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62 personnes sont plus riches que la moitié la plus pauvre de l’humanité

À deux jours de l’ouverture du forum économique mondial de Davos, en Suisse, un nouveau rapport de l’ONG Oxfam révèle que les 1 pour cent les plus fortunés de la planète possèdent aujourd’hui davantage de richesses que les 99% restants.
18.1.16
Photo par Andy Rain/EPA

À deux jours de l'ouverture du forum économique mondial de Davos, en Suisse, un nouveau rapport de l'ONG Oxfam révèle que les 1 pour cent les plus fortunés de la planète possèdent aujourd'hui davantage de richesses que les 99% restants.

Intitulée "Une économie au service des 1%," l'étude note que, malgré une réduction de moitié du nombre de personnes vivant en dessous du seuil d'extrême pauvreté entre 1990 et 2010, le revenu annuel des 10 pour cent les plus pauvres de la planète a augmenté de 3 dollars par an, en près d'un quart de siècle.

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Selon les calculs de l'ONG, les 62 personnes les plus riches de la planète (dont 53 sont des hommes) détiennent à elles seules les mêmes richesses que la moitié la plus pauvre de l'humanité. Il y a cinq ans, il fallait 388 personnes.

Les richesses de la moitié la plus pauvre de la population mondiale — plus de 3,6 milliards de personnes — ont diminué de plus de mille milliards de dollars (41 pour cent) en cinq ans. En attendant, le patrimoine accumulé des 62 personnes les plus riches au monde a augmenté de plus de 500 milliards de dollars, pour atteindre aujourd'hui 1 760 milliards de dollars.

"En lieu et place du ruissellement attendu sur les couches inférieures de la population, les revenus et les richesses sont aspirées à un rythme alarmant par cette élite," souligne le rapport.

Certains ont critiqué cette étude, notamment par rapport à l'instrument de mesure utilisé par l'ONG, qui calcule ses statistiques à partir du patrimoine net — c'est-à-dire, la valeur totale des actifs, moins les dettes. Une personne qui survit avec quelques dollars par jour mais qui n'a pas de dettes est considérée plus riche qu'une personne avec un revenu suffisant, mais ayant emprunté des sommes importantes pour des prêts immobiliers ou étudiants par exemple.

Même si ce type d'anecdote accrocheuse fait sens au niveau individuel, "elles ne sont pas pertinentes […] au niveau macro-économique," nous explique Deborah Hardoon, l'une des auteures de l'étude. "Elles n'influencent pas la tendance que nous soulignons; à savoir que la majorité des richesses voyagent directement vers le haut."

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Les personnes endettées sont également vulnérables, explique Hardoon. "Il est nécessaire d'avoir un certain degré de sécurité au cas où vous seriez confrontés à un imprévu, comme une facture médicale ou de mauvaises récoltes," dit-elle. "Si vous avez une richesse nulle ou négative, votre capacité à assumer [cet imprévu] est extrêmement faible."

Le vrai problème concerne l'utilisation des richesses aspirées par les élites financières, ajoute Hardoon. "Il suffit de voir l'argent qui sert au lobbying et au financement pour comprendre à quel point l'extrême richesse va de pair avec l'extrême influence. Ceux qui sont extrêmement riches peuvent influencer la politique, les systèmes économiques et la politique environnementale qui nous affectent tous."

Un autre problème résulte du fait que les élites financières placent leur argent au sein d'un "réseau mondial de paradis fiscaux" qui garantit que ces richesses demeurent hors de portée des citoyens ordinaires et des gouvernements. Selon l'ONG, 9 sur 10 des partenaires stratégiques du Forum Économique Mondial sont implantés dans au moins un paradis fiscal.

Environ 7 600 milliards de dollars sont cachés dans ces paradis fiscaux — soit "8 pour cent de la richesse financière des grands fortunés." Si les revenus générés par cette richesse étaient assujettis à l'impôt, les gouvernements récolteraient chaque année 190 milliards de dollars supplémentaires, explique le rapport.

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Selon les auteurs de l'étude, les investissements privés dans les paradis fiscaux auraient quadruplé entre 2000 et 2014.

"Les paradis fiscaux sont au coeur d'un système universel qui permet aux grosses entreprises et aux individus fortunés d'éviter de payer leur juste part d'impôt, privant ainsi les gouvernements, riches ou pauvres, des ressources nécessaires au fonctionnement des services publics essentiels et au combat contre la montée des inégalités," explique Raymond C. Offenheiser, président d'Oxfam America.

"C'est un important signal d'alarme," ajoute Jyrki Raina, le secrétaire général d'IndustriALL Global Union, une fédération syndicale internationale qui représente plus de 50 millions de travailleurs dans 140 pays, travaillant dans les secteurs énergétiques, minier, et manufacturier. "L'inégalité est l'une des plus importantes menaces au bien-être économique et [ce problème] doit être traité."


Avec Reuters.

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