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Gehenna, le groupe le plus taré de la scène hardcore US, sort un nouveau EP

« Vous avez vraiment planté un mec pour un bucket KFC ?»

Toutes les photos sont de Rebecca Reed

Certains groupes batissent toute leur réputation autour de légendes et de rumeurs et, à ce petit jeu là, Gehenna sont incontestablement les plus forts. Depuis sa formation en 1993, le groupe hardcore de la côte Est traîne tout un tas de casseroles : bastons, meurtre, destruction. Ils auraient même poignardé un mec pour un bucket KFC. Résultat : Gehenna est considéré depuis 20 ans comme une des formations les plus flippantes et insaisissables de la scène underground américaine.

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Ok, mais est qu’ils sont bons au moins ? La réponse est OUI. Gehenna ont sorti deux albums fabuleux et une pelletée de singles, sur lesquelq ils mélangeant des éléments du black metal avec le hardcore le plus nihiliste jmais enregistré sur la Terre des Hommes. Leur dernier disque vient de sortir sur le label de Dwid Hellion (d’Integrity), Dark Empire Records. Il s’appelle

Funeral Embrace

et tu peux l’écouter en entier plus bas, et le commander

directement auprès du label

.

On a coincé Mike Cheese, le très controversé chanteur de Gehenna, dans un coin, pour qu'il nous parle de ces fameuses rumeurs, de son nouveau disque et de l'avenir du groupe.

Mike Cheese of Gehenna

Noisey : Il y a une raison au fait que votre nom de groupe soit souvent précédé de la mention « The Infamous », comme Mobb Deep ? Ça vient de votre propension à attirer les rumeurs, de votre goût notoire pour la violence ? C’est vrai d'ailleurs cette histoire comme quoi vous auriez planté un mec pour un seau KFC ?

Mike Cheese :

Une fois ou deux les choses ont dégénéré avec le public et on a dû faire des trucs un peu tarés pour nous protéger, mais tu sais comment ça se passe… Comme d’habitude, l’histoire est écrite par des types qui n’étaient pas présents lors du conflit. On n’est pas des mecs violents hein, on est juste doués pour sortir physiquement indemnes de situations hostiles. Je crois que c’est parce qu’on est tellement fauchés qu’on s’en branle. On a esquivé pas mal de couteaux et pété quelques nez mais on est comme tout le monde, on préfère parler de comédies, de restaurants, de drogues et d’alcool que de défoncer la gueule d'un étudiant qui portera plainte contre nous après.

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Gehenna a toujours été entouré par une aura mystérieuse. Vous n’avez pas vraiment succombé à « l’ère de l’information ». Elle vient d’où votre inspiration ces derniers temps ?

On se lève chaque matin comme n’importe qui d’autre… On pisse, on regarde par la fenêtre en sachant qu’on va devoir garder la tête haute et sortir affronter ce monde tout déglingué. Si on ne prend pas nos instruments en rentrant chez nous, ou si on n'écrit pas, c’est terminé… C’est une vie de mort-vivant. Pour ce qui est de l’ère de l’information, on a passé la plupart de notre vie sans. Mon téléphone est niqué une semaine par mois et la plupart d’entre nous n’ont même pas d’ordinateurs. Donc, j’imagine que ça vient de là. L’isolation. La pauvreté. Les batailles juridiques. La dépression et les tonnes de drogues et d’alcool.

Qu’est ce qui est mieux, être craint ou être aimé ?

Le mieux est d’être défoncé.

Parlons de votre nouveau disque sur Dark Empire. C’est le début d’une nouvelle alliance avec Dwid et son label ? Pourquoi vous êtes-vous barrés de chez A389 ?

On est potes avec Dwid depuis 20 ans. C’est un mec super et son fils Max tue aussi. Je suis certain qu’on va retravailler ensemble parce qu’ils sont francs et honnêtes. Et surtout parce que leurs labels sont punk. Si tout se passe comme prévu on devrait aussi bosser avec Iron Lung Records et Twelve Gauge Recordings cette année. On n’a pas envie de se retrouver sur un label de rééditions qui n’a aucune vision.

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Vous avez enregistré pas mal de trucs en quantité ultra-limitée sur des mini-labels. Vous allez ressortir tout ça un jour ?

On aime simplement que tout reste excitant, pour nous, et pour ceux qui nous écoutent. Et on pense aussi que posséder un de ces disques est un truc plus personnel, et peut-être quelque part, une façon d’avoir quelque chose d’inatteignable pour une personne qui bave à l’idée de traquer de la musique obscure. Tout sera disponible prochainement. Il faut juste qu’on se repenche dessus et qu’on décide quand ça pourra sortir

Dix ans se sont écoulés depuis votre dernier album, vous avez de quoi en sortir un nouveau ?

On compose en permanence. Tout se passe très bien en ce moment et on espère que notre nouvel album sortira avant la fin de l’année sur Iron Lung Records. Il sera un peu différent, rien n’est éternel, mais c’est toujours du Gehenna. C’est cru, sombre, brutal, sans compromis et il y aura aussi des instrumentaux sur lesquels moi et D.C. avons travaillé lors de mon dernier passage au tribunal. Voilà en gros ce à quoi vous pouvez vous attendre.

Vous vivez dans la Bay Area maintenant. C’est un bon cadre pour un groupe ? Il y a d’autres groupes intéressants chez vous ?
Un des gros avantages quand tu vis dans la bay Area, c’est que la marijuana est prescrite médicalement, tout comme une quantité non négligeable d’autres drogues. Il y a aussi un tas de mecs tarés, ouverts à toutes sortes de musique, qui rendent le truc bien marrant. Des groupes comme Augurs, Dirty Ghosts, Bpos, Replica, Joel Gion & The Primary Colours, Hostage, Ghostnotes et Serpents Of Dawn font de la Bay Area un putain d’endroit. Mais vraiment, je suis ici avant tout pour la weed.