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Crime

Manifestation musclée ce week-end au Monténégro

Une vidéo des troubles de samedi montre un mur de policiers en tenue anti-émeutes faisant face aux manifestants. La police a fini par tirer du gaz lacrymogène et des grenades neutralisantes sur les manifestants qui tentaient d’entrer dans le Parlement.
26.10.15
Photo par Boris Pejovic/EPA

Des manifestants au Monténégro ont à nouveau été visés par du gaz lacrymogène et des grenades neutralisantes ce week-end, après des affrontements avec la police pour le deuxième week-end consécutif, alors qu'ils tentaient d'entrer dans le Parlement, qui se trouve dans la capitale du pays, Podgorica. C'est la dernière escalade de violence après des semaines de manifestation contre le Premier ministre.

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Une vidéo des troubles de samedi montre un mur de policiers en tenue anti-émeutes faisant face aux manifestants, suivie d'une séquence marquée par des explosions et de la fumée causées par du gaz lacrymogène et des grenades neutralisantes. Environ 5 000 manifestants marchaient vers le parlement pour demander la démission du Premier ministre Milo Djukanovic, au pouvoir par intermittence depuis 1991, et des élections anticipées.

Le rassemblement avait commencé pacifiquement mais est devenu violent après que les manifestants ont essayé de passer à travers le cordon de police devant le bâtiment du Parlement en jetant des pierres, des fusées et des dispositifs incendiaires, selon Reuters.

Les manifestants accusent le gouvernement de corruption généralisée, de pratiques non démocratiques et de fraude lors des élections. Ils manifestaient jour et nuit à Podgorica depuis le 27 septembre, en demandant la création d'un gouvernement intérimaire pour organiser ce qu'ils appellent « les premières élections libres et justes » du Monténégro.

Le mouvement d'opposition combine des partis pro-occidentaux et des éléments pro serbes qui entretiennent des liens étroits entre le Monténégro et Belgrade. Ces derniers s'opposent à une reconnaissance du Kosovo par le Monténégro. Le Kosovo est à majorité albanaise et a déclaré son indépendance de la Serbie en 2008.

Les autorités ont vraisemblablement voulu démonter un campement quelques jours avant que le mouvement ne fête son premier mois. La zone autour du Parlement où a eu lieu le rassemblement semble désormais vide, selon Balkan Insight.

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Avant d'avoir été dispersés par du gaz lacrymogène, les manifestants criaient des slogans comme « Milo voleur! » en parlant de Djukanovic, et brandissaient des drapeaux du Monténégro et de la Serbie. Le ministre de l'Intérieur Rasko Konjevic a dit lors d'une conférence de presse que 15 policiers avaient été blessés, dont l'un d'entre eux grièvement, et que 24 civils avaient eu besoin de soins médicaux.

Avant la manifestation, un groupe d'opposants avait lancé des pierres sur l'ambassade de l'Albanie à Podgorica, abimant sa façade. Le gouvernement du Monténégro ainsi que l'ambassade albanaise ont tous deux condamné cet incident.

Andrija Mandic, un des leaders du Front démocratique, l'alliance d'opposition à l'origine de la manifestation, et son allié Slavan Radunovic, ont été interrogés sur leur rôle dans le cadre de cet incident, a déclaré le ministre.

« C'était une attaque évidente sur la police et une propriété de l'État. Je laisse le procureur évaluer cette infraction », a déclaré Mandic. Selon la loi du Monténégro, Mandic jouit d'une immunité qui empêche son arrestation, sauf si cette infraction est punissable d'une peine de 5 ans d'emprisonnement.

Les manifestations ont été organisées par le Front démocratique, une coalition de leader d'opposition, mais aussi par des associations non-gouvernementales et des corps étudiants. L'affrontement le plus important entre la police et les manifestants était survenu la semaine dernière, le 18 octobre, lorsque les autorités ont lancé du gaz lacrymogène sur la foule.

Selon l'opposition, l'ancienne République yougoslave de 680 000 personnes qu'est le Monténégro est dirigée par Djukanovic et l'élite qui l'entoure comme s'il s'agissait de son fief. Il est au pouvoir depuis deux décennies. Le gouvernement rejette l'accusation et affirme que les manifestations ont été organisées afin d'empêcher l'entrée du Monténégro dans l'OTAN (Organisation du traité nord-atlantique).

Le Monténégro est candidat pour entrer dans l'Union européenne et est dans l'attente d'une invitation à rejoindre l'OTAN. Une élection parlementaire est prévue l'année prochaine. Les gouvernements occidentaux et groupes de défense des droits de l'homme restent inquiets du niveau de corruption et de l'importance du crime organisé, qui a prospéré lors de l'éclatement de la Yougoslavie dans les années 1990.

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