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Les petits et gros délits des employés de l’ONU compilés dans un rapport

On apprend dans un rapport des Nations unies que certains de ses employés ont échangé de la pédopornographie, transporté plus de 170 kilos d’herbe dans un véhicule officiel, et se sont menacés à plusieurs reprises de s’entre-tuer.

par Samuel Oakford
02 Novembre 2015, 8:40am

Photo by Matt Campbell/EPA

Des employés des Nations unies ont téléchargé et échangé de la pédopornographie, ont transporté plus de 170 kilos d'herbe dans un véhicule officiel, et se sont menacés à plusieurs reprises de s'entre-tuer. Voilà ce que l'on peut lire dans le rapport annuel de l'ONU sur les questions disciplinaires et les cas de comportements criminels au sein de l'organisation internationale.

Le rapport, rédigé par le Secrétariat de l'ONU, couvre une période qui court de juillet 2014 à juin 2015. Le rapport ne précise pas l'identité ni la nationalité du personnel incriminé, ni même encore où les crimes ont été commis.

Quatre employés des Nations unies ont été renvoyés pour avoir reçu, conservé, et diffusé des images pornographiques de mineurs sur leurs ordinateurs de travail et à travers les réseaux de l'ONU. Difficile de savoir si leurs pays d'origine respectifs ont porté plainte contre les quatre individus. Un cinquième employé qui conservait du contenu pornographique (adulte cette fois-ci) sur son ordinateur de travail a été rétrogradé et privé de toute promotion sur une période de deux ans.

Plus loin dans le rapport, on apprend qu'un employé a été viré de l'ONU pour avoir utilisé « un véhicule officiel de l'Organisation pour transporter près de 173 kilos de marijuana ». Un autre employé a lui essayé d'embarquer une tronçonneuse dans un avion qui transportait d'autres personnels de l'ONU. Un agent de sécurité de l'ONU a aussi été attrapé en train de voler 2 200 dollars à un passager lors du contrôle de ses bagages.

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Des enquêteurs ont rapporté que plusieurs employés de l'ONU ont menacé des collègues, notamment l'un d'entre eux qui a « menacé à plusieurs reprises de tuer ou de faire tuer le Chef de Mission ».

À une autre occasion, un employé a conduit un tracteur dans le bureau d'un collègue « avec pour but celui d'endommager le bureau et de blesser son superviseur ». Des enquêteurs de l'ONU ont expliqué l'incident par « des problèmes de longue date entre les employés ».

D'autres délits détaillés dans le rapport sont plus communs : un employé a enlevé du fil barbelé autour des locaux d'un bureau des Nations unies sans autorisation, un autre a volé du carburant qui appartenait à l'ONU, l'un a volé une ramette de papier, et un dernier a menti sur son CV.

Le Secrétariat des Nations unies compte près de 41 000 employés disséminés partout dans le monde. L'ONU explique qu'après un employé a été renvoyé, c'est aux pays membres d'enquêter et de poursuivre l'employé quand cela est approprié. Cette politique ne plaît pas à tout le monde : certains critiques estiment que grâce à celle-ci les employés et Casques bleus qui se rendent coupables d'agression sexuelle ou d'autres crimes sont rarement traînés en justice par leurs pays d'origine. Si tant est que les incidents soient même connus des pays membres.

Dans le rapport de l'année précédente, au moins trois membres de l'ONU ont été renvoyés pour avoir eu des relations sexuelles avec des mineurs.

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