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LE NUMÉRO CRIME

Des nouvelles d'un peu partout

Pendant que l'Espagne se fait envahir d'hormones de croissance, les hackers russes continuent de détrousser les banques américaines.
17.11.14

​LES STÉROÏDES ENVAHISSENT L'ESPAGNE

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Texte : Juanjo Villalba

 Il y a une diza​ine d'années, l'Espagne a connu un regain d'intérêt pour le fitness. Depuis, de nombreux jeunes Espagnols ont soulevé des haltères dans le but de rendre leur corps aussi énorme que possible.

S'il n'y a rien de mal à cela, la pratique a apporté tout un lot de complications quand ses adeptes ont compris que se transformer en Bibendum était bien plus simple en avalant des poudres magiques. Ainsi, les stéroïdes anabolisants et les hormones de croissance ont envahi les frontières espagnoles. Une fois entrés dans le pays, ces produits sont revendus à des centres de remise en forme, des clubs de gym et autres coachs sportifs. Outre les problèmes de santé que cause ce phénomène, les corps des Espagnols sont devenus difformes. Selon les experts, 20 000 à 50 000 jeunes souffriraient aujourd'hui de « bigorexie », sorte d'anorexie inversée où les malades sont obsédés par l'idée que leurs muscles sont trop petits, peu importe leur taille.

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Les autorités s'intéressent aujourd'hui à ce phénomène et luttent contre l'introduction de stéroïdes illégaux dans le pays. Ces cinq dernières années, plus de trente-deux opérations policières ont été lancées contre ce trafic – dont la moitié à Valence. Il y a quelques mois, un important réseau de distribution qui impliquait des étudiants et des cyclistes de haut niveau a été démantelé. Un médecin est également accusé d'avoir prescrit des stéroïdes anabolisants à 600 reprises en seulement quelques mois.

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DEPUIS DES ANNÉES, LES HACKERS RUSSES DÉTROUSSENT LES BANQUES AMÉRICAINES

Illustration : Nick Gazin ; Texte : Derek Mead

En juillet 1994, les responsables de Citibank ont rapporté au FBI s'être fait attaquer d'une manière jusqu'alors inédite : des centaines de milliers de dollars s'étaient tout simplement évaporés de comptes bancaires de la firme. Trois mois plus tard, le total s'élevait à près de 8 millions d'euros. Selon le FBI, ce braquage était le premier de l'histoire à être réalisé grâce à un ordinateur.

Ce n'est qu'en fin 1994 que Netscape Navigator – le premier navigateur internet à rencontrer un succès commercial – devenait disponible. Si le secteur de la finance a vite adopté cette nouvelle technologie, la sécurité faisait malheureusement défaut : les responsables de Citibank ont affirmé que l'équipe de pirates, dirigée par Vladimir Levin, ingénieur en informatique russe, avait réussi à accéder au système de trésorerie non crypté de la banque et à y voler des mots de passe et des données en utilisant des numéros de compte valides.

Après avoir été notifié de l'existence de virements suspicieux, le FBI est remonté jusqu'à Yevygeny et Yekaterina Korlokova, deux ressortissantes russes vivant à San Francisco. Selon les témoignages d'agents du FBI , Yekaterina s'est empressée d'aller faire ses valises quand elle a découvert que ses comptes en banque frauduleux avaient été gelés. Puis, elle s'est fait arrêter alors qu'elle s'apprêtait à décoller vers la Russie.

Après leur mise en examen, les Korlokova ont expliqué au FBI que Levin organisait les hold-up depuis Saint-Pétersbourg et ont accepté de collaborer avec les agents. Au printemps 1995, Levin a été appréhendé lors d'une visite à Londres. Trois ans plus tard, après avoir été extradé aux États-Unis, il a plaidé coupable pour piratage, vol et fraude. Il a été condamné à trois ans de prison et a dû payer 185 000 euros de contrepartie. Peu après, Citibank a pu recouvrer la quasi-totalité des fonds et pris des mesures afin de sécuriser son système de données.

Ce premier hold-up informatique déclenchait ainsi une guerre interminable entre les banques et des hackers de plus en plus efficaces. Alors que 8 millions d'euros semblait être une somme conséquente en 1994, le cybercrime a depuis permis à ses acteurs d'engranger bien plus. Selon une récente étude de la société McAfee, le cybercrime coûterait désormais 310 milliards d'euros par an à l'échelle internationale et les banques en seraient les principales victimes. En août dernier, il a été découvert que des hackers russes avaient réussi à voler les données de plus de 420 000 sites internet, leur permettant ainsi de détourner plus de 930 millions d'euros – ce qui en fait, à ce jour, le plus grand braquage en ligne de l'histoire.

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