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Ne comptez pas sur les X-Men pour porter des T-shirts « Le Rap c'était mieux avant »

On est revenus avec Ill et Cassidy sur leur parcours, leur come-back, l'héritage Time Bomb et la nouvelle scène rap française.
18.11.15

Ill et Cassidy des X-Men en 2015. Toutes les photos sont de Melchior Tersen

Comme pas mal de monde, j'ai découvert les X-Men avec une poignée de freestyles radio devenus tellement légendaires que les rips continuent de faire surface sur le net des dizaines d'années plus tard. Comme tous leurs estimés collègues du collectif Time Bomb (Lunatic et Oxmo Puccino en tête), ils ont contribué à révolutionner le rap français en ramenant des influences américaines particulièrement bien digérées, et à imposer des standards qui continuent d'être pris pour modèle aujourd'hui, que ce soit au niveau du style ou de la technique. Et vue la vitesse à laquelle ils se sont fait un nom, on aurait pu s'attendre à un succès commercial sans précédent. Ce n'est malheureusement jamais arrivé : après un premier album réussi mais en total décalage avec les attentes de leur public de l'époque, les X se sont fait finalement très discrets, au point que certains avaient cessé d'attendre un retour de plus en plus hypothétique de leur part. C'est pourant chose faite aujourd'hui avec le EP Modus Operandi. On en a profité pour revenir avec Ill et Cassidy sur leur parcours atypique et leur come-back.

Noisey : Vous êtes satisfaits des retours sur Modus Operandi ?
Cassidy : C'est cool, les gens ont pris le projet pour ce qu'il est, à savoir un EP. Voir si on est toujours à l'heure, et pour eux, comme pour nous, c'est le cas.

Le retour des X, ça fait longtemps qu’on en parle, pourquoi ça a mis autant de temps à se concrétiser ?
Cassidy : On va dire qu’il y a eu une suite de signes, et puis le truc c'est qu'on se connaît depuis l'enfance. Donc on voulait pas se forcer, revenir juste pour faire de la musique sans qu'il n'y ait rien derrière. On a décidé de se concentrer, on s'y est mis sérieusement il y a à peu près 3 ans… Là je te parle pas du tout d'écriture, mais simplement commencer à parler de refaire des morceaux, etc. On aime l'action, donc parfois ça nous manquait, parfois au contraire, t'es content d'être extérieur à tout ça.

Ill : Quand ça nous a réellement manqué, c'est là qu'on a fait le EP. On avait déjà essayé trois fois, genre « on le fait ou pas » et on finissait par ne rien faire. On se disait qu'il fallait faire quelque chose, et après on ne se donnait plus de nouvelles. On faisait un peu les cons… Et là, finalement, on a été enfin réguliers, on a mené le projet à bien et c'est vrai que le fait de se connaître depuis l'âge de 10, 11 ans, ça joue aussi. On était contents de se remettre au boulot.

Cassidy : Et l'envie était vraiment là. C'est ça le début de la motivation, pour prendre du temps, etc.

Aujourd’hui, vous réalisez l’impact de vos sons de l’époque sur le rap français ou ça vous semble toujours un peu bizarre ?
Ill : D'une manière oui… Mais surtout avec le temps. Je pense que c'est impossible de s'en rendre compte immédiatement sauf si c'est ce que tu vises dès le départ. Mais nous, c'est pas ça qu'on voulait. Nous, on voulait surtout faire les choses bien, représenter un côté africain, et faire quelque chose qui ait du panache. Mais au fil des années, quand les gens viennent te parler, c'est là que tu percutes sur ce que t'as vraiment fait.

Cassidy : D'autant que ça date, et bizarrement, ça s'est pas trop arrêté, ça s'est même amplifié ces derniers temps, avec toute une nouvelle école de rappeurs qui se mettent à te citer parfois en référence alors que tu n'es plus au devant de la scène… Comme si c'était devenu une sorte de repère.

Ill : C'est là que tu commences à comprendre et que tu dis « en fait, on avait du niveau ».

