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Drogue

L'État canadien pourrait récupérer 500 millions de dollars en légalisant la weed

Le cannabis pourrait être légalisé au Canada d'ici le 1er juillet 2018.

par Tamara Khandaker
12 Avril 2017, 1:20pm

Le gouvernement canadien s'apprête à récupérer au moins 500 millions de dollars par an en légalisant – et taxant – la weed, d'après une nouvelle étude réalisée en amont de la présentation officielle du plan de légalisation de Justin Trudeau.

L'étude du C.D. Howe Institute suggère que le gouvernement va pouvoir récupérer une partir substantielle du marché noir, dès lors où les taxes imposées sur la weed ne sont pas trop élevées.

Le gouvernement Trudeau devrait présenter un projet de loi ce jeudi pour définir les grandes lignes de la légalisation du cannabis, que les autorités voudraient mettre en place avant le 1er juillet 2018.

L'étude réalise ses prédictions en partant du principe que le gouvernement appliquera les taxes de vente qui existent déjà au niveau provincial et fédéral.

Les Libéraux au pouvoir vont devoir faire un choix : générer des revenus grâce à la taxation ou évincer le marché noir.

Pour le moment, on semble se diriger vers l'application d'une taxe spécifique à la marijuana, en plus des taxes de vente – ce qui pourrait faire grimper les prix au-dessus de ceux du marché noir.

Une étude publiée l'année passée, conduite par un groupe de travail nommé par le gouvernement Trudeau, a recommandé un prix minimum pour la weed ou une taxe dédiée, qui prend en compte la puissance de la marijuana. Le rapporte conseillait au gouvernement de « conduire les analyses économiques nécessaires pour établir un prix et une taxe, qui s'équilibrent avec les coûts de santé, avec le but de réduire le marché illégal. »

Une forte taxation permettrait au marché noir de continuer à prospérer, alors que des taxes plus basses rapporteront moins à l'État et « la consommation de marijuana pourrait augmenter à cause des bas prix et l'accessibilité nouvelle à un produit désormais légal, » notait Rosalie Wyonch, une analyste du C.D. Howe Institute. En revanche, des taxes plus basses permet de décourager les acteurs du marché noir et permettant de fait la circulation d'un produit plus réglementé.

Pour concurrencer le marché noir, Wyonch précisait que la weed devait rester au même prix : Si le cannabis légal coûte 1 dollar de plus que la weed illégale, 35 pour cent du marché resterait non-réglementé.

Si les prix restaient les mêmes – environ 9 dollars le gramme – le gouvernement pourrait récupérer environ 500 millions de dollars par an, et contrôler 90 pour cent du marché de la weed. Cette estimation dépend aussi de la volonté des consommateurs à vouloir payer une « prime » pour un produit légal.

Si Ottawa augmente un peu plus les taxes, avec pour objectif de récupérer 750 millions de dollars (1 milliard de dollars canadiens) par an, le marché noir survivrait de moitié, selon le rapport.

En 2018, environ 4,6 millions de personnes âgées de plus de 15 ans consommeront du cannabis au moins une fois (soit 655 tonnes métriques) d'après les projections du directeur parlementaire du budget. En 2021, ce chiffre pourrait attendre les 5,2 millions – pour 734 tonnes métriques.

Les projections, diffusées en novembre dernier, évoquent aussi le compromis à trouver.

« D'un côté, des prix plus élevés du cannabis décourage la consommation, notamment chez les jeunes Canadiens qui sont susceptibles d'être plus sensibles aux prix, » peut-on lire dans le rapport. « De l'autre, ces prix élevés découragent les actuels consommateurs de quitter le marché noir pour le marché légal. Plus l'écart entre le cannabis légal et la weed illégale est important, plus les Canadiens vont continuer à acheter leur drogue sur le marché noir. »

La légalisation devrait imposer une limite de possession à hauteur de 30 grammes, d'après CBC. Des sanctions devraient aussi être prévues pour la vente aux mineurs ou la conduite sous influence. Des tests salivaires devraient aussi être mis en place lors de contrôles routiers (bien que ces tests soient encore en phase de développement).

Le gouvernement devrait interdire la vente de cannabis aux moins de 18 ans et donner aux provinces et aux territoires la possibilité de fixer une limite d'âge plus élevée. Les particuliers pourraient aussi être autorisés à faire pousser quatre plants de cannabis par foyer.


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