NIGERIA

21 écolières de Chibok ont été relâchées par Boko Haram

En 2014, 276 jeunes filles de ce village du nord du Nigeria avaient été enlevées. À l'époque, l'affaire avait été médiatisée autour du hasthag #BringBackOurGirls.
14.10.16

Boko Haram a libéré ce jeudi 21 écolières de Chibok, enlevées il y a deux ans dans le nord du Nigeria. Au total, plus de 200 jeunes filles avaient été enlevées. À l'époque, l'affaire avait été médiatisée autour du hasthag #BringBackOurGirls.

Leur libération a été rendue possible grâce à un accord passé entre le gouvernement et le groupe terroriste, a indiqué le bureau du président dans un communiqué. Le gouvernement a assuré qu'aucun prisonnier terroriste n'a été échangé pour obtenir la libération des jeunes filles.

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Le gouvernement a précisé que cette libération était « le fruit de négociations entre l'administration et Boko Haram, menées sous la houlette de la Croix Rouge et du gouvernement suisse. »

La vingtaine de jeunes filles libérées rejoint un petit nombre de leurs camarades qui ont réussi à fuir. Sur les 276 jeunes filles enlevées, une petite cinquantaine aurait réussi à s'échapper peu de temps après leur enlèvement en avril 2014. En mai 2016, une autre fille a été retrouvée.

L'espoir commençait à s'amincir concernant le sort des écolières de Chibok — certains craignent que des jeunes filles aient été utilisées pour mener des opérations suicides. En août, Boko Haram avaient exécuté plusieurs jeunes filles dans une vidéo, afin de protester contre des frappes aériennes les visant. Les jeunes filles avaient entre 16 et 18 ans quand elles ont été enlevées.

Cette nouvelle de leur libération arrive alors qu'une opération militaire d'envergure a cours dans la forêt de Sambisa, où nombre des jeunes filles auraient été emmenées. Il s'agit de l'un des derniers fiefs de l'organisation. Au cours de l'année et demie passée, le Nigeria a accéléré le rythme de ses opérations militaires pour venir à bout de Boko Haram, qui avait pris le contrôle de larges pans de territoire dans le nord du pays et fait des incursions dans les zones alentour, comme au Cameroun.

Perdant du terrain, les combattants de Boko Haram sont contraints de repasser dans une forme de guérilla pour maintenir leur emprise sur la région. Le père de l'une des écolières de Chibok est mort en septembre au cours d'un assaut mené par Boko Haram contre un village. Plusieurs autres parents ont péri dans ce type d'attaques à Chibok.

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La crise humanitaire s'aggrave jour après jour dans le nord-est du pays, alors que les organisations humanitaires ont enfin accès aux zones autrefois contrôlées par Boko Haram. La région souffre de la malnutrition, et compte près de 250 000 enfants mal nourris. L'International Rescue Committee estime qu'un million de personnes sont sur le point de tomber dans la famine — alors que 65 000 personnes en souffrent déjà.


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Mise à jour du 17 octobre à 12 h48 : précision apportée sur les incursions du groupe Boko Haram au Cameroun, une version précédente de l'article disait que le groupe y avait contrôlé de larges territoires.