Contrairement à d’autres groupes considérés comme des pilliers, vous n’avez pas une discographie très fournie, pourtant votre nom est resté, vous vous y attendiez ?
Cassidy : On rappe et on écrit en fonction de nos vies, ce qui est à la fois une qualité et un énorme défaut. La différence c'est que maintenant on veut amener une régularité dans nos sorties. On est bien conscients que les gens ont accroché aux X-Men grâce à des morceaux chacun de leur côté, sur des compiles, des B.O. de films, des trucs éparpillés.

Ill : On y allait vraiment au feeling, ouais. Sauf sur Jeunes, coupables et libres. C'était en major, quelque part on était moins motivés. On se voyait plutôt en artistes libres, et à cet âge-là, c'était une contradiction. Du coup on s'est « mieux » présentés dans les morceaux spontanés que tu connais, pas dans l'album, paradoxalement. La mentalité avec laquelle on faisait ces sons, le côté impro, freestyle, la confrontation, tout ce qu'il y avait aussi avec Time Bomb, ça nous amenait à faire la musique autrement. Sans se connaître, tout le monde avait son niveau, donc quand on se rencontre, ça s'accroît. Rien que la triangulaire Cassidy, Hifi et moi, c'était déjà une compétition. Nos connaissances de la musique noire américaine, antillaise, de l'anglais et du français, c'était déjà autant de choses dans notre sac au trésor. On a fait notre sauce. Ça nous faisait plaisir avant tout : je t'envoie ça, qu'est-ce que t'en dis ? Etc. On accrochait un peu plus au débit des Noirs américains qu'à un débit saccadé un peu trop haché. Le relâchement c'était important.

Un truc notable c’était aussi l’impro et la légèreté qu’on pouvait trouver dans certaines phases, vous n’aviez pas le côté « sourcils froncés » tout le temps.
Ill : C'était une manière de montrer qu'on ne peut pas nous casser, nous priver de l'humour. Ça permet de voir que les gens vivent vraiment. Ça amène une autre chaleur que celle qui était présentée auparavant. Si tu parles comme dans la vraie vie, ça donne forcément plus de goût. L’impro… ça c'est du sport. C'est comme un 1 contre 1 au basket. On ne sait pas ce qui va sortir, surprise, c'est chaud. C'est un truc qu'on a fait à l'époque mais que j'ai pas trop entretenu parce que c'est assez spécial. Ça peut te faire sortir des trucs que tu voulais pas vraiment dire au départ.

Cassidy : C'est la porte du jardin secret qui est entrouverte, mais des fois t'as envie de rester en sécurité quand même !

Sur ce nouvel EP, la plupart des morceaux sont assez courts, c’était une volonté consciente ?
Cassidy : J'ai réécouté récemment Jeunes, coupables et libres, et c'est clair que la différence… C'était des sons de 5 voire 6 minutes. Pour le EP, on voulait donner des trucs épurés.

Ill : À l'époque de l'album, on voulait presque allonger les morceaux ne serait-ce pour ne pas donner l'impression qu'on n’était pas à fond. Alors que là, on donne notre énergie, si elle sort d'une certaine façon, on ne va pas se forcer à l'étirer.

Cassidy : Sur le 1er album, concrètement, on écoutait l'instru le matin, on écrivait et on posait l'après-midi. Là au contraire, on avait le temps de se plonger dans l'instru. C'est vrai qu'avec le recul, on a constaté que ça donnait des morceaux de ce format là, mais ce n'était pas une volonté de départ.

Il y a un seul featuring : Nekfeu. Pourquoi ce choix, et surtout, c’était avant ou après qu’il pète le score avec son solo ?
Cassidy : [Rires] Ça s'est fait naturellement, il nous avait appelé pour son clip «Time Bomb », il nous rend hommage depuis pas mal de temps. Vu qu'il était dans le secteur, ça tombait bien et le contact était facile.

Ill : On a aussi réalisé qu'on n'avait aucun featuring, en tout cas pas sur ce projet, parce que d'autres morceaux existent, mais ils arriveront plus tard. C'était lui qui semblait le plus évident. Et on a fait le feat avant que son album sorte. D'ailleurs [à Cassidy] rappelle-toi, je t'ai dit « ouf ! Heureusement qu'on l'a capté avant tout ça, sinon on aurait galéré pour l'avoir » [Rires].

