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Range Tes Disques : Redman

On a demandé à Reginald « Reggie » Noble de classer ses disques, du moins bon au meilleur.

Range Tes Disques est une rubrique dans laquelle nous demandons à un groupe ou un artiste de classer ses disques par ordre de préférence. Après Korn, Slipknot, Lagwagon, Hot Chip, Manic Street Preachers, Primus, Burning Heads, le label Fat Wreck Chords, New Order, Ride, Jean Michel Jarre, Blur, Mogwai, Ugly Kid Joe, Anthrax, Onyx, Christophe, Terror et Katerine, c'est au tour de Redman de nous présenter ses disques, de celui qu'il trouve le moins bon, à celui qu'il considère comme le meilleur.

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10. DARE IZ A DARKSIDE (1994)

Redman : Je ne comprends même pas que les gens aiment cet album. J'étais vraiment super drogué quand je l'ai fait. C'était l'une des périodes les plus sombres de ma vie. Il y a souvent des fans – des meufs – qui viennent me voir en me disant que c'est leur album préféré… Pourquoi les nanas aiment cet album ? Je ne comprends pas. Laisse tomber, je ne veux même pas parler à des gens qui pensent que cet album est le meilleur. Je ne l'ai jamais réécouté. Par contre, la pochette déchire. Elle représente bien qui j'étais à ce moment-là : un mec sous terre.

9. REGGIE (2010)

J'étais encore sous contrat avec Def Jam et je leur devais un album avant de pouvoir me libérer. Tu sais ce que c'est, comme t'es légalement obligé, tu ne te forces pas. J'ai enregistré Reggie et j'ai été les voir en leur disant « Tenez prenez cette merde et bye ». Et je me suis tiré de la maison de disques.

8. BLACKOUT! 2 (2009)

Noisey : Attends, pourquoi il est aussi bas dans le classement ? C'était un album vachement attendu par les fans, pourtant.
Je regrette un peu que la promo ait été aussi faible. Method Man et moi, on a vraiment bossé dessus et on s'est éclatés. On savait aussi que le sortir 10 ans après Blackout!, ça avait du sens pour les fans. Et pour nous aussi d'ailleurs, parce qu'on kiffe bosser ensemble. Mais même si on est Meth et Red, on ne doit pas se reposer sur nos acquis, on a le droit à la même promo que tout le monde. Ça nous a un peu déçu, même si on a conscience qu'il a été super bien reçu et qu'on a fait des putains de ventes.

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7. MUDFACE (2015)

Mudface a été une résurrection. J'étais enfin libéré de ma maison de disques et ça a été mon premier disque en indé. Ça fait un bien fou quand tu sais que j'ai fait le précédent en freestyle, juste pour des raisons légales. Je n'ai pas d'anecdotes particulières sur ce disque, mais ça a été la première étape d'une renaissance.

6. RED GONE WILD: THEE ALBUM (2007)

Quand j'ai bossé sur ce disque, ça partait déjà en couilles entre moi et ma maison de disques. Je ne sais pas si c'est pour ça ou si c'est parce que j'ai mis 6 ans à le sortir mais ils n'ont pas du tout fait de promo autour. Là aussi, ça m'a déçu. A ce moment là, il y avait toute cette histoire entre Def Jam et Jay-Z qui voulait déjà partir du label – même si il l'a fait plus tard. Donc les mecs étaient concentrés là-dessus et se foutaient de la promo de leurs artistes. C'est décevant car j'ai mis 6 piges pour sortir Red Gone Wild, cet album voulait vraiment dire quelque chose pour moi. Je n'ai fait que le retarder et le retarder encore en espérant que le label s'investisse plus. Mais putain, tu finis par te dire que les mecs n'ont pas les épaules pour gérer ça. C'est à ce moment que j'ai vraiment compris que je devais finir mon contrat et me tirer.

5. MALPRACTICE (2001)

Putain, c'était un délire. On tournait le film How High en même temps. Donc imagine toi que j'étais sur le plateau de tournage toute la journée et le soir je rentrais et je bossais sur l'album. J'avais loué une villa avec un étage, super grande. On rentrait le soir et j'enregistrais dans la chambre, fonce-dé. Littéralement sur le lit. Putain, quel bordel. C'était n'importe quoi. J'étais crevé, je rappais la nuit, allongé sur mon pieu. C'était à l'époque où les rappeurs faisaient encore des disques avec 25 titres. Et puis, dessus, il y a « Let's Get Dirty (I Can't Get in da Club) », mon premier titre qui a vraiment passé les frontières des États-Unis. Pas pour les fans underground, j'veux dire pour le grand public. Forcément, ma carrière a pris une autre dimension. Et je ne te raconte même pas quand Christina [Aguilera] a fait le remix. On entendait ce putain de son partout dans le monde.

