie en 2004, mais qui témoignait déjà du style inimitable du groupe – principalement caractérisé par le jeu de guitare de Mikey Young et le chant de Brendan Huntley. « Get Up Morning » est un des meilleurs morceaux de punk australien jamais enregistrés, un titre qui réussi à capturer l'esprit des meilleurs disques des Saints, des Victims, des Leftovers et de Chosen Few.

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Corduroy était à l'époque un label prolifique, mais aussi et surtout une usine de pressage, située dans la banlieue de Highett. C'était une entreprise qui employait et faisait vivre une partie de la scène punk locale, puisqu'on a pu y retrouver, au fil des années, Richard Stanley (des Onyas), Conrad Standish (des Devastations), Guy Blackman (de Minimum Chips) et Mark Nelson (des Stabs). Nick Phillips, qui dirigeait l'entreprise, jouait lui aussi dans un groupe, Shutdown 66. Mikey et Brendan n'étaient que des gamins du coin quand ils ont commencé à travailler chez Corduroy et la légende veut que Eddy Current Suppression Ring se soit formé après que Mikey et son frère Danny (batterie) se soient mis à jammer pendant la fête de Noël de la boîte et qu'ils aient demandé à Brendan de venir chanter avec eux. Cette improvisation est par la suite devenue le titre « So Many Things », la face B de leur premier single.

Eddy Current Suppression Ring est aujourd'hui considéré comme un des plus importants groupes australiens de ces dernières années. Ils ont remporté l'Australian Music Prize en 2008 pour leur album Primary Colours et ont été l'objet d'un culte grandissant, en Australie et partout ailleurs dans le monde. Mais malgré le succès, le groupe n'a jamais quitté les entrepôts de l'usine Corduroy et leur sincérité et leur humilité ont fait d'eux un des groupes les plus impressionnants que le continent océanique ait produit.

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À l'occasion des dix ans de leur premier single, on a posé quelques questions à Mikey Young, le guitariste du groupe.

Noisey : « Get Up Morning » était le premier morceau écrit par le groupe ?

Mikey Young : Non, c'était le deuxième en fait. Il y a d'abord eu « So Many Things », qui était le résultat d'une jam impromptue qu'on avait enregistrée sur cassette, et qui s'est retrouvée en face B de « Get Up Morning ». Le 45 tours est sorti pile pour notre premier concert. On a écrit « Get Up Morning » pendant notre deuxième répète, j'avais déjà le riff en arrivant au local. C'est donc le premier morceau qu'on a vraiment écrit. « So Many Things » était plus un genre d'accident.

Il y a toujours eu ce break dans le morceau où vous vous arrêtez et où vous recommencez ?

Je crois, en tout cas je ne me souviens pas l'avoir joué autrement. Et je ne crois pas qu'on l'ait planifié ni qu'on en ait discuté au préalable. C'est juste arrivé comme ça. Vu qu'on bossait sur l'enregistrement des titres de Shutdown 66 à l'époque, et qu'ils utilisaient pas mal de gimmicks 60's comme celui là, ça nous a sans doute indirectement influencé.

Le premier solo de guitare du morceau est un des mes solos préférés de tous les temps, vraiment. Il y a toujours eu deux solos sur ce titre ?

Ouais, je crois qu'ils y étaient dès le tout début, même si là encore c'est arrivé un peu tout seul, je n'y ai pas vraiment réfélchi au préalable. Ça me semblait être une bonne idée de balancer deux solos après deux refrains. Cela dit, pour le premier, je ne sais pas si ce truc qui repose sur à peine deux notes peut être considéré comme un solo, mais j'apprécie ton compliment ! Sur le deuxième, j'essayais juste d'imiter Dave Davies.

Le clip est extrêmement simple mais très efficace. Il réussit à montrer en quelques images qui vous êtes et d'où vous venez.

On ne voulait pas faire un clip flashy, on voulait juste nous montrer le plus simplement possible. On l'a tourné dans un entrepôt abandonné, qui se trouvait derrière la maison où notre pote Michael Kucyk vivait à l'époque. Et le clip a été filmé par trois de nos meilleurs amis, ce qui a tout de suite rendu le truc très amusant à faire, sans la moindre pression. Je ne me suis pas vraiment pris la tête avec ça. Le simple fait de tourner un clip qui allait être diffusé dans Rage [émission musicale australienne et accessoirement plus vieille émission musicale encore diffusée vu qu'elle n'a jamais connu d'interruption depuis son lancement en 1987] me suffisait.

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« You Don't Care » a un côté plus garage 60's mais « So Many Things » semble en effet plus improvisée, notamment au niveau du chant.

C'était marrant parce qu'on n'avait pas l'impression d'être en train d'enregistrer quoique ce soit de vraiment important. C'était un de ces moments stupides où tout est complètement spontané. C'était aussi la première fois qu'on jouait ensemble. Cela dit sur la casette qu'on a enregistré ce soir là, après « So Many Things », ça baisse très nettement en qualité. Tout était loin d'être aussi bon, je peux te le garantir ! Cela dit, sur ce morceau, Brad ne jouait pas, donc ça n'est pas vraiment Eddy Current Suppression Ring.

Qu'est-ce que vous écoutiez à cette époque-là ?

Le fait d'avoir bossé chez Corduroy a considérablement enrichi ma culture musicale. Tout le monde avait des groupes, tout le monde avait des labels, il y avait des tonnes de disques géniaux qui sortaient tous les jours. J'étais un gamin de banlieue qui n'y connaissait pas grand chose, et me retrouver là, au milieu de tout ça, a été une chance incroyable. C'est chez Corduroy que j'ai entendu pour la première fois des groupes comme Can, les Pagans, The Clean, Swell Maps, et où j'ai découvert des disques qui comptent aujourd'hui parmi mes préférés. À part ça, dans les nouveautés de l'époque, j'amais beaucoup Phoenix. Et puis j'écoutais bien sûr toujours mes vieux trucs : Rod Stewart, Duran Duran, les Troggs, les Kinks, Human League, Black Sabbath, et pas mal de funk et de disco.

Qui a eu l'idée de cette pochette avec les mannequins sans tête ?

Je me souviens que je voulais quelque chose d'assez neutre et anonyme mais avec un côté un peu scientifique. Je voulais aussi que ça colle avec le nom et qu'on ne nous voie pas sur la pochette. La photo est juste le résultat d'une bête recherche internet. Danny l'a ensuite retouchée sur son ordinateur. On a tous mis plus ou moins notre grain de sel dedans. Plus d'Australie sur Noisey Meatdog est le skinhead le plus taré de Melbourne
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