Cassidy : C'est clair que ça aurait été compliqué, avec les sollicitations qu'il doit avoir aujourd’hui…

Quand on s’appelle les X-Men et qu’on sort un disque en 2015, niveau pression c’est comment ?
Ill : La pression est retombée au fur et à mesure de la conception du projet. Déjà, quand on s'y est mis, c'est qu'on estimait être suffisamment sereins. Mais c'est vrai que ça s'est vite résorbé. On doute encore, comme tous les artistes, mais ça va. Avec les années, on a eu l'impression de peut-être comprendre comment les gens nous percevaient.

Vous avez été tentés de reproduire à la lettre les vieilles recettes pour jouer sur le côté nostalgique des auditeurs ?
Ill : Non… Parce que c'est pas une carrière qu'on a voulu construire à l'époque. Donc c'est pas pour reproduire un schéma après. Faut qu'on se sente nous-même, motivés, rafraîchis… Ce ne sera jamais la même sensation parce qu'on a vieilli. Le travail de studio n'est pas le plus plaisant du monde, mais le plaisir de construire un résultat que tu ne rejettes pas quand tu l'écoutes, c'est bien.

Donc vous n’êtes pas nostalgiques ?
Cassidy : On est contents de l'avoir vécu, mais on a aucune nostalgie.

Ill : On a trouvé ça surprenant, de ne pas être nostalgique. Ceci dit, on s'est rendus compte qu'en fait, on aimait certains morceaux de l'album comme « Dieu a béni mon clan », « Oublie le come back ». En l'écoutant on peut se dire « ah mais il me ressemble le mec, quand même » [rires]. Parce qu'à un moment, c'est vrai que c'était bizarre, tu as pris de l'âge, t'es plus le même, tu peux t'être éloigné totalement de celui que tu étais. Et vu qu'on m'en parlait tout le temps, je me demandais où était passé ce mec que je n'étais plus. Finalement ça va, l'équilibre on l'a trouvé, je me reconnais encore dans certains trucs, c'est pas étranger, faut pas abuser.

Et les fans de la 1ère heure qui eux, sont nostalgiques, et réclament du son comme à l’ancienne, ça vous emmerde pas trop ?
Ill : « Retour aux pyramides » et « Pendez-les », ça nous fait ça un peu. « One-one-one » aussi… Mais la meilleure réponse à ça, c'est faire de nouveaux titres.

Cassidy : Ce serait horrible de se plier complètement à cette nostalgie. T'imagines, on en serait à « Retour aux pyramides part. 8 » [Rires].

Ill : Même en concert, on n'a pas envie que ça devienne systématique, on s'accorde le droit de choisir quand et comment faire ces morceaux… Mais quand même, Retour aux pyramides, parfois on se pose la question, il veut dire quelque chose ce morceau, hein, bon [Rires].

Du coup, vous faites un peu mentir le refrain de « Oublie le come-back »…
Ill : C'est vrai qu'on fait mentir le truc… c'est aussi pour ça qu'on l'aime ce son, on s'est rendus compte à quel point on était jusqu’au-boutistes à l'époque.

Cassidy : Après quand t'écoutes le morceau, on reste pas focalisés sur le rap game, ça parle de plein de trucs, aussi bien de la vie perso, de la détermination dans les choses, il y a parfois des allers sans retour. Une fois que le truc est lancé ça ne t'appartient plus. Comme pour « Retour aux pyramides », on ne s'est jamais dit « cool c'est un classique », pour nous ce n'était pas forcément notre meilleur morceau…

Ill : C'était surtout celui où on exposait tout ce qu'on avait à l'instant T. On n'avait pas vu le film pour lequel on le faisait, mais on savait que c'était la B.O. et qu'il s'appelait Ma 6-T va Crack-er. Vu l'intitulé, c'était le parfait moment pour laisser sortir toute la dosette. Donc on a mis tout ce qui résumait le pourquoi du comment depuis notre naissance. La fougue de la jeunesse nous a permis de faire ça.