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4. BLACKOUT! (1999)

Ah, quel putain d'album ! À un moment donné, c'est devenu une évidence avec Meth de faire un album ensemble. De devenir une espèce d'entité. On a bossé comme des dingues et, sans surprise, on se complétait. C'est une putain d'expérience de faire ça avec son meilleur pote. Mais musicalement, on a apporté un truc nouveau. Les gens nous connaissaient comme Method Man d'un côté et Redman de l'autre. Ou en faisant chacun partie d'un groupe. Là, on ne faisait qu'un. On était un duo et pas un groupe. Pour le rap, ça a été un bouleversement. Ça nous a aussi permis de faire plein de trucs ensemble, How High ou la série Method et Red. Putain, on a changé le game, tu te rends compte ? Oui, évidemment que je m'en rends compte. Et toi, à l'époque, tu te rendais compte du pouvoir de « Da Rockwilder » ?
Ce son est un putain de classique. Au delà des lyrics et du beat, je pense que ça rend les gens fous que le titre soit aussi court et sans refrain. Ce qui veut dire qu'on peut tout plier en 2 minutes, pas besoin de plus. Il existe une version longue mais on a décidé de ne pas la garder.

3. DOC'S DA NAME 2000 (1998)

J'ai vachement bossé avec Erick [Sermon] sur celui-ci. On était en studio avec des meufs, putain des tas de meufs, et on fumait, et on rappait. C'était un gros bordel. On bossait dur mais… [Rires]. Tu aurais du voir ça ! Tu avais quel âge en 1998 ? 16 ans.
Hey, les meufs étaient majeures dans le studio ! C'est aussi le moment où je me suis vraiment installé dans mon personnage du Doc, ça permettait aux gens de m'identifier comme tel et comme l'artwork de la pochette de l'album : avec un joint et un stéthoscope. Je n'ai jamais été un gangster, le genre à avoir des guns et à être au milieu de règlement de comptes. Mon truc, c'est les meufs et la weed. Avec le rap, c'est les deux trucs que j'aurais du mal à arrêter. Doc's, c'est mon premier album à avoir été certifié platine. Ça veut dire que pour les gars de New York, le game changeait. Pas seulement pour moi mais aussi pour tous les autres : Erick Sermon, Busta Rhymes… On nous écoutait !

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2. WHUT? THEE ALBUM (1992)

Cet album est très important pour moi parce que c'est le premier où je devais tout gérer seul. Avant, j'avais Erick qui me drivait un peu. Mais là, tout devient réel et flippant. On te dit : « Voilà l'ingé son, fais ton album ». Et moi, je ne savais pas comment faire. Donc j'étais seul avec l'ingé, et je lui disais « Je veux ce son - tu peux me faire ça ? ». On m'a littéralement obligé à devenir autonome. Ça a pris un temps fou, parce que j'étais un gamin à qui on avait rien expliqué. Je rappais, je rappais mais je n'avais aucune structure. Moi, je voulais juste parler de meufs et de drogues, tu vois. Ça t'a pris combien de temps pour finir l'album ?
[Rires] Putain, je ne sais plus ! Au moins six mois.

1. MUDDY WATERS (1996)

C'est bizarre, généralement, les artistes préfèrent leur premier album, pas toi ?
Comme je te l'ai dit, je déteste Dare Iz a Darkside, que j'ai enregistré dans une période très sombre de ma vie et où j'étais pas assez mature, en y repensant, pour Whut? Thee Album. Mais Muddy Waters, putain, c'est LÀ je suis devenu Redman. J'ai trouvé mon style, mon flow. À partir de cet album, dès que tu entends mon son, tu peux me reconnaître même si tu ne connais pas le titre. J'ai aussi bossé d'avantage avec Erick. Putain, Erick, c'est tellement mon gars, il a tout fait à la perfection. Quand tu sors un album comme ça, t'es obligé de te dire : « Là, j'ai changé quelque chose dans le game, ça ne sera plus jamais comme avant. » J'avais l'impression d'avoir changé de catégorie. Tu envisages d'arrêter de rapper un jour ?
T'es folle ? Je n'arrêterai jamais car le rap c'est toute ma vie. Un jour, il faudra laisser la place, parce qu'on vieillit et personne ne peut lutter contre ça. Il faut se sécuriser et penser à ce que l'on va laisser à nos gosses. Mais pas maintenant, j'ai un gros projet qui arrive en octobre. Redman n'est pas mort mama ! Sarah Koskievic est sur Twitter.