En écoute : les compilations Parkingstone, pour patienter avant la fin du monde

Les soirées Parkingstone proposent aujourd'hui une triple compilation en forme de bilan, qui témoignent de quatre années de fêtes furieuses et de réinvention des tropes de la club music dans la capitale.
24 janvier 2020, 4:21pm
Parkingstone, compilation, queer
photo prise au Trabendo en novembre 2018/ Parkingstone

Mettre côte à côte les adjectifs « queer » et « sulfureux » a pu aller de soi à une certaine époque, mais en ces temps de queerwashing et d’affadissement de tout, disons qu’une bonne petite piqûre de rappel ne fait jamais de mal à personne. En tout cas, c’est ce qu’ont pu en creux affirmer les soirées Parkingstone pendant quatre ans dans la capitale, où d’octobre 2015 jusqu’à à juin dernier, les notions de punk et de radicalité ont rarement pris autant de couleurs de mémoire récente dans nos contrées.

Créées par l’intrépide Simon.e Thiébaut, artiste multidisciplinaire (qu’on a pu apercevoir par chez nous dans un clip de Jardin), les évènements Parkingstone n’ont pas seulement eu vocation à proposer un démontage de tête en règle sur du breakcore, gabber et autres technos ligne dure (en résumé, tous les dénivelés possibles et imaginables de la club music de zazou, celle qui fait claquer des dents et hoqueter du derrière), mais quelque chose d’un peu plus stimulant sur la durée.

Soit, au-delà de l’inévitable réinvention des corps par la fête, une cartographie de tout ce qui se fait de plus revigorant, casse-cou et hardi en musique pour la danse d'aujourd’hui. La présente compilation-bilan en écoute ci-dessous (en attendant la reprise des évènements Parkingstone « qui va muter sous d’autres formes » selon Simon.e), dénommée Dandelion et qui se présente en trois parties - la dernière vient de paraitre aujourd'hui - en atteste.

Dedans, on y retrouve des soldats de la club music compliquée d'ici et d'ailleurs tels que Chino Amobi, IVVVO, Crystallmess, Boe Strummer, RBK Warrior ou encore Bamao Yendé. Il faut également noter que la bagatelle des 51 artistes conviés ont tous participé aux évènements Parkingstone, ce qui témoigne de la voracité et de la constante pugnacité du projet.

Mine de rien, on y retrouve tout ce qu’on a envie d’entendre pour peu qu’on ait envie de frissons nouveaux en musique aujourd’hui. Et on se rend compte que le dénominateur commun de ces esthétiques éclatées n’est pas tant dans une hybridation ou un éclectisme de bon teint que dans une volonté affirmée d'aller musicalement ailleurs - avec tout de même un certain idéal 90's de la rave en ligne de mire. Et le fait qu'on doive bien souvent s'y rendre les deux pieds devant dans cet ailleurs n'apparait alors que comme pur concours de circonstances, un moyen plutôt qu'une fin. Ce qui est tout à leur honneur.

À noter que la release party de la triple compilation aura lieu à Petit Bain la nuit du 7 février, que vous pouvez commander ladite compilation par ici, et que le prix de ladite compilation est libre.

Marc-Aurèle Baly est vaguement sur Twitter.

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