On définit souvent les X-Men comme un groupe egotrip, vous en pensez quoi ?
Ill : Egotrip ? Hmm… Je sais pas. Egotrip, pour moi ça veut dire quelqu'un qui vient au micro et qui se branle. Peut-être qu'on a marqué des gens par ce côté-là, mais j'en profite pour dire un truc : c'est dangereux, parce que « egotrip » ça veut dire que t'as rien à dire au final. Or, dans un morceau comme « Retour aux pyramides », notre volonté c'était l'inverse, dire « tout », d'une certaine façon. Je vois pas comment on peut limiter ça à de l'egotrip, alors que c'est de la fulgurance [Rires]. Un Mac puissance… le nombre reste à définir. Si ta manière de parler de toi fait mal à la tête tellement tu es fort, il y aura sans doute du sens dedans. Des métaphores sans cesse, en veux-tu en voilà, je ne sais pas… Mais le mec ne parlera pas de « rien ». Ce sera juste une personne qui trouvera naturel d'être naturellement naturel [rires]. En fait, j'ai l'impression que certains médias se servent de l'egotrip pour minimiser la manière qu'ont les mecs de s'exprimer. Alors que c'est là que tu ne peux pas mentir : ça montre la puissance de l'intérieur de l'âme. « Retour aux pyramides », je dirais pas que c'est de l'egotrip, c'est plus de l'egoscience, tu as l'homme et son environnement, mais pas l'un sans l'autre.

Rétrospectivement, vous comprenez les fans qui estiment que vous avez loupé le coche ?
Cassidy : On est parti de la musique entre nous, à débarquer dans une clique qui a eu une histoire de fou avec le recul, jusqu'à signer à l'époque à Universal avec tout ce que ça implique de vivance et de graillance… Mais au final c'est pas ce qui nous intéressait dans la musique. En réalité, on a fait le tour de ce qu'on voulait voir à l'époque. Et on voulait pas en vivre à n'importe quel prix. C'est pour ça qu'aujourd'hui on est dans la maîtrise de tout ce qu'on fait et ce qu'on dit.

Des nouvelles collaborations avec des collègues de l’époque Time Bomb, ce serait possible ?
Cassidy : Aucune porte n'est fermée, on est toujours en contact avec certains. Ce n'est pas prévu dans l'immédiat mais pourquoi pas.

Au niveau des instrus, il y a un côté très posé, presque planant, qui peut rappeler certains anciens sons d’ailleurs. C’est ça votre couleur finalement ?
Ill : On aime bien cette couleur, mais il y en a d'autres. C'est ça notre manière de se présenter. On avait commencé « J'attaque du mike » sans enjeu derrière, et là de la même façon. Sauf qu'après, les gens se disent « ok, eux, c'est les mecs qui rappent à la cool » donc hop, tu reviens avec « Pendez-les ». Aujourd'hui, ça va être pareil, d'abord « bonjour, bonjour » et après on cogne un peu. « Class.X » est là pour apporter un peu de piment. Ça n'aurait pas pu sortir sans un morceau comme ça. Juste pour dire « on peut aussi faire ça ».

Cassidy : C'est un casting.

Et les flows ne sont évidemment pas les mêmes qu’à l’époque…
Ill : Je bois à cette phrase !

Cassidy : Ça vient naturellement, on ne cherche pas à faire autre chose. On est comme tout le monde, influencés par ce qu'on voit et ce qu'on entend, mais on se force pas.

Qu’est-ce que les X écoutent en 2015 ?
Ill : Moi, je mate plutôt des films en streaming.

Cassidy : TDE, Asap Rocky, Jay-Z…

Ill : Future, Kanye West.

Vous n'êtes pas du tout dans la caricature du puriste bloqué sur une époque du coup.
Ill : Il y a des morceaux trap qui sont très bien. Ce n'est pas un style que je pourrais écouter toute la journée parce que c'est pas mon état d'esprit, mais il y a des morceaux qui tuent. Le seul truc qui me dérange c'est ceux qui se forcent à adopter le même flow, tout le temps. Non, non, pas possible ça.

Cassidy : C'est comme si tu nous disais « fais le même morceau » à vie. On fait de la musique et on est fermés à rien. Si le choix du thème et de l'instru collent, que les gens disent trap ou pas, si ça marche, c'est tout ce qui compte.

Et le terme punchline, que certains trouvent un peu galvaudé ces temps-ci ?
Cassidy : Je sais plus trop ce que veut dire punchline…

Ill : « De la phrase forte », de la rime punchée, de la rime coup de poing, de la rime panache !

