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Les Derniers jours de la Jungle

Quelques images panoramiques du démantèlement des camps de réfugiés de Calais.

par Michael Bunel
04 Novembre 2016, 6:00am

Toutes les photos sont de Michael Bunel / CIRIC

J'ai commencé à travailler sur la crise migratoire en Europe il y a environ un an, en me rendant tout d'abord à la frontière austro-hongroise pour documenter l'arrivée des trains où étaient parqués les réfugiés. La première fois que je suis allé dans les camps de Calais, c'était en octobre de l'année dernière, et j'y suis retourné plusieurs fois pour prendre des photos des réfugiés et de leur quotidien sur place. Il m'a donc semblé logique de suivre le démantèlement de la Jungle qui a pris place la semaine dernière.

Toutes les photos de cette série sont au format panoramique – lequel m'a semblé tout indiqué quand j'ai vu les migrants faire la queue devant le centre d'accueil d'orientation. Ce format m'a permis de retranscrire le chaos qui se trouvait juste sous mes yeux, alors que la Jungle partait en fumée. Sur place, les policiers et les journalistes étaient omniprésents. Il y avait des incendies de toutes parts, freinés par des pompiers bénévoles qui s'affairaient comme ils le pouvaient. Dans la cohue, des migrants ont été contraints d'abandonner leurs tentes, quand celles-ci n'étaient pas déjà dévorées par les flammes. Il y a eu des adieux poignants entre les bénévoles et les réfugiés. J'ai aussi été particulièrement touché par les Érythréens, qui se sont mis à prier devant leur Église en passe d'être détruite.

Cette image retranscrit particulièrement la mascarade mise en place pour les besoins des journalistes. Alors qu'une quinzaine de types se chargeaient de ramasser des bouts de bois et de bâches laissés ça et là, j'avais la désagréable impression d'être face à des acteurs de théâtre – comme si tout ceci n'était qu'une vaste mise en scène destinée à offrir des images « fortes » aux journalistes.

Durant mon temps passé sur place, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec de nombreux migrants – la plupart ignorent complètement où ils vont échouer. Certains évoquaient la possibilité de se rendre au camp situé à Stalingrad, à Paris, tandis que d'autres m'ont évoqué leur envie d aller en Allemagne, en Belgique ou en Suède.


Retrouvez la série complète de Michael sur son site, et plus de photos ci-dessous.