Job Simulator 2050, le jeu en réalité virtuelle le plus cathartique au monde

Enfin, vous pouvez détruire entièrement votre open space sans être pris pour un fou furieux.
14 avril 2016, 8:02am

Je ne suis pas quelqu'un de particulièrement violent, et j'aime mon travail. Cependant, comme tout un chacun, de temps en temps j'ai franchement envie de balancer mon ordinateur portable à travers l'open space en hurlant.

Évidemment, j'évite de céder à cette pulsion puisque je vis dans une société qui voit ce genre de comportement d'un mauvais œil. Pourtant, pour la première fois, j'ai eu le sentiment que la réalité virtuelle pouvait m'aider à échapper l'emprise de cette société.

Job Simulator 2050 est un jeu en réalité virtuelle qui plonge le joueur dans un futur proche dans lequel des robots moyennement bienveillants ont plus ou moins réduit les humains en esclavage. Comme la plupart des humains travaillent dans des lieux tout à fait banals, les robots leur ont gentiment fourni des simulations reproduisant l'environnement d'un bureau d'entreprise, d'un garage, d'une cuisine de restaurant, ou encore d'un dépôt de magasin.

Je ne sais pas comment interpréter le fait que, quand j'ai reçu un modèle de Playstation VR, j'ai immédiatement ignoré des titres majeurs comme DriveClub, Rigs et EVE: Valkyrie afin de me précipiter sur Job Simulator, qui, sur le papier, n'est pas particulièrement excitant. Pourtant, je ne regrette en rien mon choix. Travailler dans un box est la meilleure chose que j'ai pu faire en RV jusque là.

En quelques secondes seulement, je m'étais habitué à utiliser les contrôles Sony pour attraper, remplir et jeter des tasses à café dans des bureaux vides, me goinfrer de donuts et coller des pains à mon supérieur robotique.

« Nous nous jouons des attentes du public quant à la réalité virtuelle, » explique Andrew Eiche, développeur chez Owlchemy Labs. « Nous nous sommes demandés : quelle est la simulation la plus barbante que nous pouvons réaliser ? Évidemment, c'est un simulateur de travail de bureau, que nous avons poussé un peu plus loin en construisant un univers dans lequel des robots vous expliquent comment faire votre job correctement. »

Je suis assez peu convaincu par la mode des jeux d'élevage remplis de chèvres et de tracteurs ou pour les simulateurs de décoration Ikea. Ce qui m'a poussé vers ce jeu, c'est avant tout de comparer l'expérience du travail en RV et dans la réalité.

Évidemment, il ne s'agit pas de reproduire à l'identique les âpres sensations d'une journée passée au bureau. Le jeu est à prendre au second degré, et je ne suis pas sûr d'avoir abattu beaucoup de taf pendant que mes managers robots m'expliquaient comment me connecter à mon ordinateur tout en virant des employés à l'aide d'un tampon en caoutchouc géant.

Cependant, la catharsis de qualité supérieure que j'ai pu connaître en me baladant au hasard dans les bureaux pour détruire tous les objets qui me passaient sous la main... était extrêmement satisfaisante. C'est un sentiment que l'on ne peut pas obtenir avec une simple manette et un écran de télévision. J'avais réellement l'impression de profaner un lieu de travail de la manière la plus violente qui soit.

Quand il sera disponible sur PS VR (il est déjà disponible pour Oculus Rift et Vive), le jeu proposera quatre heures de « jeu encadré. » Mais des versions plus osées et plus raffinées devraient sortir dans les mois suivants.

« Dans la mesure où on nous demande d'être de plus en plus rapides, efficaces, productifs, je pense que les prochaines versions du jeu devront mettre en scène la compétition au travail, » explique Eiche.

Casser des objets dans un cadre familier est peut-être l'avenir de la RV à court terme, après tout. J'ai certes joué à d'autres jeux, plus attendus, plus raffinés, et je les ai appréciés. Mais ils m'ont laissé une impression désagréable : celle de regarder un écran géant situés à quelques centimètres de mon visage. Pour une raison que je ne m'explique pas très bien, avec Job Simulator, l'immersion était totale. C'est tout ce que je demande à la réalité virtuelle, après tout.