FYI.

This story is over 5 years old.

LE NUMÉRO 4-ACO-DMT

Video game killed the radio star

Le studio Idol Minds a mis la barre très haut niveau connerie. Sérieusement, il va être difficile de faire plus débile, puisque Pain parvient à marier l’esprit stupide de Dirty Sanchez à ce sport idiot qu’est le lancer de nain. Mode d’emploi : dans un...
06 mars 2008, 12:00am

PAIN
Editeur : Sony Computer
PS3—Playstation Store

Le studio Idol Minds a mis la barre très haut niveau connerie. Sérieusement, il va être difficile de faire plus débile, puisque Pain parvient à marier l’esprit stupide de Dirty Sanchez à ce sport idiot qu’est le lancer de nain. Mode d’emploi : dans un petit quartier vivant d’une ville fictive, prendre un humain déguisé, disons en salope de Noël ou en homme-vache, tendre l’élastique géant au maximum et lâcher le tout d’un coup sec. Et là, c’est le drame. Le cobaye percutera façades d’immeubles, grand-mère en balade et bagnole de flics… C’est là que le jeu prend une nouvelle dimension, un peu comme nos premières fois sur le premier GTA en 3D où on pouvait jouer des heures, sans jouer. On s’amusait juste à déclencher des émeutes et des carambolages stylisés qui s’élevaient alors au rang de créations, d’œuvres d’art évolutives. Ici, après avoir fait dérailler le métro aérien et jeté ce con de mime à travers le camion du vitrier, on peut clairement parler de… performance. Malin, cohérent et techniquement irréprochable, le tout pour moins de 10 euros.

RAW BEAR

WII FIT
Editeur : Nintendo

Bon, les meufs, Nintendo lance une balance-plate-forme de jeu pour éliminer les bourrelets de la honte. Sautiller sur un objet, c’est toujours drôle, ça, déjà. Mais en plus un coach virtuel nous a préparé un programme de plusieurs semaines pour nous obliger à nous muscler la cuisse. Et si on ne remplit pas ses objectifs, il n’hésitera à nous engueuler, le con. Les mots stretching, pompes, step ou gainage foutent les chocottes, de prime abord, j’en conviens. Mais si finalement ça devient un peu rigolo de faire du sport, je veux bien essayer de m’y mettre. L’avantage, là, c’est qu’on peut mettre la musique à fond et tenter de suivre le monsieur, sans personne pour se foutre de notre gueule. Et puis quand on en aura marre de se payer des notes pourries en step (parce qu’il note, le super coach), on pourra toujours retrouver son Mii (son perso Wii qui nous ressemble, ndlr) en pingouin pour attraper des poissons à la con. Il paraît que ça fait bosser les fessiers. L’attaché de presse Nintendo m’a dit que plein de mecs, aussi, étaient convaincus. Gays or not ?

EMMA1212

TITRE : NO MORE HEROES
Editeur : Rising Star

À première vue, difficile de trouver Travis Touchdown vraiment classe. Il ressemble à un branleur qui a assez de fric pour se payer une super bécane mais qui continue de taper dans les poubelles pour y trouver des tee-shirt imprimés. On veut nous faire croire que Travis Touchdown—citoyen peu honorable de Santa Destroy, une espèce de Santa Cruz où les tueurs à gages auraient remplacé les skaters—est stylé… C’est faux. Il a plus l’air de s’être échappé d’une fête costumée ringarde que d’un défilé. Pas que ça l’ennuie plus que ça. À part caresser son chat vautré dans son canapé et dessiner des donuts avec sa roue arrière sur les parkings des supermarchés, Travis est un mec à responsabilités limitées. Jusqu’à ce que lui tombe dans les mains une espèce d’archet laser dont on n’ose imaginer ce que Catherine Lara aurait pu faire. Heureusement pour lui, c’est Sylvia Cristel qui vient l’aborder pour lui annoncer qu’il est le tueur #11, et que pour devenir #1 il va devoir éliminer les dix autres. Soudain bouffi d’ambition, plus narcissique que jamais, Travis va se mettre en chasse. Mais ce n’est pas si facile de gagner le titre de gros bâtard #1 et le jeu qui va suivre, mélange de Grand Theft Auto inabouti et de Devil May Cry new school, va obliger Touchdown à temporiser un peu sa carrière de flingueur. Parce qu’entre les missions d’extermination, défouloir bien plus efficace et beaucoup plus clinquant qu’un Red Steel ou qu’un Twilight Princess, il devra remplir sa bourse à coups de jobs ingrats (tondre le gazon, faire le pompiste…) afin d’obtenir de nouvelles fringues et des upgrades pour son arme, ou encore de choper des compiles de catch qui lui permettront d’apprendre les prises les plus efficaces de ses idoles masquées. C’est qu’avant No More Heroes et le psyché-trip Killer 7 sorti il y a deux ans sur Game Cube, Suda 51, fer de lance d’une génération de réalisateurs de jeux auteurisants, était responsable d’une série de catch sur Super Nintendo. La boucle est bouclée. À grands coups d’iconographie 8bit, d’effets abstraits saisissants, de looks improbables et de moments de pure jouissance vidéoludique, il signe le premier Beat’em All mémorable de la Wii. Pour la touche GTA, on attendra le prochain volet. Mais ne serait-ce que pour le trip graphique, No More Heroes se rapproche aisément d’un de ces jeux qui vous font acheter la console qui va avec. Tant pis pour ceux qui préfèrent penser tactique de terrain sur le PES 360. Ceux-ci n’ont pas compris le sens du jeu.

AL BATARD