Culture

Quand le street art n’est plus “dans” mais littéralement “sur” la rue

Chaque été, Jim Bachor comble les nids-de-poule des rues de Chicago avec ses mosaïques.
08 septembre 2016, 6:40am
Artist Jim Bachor installed this mosaic of a crushed can on the street as part of his current Pretty Trashed series. Images courtesy the artist

Si vous errez un jour dans les rues de Chicago et posez votre pied sur un truc inhabituel, pas de panique, ce n’est pas forcément un énième déchet mais peut-être bien une œuvre d’art. Chaque été, l’artiste américain Jim Bachor produit une série de mosaïques colorées pour combler les nids-de-poule de la ville. Il choisit un thème différent chaque année et réalise son projet grâce à des campagnes de financement participatif. Il y a eu des fleurs (Flower Pot Holes), des glaces (Treats in the Streets), et tout un tas d’autres prétextes à rendre les rues un peu moins moches.

Cette année, Bachor a choisi de mettre des déchets dans ses mosaïques. Pretty Trashed comporte donc des canettes écrasées, des papiers de junk food abandonnés, et tous ces trucs que les gens jettent sans vergogne sur la chaussée. Comme le résume Bachor à The Creators Project : « C’est des détritus que l’on trouve dans la rue de toutes façons, alors pourquoi ne pas essayer d’en faire un truc beau ? »

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La première mosaïque de Jim Bachor dans un nid-de-poule remonte à 2013.

Bachor a commencé à faire de la mosaïque il y a quelques années, après avoir fait du bénévolat sur un site archéologique en Italie. « La durabilité de cette forme d’art est ce qui m’a d’abord plu. Le marbre et le verre ne ternissent jamais. Le mortier reste du mortier. Une mosaïque antique ressemble toujours exactement à ce qu’en avait fait l’artiste il y a 2000 ans. »

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Pretty Trashed, 2016

Ce n’est qu’au printemps 2013, quand Bachor remarque un nid-de-poule dans sa rue qu’il se dit qu’il pourrait le combler avec un mosaïque. « Ils sont régulièrement comblés par les employés de la mairie, mais j’ai commencé à le faire moi-même de manière plus pérenne », explique-t-il.

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Au fil des ans, la méthode de Bachor s’est affinée. « La température joue un rôle important dans le processus. En avril, il commence à faire suffisamment chaud pour installer proprement. Comme mes toiles sont les rues de la ville, il arrive parfois que mes œuvres soient recouvertes d’asphalte. Ça fait partie du jeu. Pour moi, le seul risque, c’est de ne pas me faire renverser par une voiture quand j’installe. Il y a une liste infinie de nids-de-poule en attente d’être comblés. Quand le temps le permet, je mets deux jours à faire ma mosaïque. »

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Treats in the Streets, 2015

Bachor a aussi voyagé à Detroit et Philadelphie pour élargir son projet, dans des rues repérées par des volontaires locaux. Il a ajouté une mosaïque plus personnelle à Philly, énonçant sa philosophie : « Laisse ta propre trace ».

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Sachet de chips Better Made potato, Detroit

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Pack de thé glacé Arctic Splash, Philadelphie

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“Make Your Mark”, Philadelphie

Pour retrouver le travail de Jim Bachor, allez faire un tour sur son site ou sur son compte Instagram. Vous pouvez également retrouver l’emplacement des différentes mosaïques sur cette carte interactive.