Des chercheurs canadiens auraient trouvé un vaccin efficace contre le virus Ebola

Jusqu’à présent, le vaccin contre Ebola fabriqué au Canada s’est révélé efficace à 100 pour cent sur un échantillon de plus de 2 000 patients testés en Guinée.

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03 Août 2015, 11:55am

Photo par Abbas Dulleh / AP

Un vaccin contre le virus Ebola, conçu par des chercheurs canadiens, s'est révélé efficace sur 100 pour cent des tests menés en Afrique de l'Ouest. Ce pourrait être un pas décisif dans la lutte contre Ebola selon les autorités.

« Nous pensons que le monde est sur le point d'obtenir un vaccin efficace contre Ebola, » a déclaré le docteur Marie-Paule Kieny, la Sous-Directrice générale de l'Organisation Mondiale pour la Santé (OMS), lors d'une conférence de presse tenue vendredi dernier.

Conçu par des chercheurs du Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg (Canada), le vaccin a été testé sur près de 4 400 personnes en Guinée.

Kieny a expliqué que la stratégie des chercheurs consistait à vacciner les voisins, les amis, et la famille des patients récemment repérés comme porteurs du virus Ebola, de manière à former un cercle protecteur autour du patient initial. Cela protégeait donc les proches du patient et prévenait toute contamination de la maladie en dehors du cercle. La même stratégie, dénommée « vaccination circulaire », avait été utilisée dans les années 1970 pour éradiquer la variole avec succès.

Chaque cercle de proches a été traité de manière aléatoire, à l'aide d'une vaccination soit immédiate, soit effectuée après trois semaines. Les deux groupes ont ensuite été comparés afin de déterminer si le vaccin fonctionnait réellement.

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La campagne de test est toujours en cours, mais les données récoltées jusqu'à présent montrent qu'aucune des 2 014 personnes vaccinées immédiatement n'a été contaminée par le virus Ebola après 10 jours de vaccination. Cette période de 10 jours est cruciale, car certains proches déjà contaminés auraient pu être en pleine période d'incubation et finalement contracter la maladie, même s'ils avaient été vaccinés immédiatement.

Sur les 2 380 personnes de l'autre groupe testé — qui ont été vaccinées après trois semaines — 16 ont été contaminées par le virus Ebola.

Néanmoins, Marie-Paule Kieny a rappelé qu'il n'y a — à l'heure actuelle — que très peu de cas d'Ebola en Guinée. Il est donc difficile de tester le vaccin dans de nouveaux cercles pour recueillir davantage de résultats. Les chercheurs ont décidé d'arrêter la vaccination différenciée et traitent désormais chaque cercle immédiatement. La prochaine étape va consister à étendre la vaccination aux adolescents et aux enfants, ce qui ne pouvait être fait avant. Impossible de lancer cette phase auparavant, puisque l'on ne connaissait pas les potentiels effets secondaires du vaccin, rappelle Kieny. 

« Nous espérons donc poursuivre les tests de cette manière — en injectant tous les vaccins immédiatement — tout en incluant les plus jeunes. Nous espérons alors éradiquer la transmission du virus Ebola en Guinée, » a-t-elle déclaré.

Le vaccin pourrait potentiellement signer la fin de la plus grande épidémie d'Ebola de l'histoire. Le nombre de cas d'Ebola en Guinée, au Liberia et en Sierra-Leone a atteint les 27 748 cas le 26 juillet dernier. Plus de 11 000 personnes en sont mortes dans les pays d'Afrique de l'Ouest.

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« Si les résultats restent sur cette lancée, ce nouveau vaccin pourrait être une arme redoutable contre Ebola, afin de neutraliser l'épidémie actuelle et de prévenir les futures épidémies de ce type, » a déclaré le ministre norvégien des Affaires Étrangères Borge Brende vendredi dernier — la Norvège ayant participé au financement des essais des chercheurs canadiens.

Selon l'OMS, il semblerait que l'épidémie d'Ebola soit en train de se calmer. Un rapport, datant du 29 juillet dernier, indiquait que sept cas d'Ebola ont été relevés la semaine précédant le 26 juillet. Cela faisait un an qu'on avait recensé aussi peu de cas en une semaine.

Mais l'épidémie meurtrière n'est pas terminée selon l'OMS. L'organisation évoque notamment de récents événements suspects au Sierra Leone et en Guinée. En revanche, aucun nouveau cas n'a été repéré au Liberia.

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