Les rappeurs birmans se contrefichent de la politique

FYI.

This story is over 5 years old.

reportage

Les rappeurs birmans se contrefichent de la politique

Après 60 ans de dictature, les types de la G-Family préfèrent toujours le cannabis à la dissidence.
1.10.14

À l'inverse de leurs prédécesseurs dont les paroles allaient souvent à l'encontre du régime, la seconde génération de rappeurs birmans restent à l'écart de la politique. « Je suis un rappeur », m'a expliqué l'artiste J-Me. « La politique ne m'intéresse pas. » Même après les réformes démocratiques de 2011, qui étaient censées donner au pays une nouvelle direction plus démocratique, le gouvernement est toujours plus ou moins contrôlé par l'armée - le contrôle militaire actuel est juste moins visible qu'en 1962, quand l'armée birmane a organisé un coup d'État. Afin d'éviter le moindre problème, tout le monde a appris à surveiller son langage.

Zayar Tham est le chanteur d'Acid, un groupe extrêmement populaire qui a introduit le hip-hop au Myanmar à la fin des années 1990. En 2008, Thaw a été arrêté et condamné à cinq ans de prison à cause de sa participation présumée au mouvement pro-démocratique Generation Wave. En réalité, ses chansons contenaient un certain nombre de critiques codées envers le régime. En 2011, Thaw et des centaines d'autres dissidents ont été relâchés plus tôt.

Publicité

Malgré cette soi-disant transformation politique, personne au Myanmar ne semble savoir ce qu'ils peuvent dire ou pas, penser ou faire. Pour Ye' Yint, 28 ans, membre du groupe One Way et fondateur du crew G-Family, la priorité est de créer un son unique en Birmanie - « mais ça demande énormément de travail ».

Il espère que sa musique contribuera au développent de la scène musicale birmane, et il pense que fumer du cannabis peut l'aider à y arriver. One Way a récemment écrit une chanson sur le cannabis, qu'il a été contraint d'intituler « Marie-Ana ». « Autrement, nous n'aurions pas pu passer la commission de censure et la chanson n'aurait jamais été jouée à la radio. »

Le photographe néerlandais Jeroen de Bakker étudie les conséquences de 60 ans de dictature sur la Birmanie et ses habitants. Si vous voulez en savoir plus sur ce projet, rendez-vous sur le site de The Myanmar Project.