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Le Vénézuélien Adrian Solano a le niveau première étoile mais il concourt aux Mondiaux de Lahti

Aligné sur l'épreuve de ski de fond, le Vénézuélien semble découvrir la neige à Lathi, en Finlande.
23.2.17

Vous vous souvenez probablement d'Eric Moussambani, ce nageur équato-guinéen qui avait illuminé les JO de Sydney par son crawl incroyable. Depuis 17 ans, il trônait seul au sommet du Panthéon des héros du sport moderne. Il vient d'être rejoint par un autre dieu de l'Olympe dans cette catégorie des athlètes aussi médiocres que brillants : un certain Adrian Solano, skieur de fond vénézuélien de 22 ans présent aux Mondiaux d'hiver à Lahti, en Finlande.

Les images se passent de commentaires. La Fédération vénézuélienne a envoyé le jeune homme au charbon sur les qualifs du 10 kilomètres, alors qu'il n'a visiblement même pas le niveau première étoile. Son arrivée dans le portillon de départ témoigne de son sens de la glisse digne de Jean-Claude Dusse. Le reste de son parcours est tout aussi catastrophique d'ailleurs. Complètement épuisé après un kilomètre et demi, Adrian Solano enchaîne les chutes et les dérapages non contrôlés, jusqu'à casser un de ses bâtons et susciter l'empathie du staff britannique, qui lui en prête un nouveau pour finir le parcours. Malheureusement, au bout de trois kilomètres et demi, Adrian abandonne, vaincu par le froid et la fatigue. Mais avec le sourire. Une performance qui lui a permis de devenir la nouvelle coqueluche du public finlandais, à défaut de briller sportivement.

A sa décharge, il faut dire que la préparation d'Adrian Solano a été largement tronquée. Il n'a en effet pas pu passer le mois précédent à s'entraîner en Suède, comme il l'avait prévu. La faute aux services d'immigration français, qui, lors de l'escale entre Caracas et Helsinki d'Adrian Solano, ont été intrigués par le profil du jeune homme. Alors qu'il n'avait que 28 euros en poche, son histoire de championnat du monde de sports d'hiver a paru louche aux douaniers, qui l'ont très vite soupçonné de tentative d'immigration illégale. Résultat, après six heures d'interrogatoire serré à Roissy, il a été renvoyé au Venezuela. Mais Adrian Solano n'est pas homme à baisser les bras. Il s'est malgré tout rendu directement à Lahti, pour honorer sa sélection pour les Mondiaux, mais aussi la maxime prêtée au baron Pierre de Coubertin : « L'important, c'est de participer. »