Cassidy : C'est un peu comme tout, j'ai l'impression qu'on perd les vraies définitions. Faut être précis. À l'époque on parlait pas de ça, je me souviens pas d'avoir prononcé le mot punchline perso…

Ill : On parlait de « phases ». Ça pouvait être une phase rythmique, une phase de jeux de mots, d’assonances… C'est des phases, c'est le terme général, qui englobe la punchline d'ailleurs.

L’évolution du rap en France, vous la trouvez comment ?
Cassidy : C'est bien établi, ça a évolué dans le bon sens, c'est omniprésent dans la pub, la télé… C'est une progression positive. Maintenant, faut que le truc nous appartienne. C'est ça la dernière limite, qu'on reste propriétaire de notre culture.

Maintenant, je vais vous passer une playlist rap français et vous allez me dire ce que vous en pensez.
Cassidy : Notre avis intéresse des gens ? [Rires]

PNL – « Dans ta rue »

Cassidy : Je te l’avais montré celui-là [à Ill], tu te rappelles ?

Ill : Ah oui, c’est des jeunes de maintenant qui se sont donnés les moyens, ça correspond aux codes de l’époque, ils s’appliquent, c’est sympa.

BOOBA – « Validée »

Ill : Bon ça c’est du zouk, ça m’étonne un peu qu’il fasse ça, mais pourquoi pas.

Cassidy : Le truc c’est que depuis des années, tout ce qui se rapproche du zouk, je supporte pas.

Ill : C’est vrai qu’il est pire que moi à ce niveau [Rires] sinon le zouk c’est chaud. Même si je respecte Kassav, Francky Vincent, etc.

Cassidy : Chacun son truc.

Ill : On le reconnaît plus sur « Attila » que sur ce son, on va dire.

KAARIS feat XV BARBAR – « La Base »

Ill : Il a une intensité, de la technique et du vocabulaire, c’est de la trap mais en même temps ça reste recherché.

JUL – « Briganter »

Ill : Alors le style vestimentaire je comprends pas du tout, mais ça reste un mec qui sait écrire, et je comprends que ça trouve un écho chez les auditeurs aujourd’hui et… ouh lala ! Ce plan-là, il est dur par contre.

Cassidy : Il arrive à transmettre des émotions, c’est pas donné à tout le monde.

NISKA feat LA B & TRAFIQUINTE - « Freestyle PSG »

Cassidy : Lui, je connaissais pas trop mais j’en ai entendu parler, il est en place apparemment. C’est bonne ambiance son truc.

Ill : [Se met à bouger en rythme] y’a un côté vachement africain en fait ! C’est bon, ça… ça donne la pêche, après ils ont des textes pas faits pour les enfants [Rires].

Cassidy : Tu vois qu’ils sont là : « on s’en bat les couilles, on ramène notre identité », c’est bien.

AL KPOTE – « Sucez-moi »

Cassidy : Ca je connais, je vois exactement ce que c’est, je reconnais le talent du type mais j’ai jamais été à fond.

Ill : C’est un délire, c’est un délire. On peut pas écouter ça tout le temps mais c’est parfait pour ceux qui veulent se chauffer un peu. C’est quand même bien écrit dans ce style-là.

SETH GUEKO - « Delicatessen »

Ill : Alors disons que c’est très pimenté ! Il a rajouté du piment, Seth Gueko version 2015, c’est cohérent.

Cassidy : Il a pris du muscle aussi.

MOM'S – « Reviens aux pyramides »

Ill : Hmm il s’applique, il donne ça, il donne ça. Je comprends sa technique, je vois l’effort. Et forcément, on apprécie la dédicace.

Cassidy : Ouais c’est un bon, ça fait plaisir.

OXMO PUCCINO – « Une chance »

Ill : Déjà celui-là, quand il rappe, ça nous parle, forcément. C’est notre génération, c’est normal. Après, le refrain, pas forcément.

Cassidy : Mais quand il pose, il est toujours là.

ALI – « ART »

Ill : Ah, je connais, celui-là [sourire]. Ouais, il est bien. Ça c’est quelqu’un qui a un souci de l’écriture. Il a son nom et sa marque.

Cassidy : Son style à lui.

Yérim a aussi son style à lui. Il est sur Twitter.