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Deux soeurs mettent leurs agresseurs en déroute et deviennent un symbole en Inde

Les deux étudiantes, Aarti et Pooja, ont frappé leurs agresseurs, l'une d'elles a utilisé une ceinture pour se défendre.
4.12.14
Image via YouTube

La vidéo de deux soeurs frappant trois hommes qui auraient tenté de les agresser sexuellement dans un bus en Inde a été largement applaudie sur les réseaux sociaux, alors que l'opinion publique du pays s'indigne face au niveau élevé de violences faites aux femmes.

Les deux filles frappent les hommes avec leurs ceintures. Une passagère a filmé cette scène, qui s'est déroulée vendredi dans un bus de l'État du Haryana, au nord du pays.

Les deux étudiantes, Aarti et Pooja, respectivement âgées de 22 et 19 ans, rentraient chez elles dans le quartier de Rohtak quand des hommes ont essayé de les toucher, disent-elles. Alors que le reste des passagers n'intervient pas, les deux soeurs se défendent. Les hommes ont fini par les pousser hors du bus et ont tenté de les attaquer à nouveau ; les deux soeurs affirment qu'elles leur ont lancé une brique dessus, les forçant à fuir.

Pooja a déclaré à la BBC Hindi que les trois jeunes hommes les avaient « menacées et insultées ».

What happened in Rohtak is a story many women relate to. We've all been there. — Neha Poonia (@NehaPoonia)December 1, 2014

— NSUI (@nsui)December 1, 2014

« Les hommes ont commencé à me toucher et à m'insulter. Je leur ai dit, si vous me touchez à nouveau, vous allez vous faire frapper. Ils ont téléphoné à un ami pour lui dire de venir parce qu'ils voulaient frapper des filles, » a-t-elle expliqué.

Les deux ont du se défendre parce que personne ne leur est venu en aide, a ajouté Pooja.

« Personne ne s'est levé pour nous aider. Alors on a utiliser nos ceintures pour nous défendre. Si seulement d'autres passagers nous avaient aidé, on n'aurait pas eu à contre-attaquer comme ça. »

La police a affirmé que les filles les avaient appelé vendredi après-midi pour rapporter l'incident, et que les trois hommes avaient été arrêtés dimanche.

Cette vidéo paraît alors que l'opinion publique se penche de plus en plus sur les comportements à l'égard des femmes en Inde. Le harcèlement sexuel public des femmes, qui va des commentaires suggestifs à des attouchements, est une pratique profondément ancrée, et a longtemps été considérée comme un « souci social » inévitable. Mais la hausse des cas de violence sexuelle — notamment, le viol collectif d'une étudiante dans un bus de Delhi en décembre 2012, qui avait conduit à la mort de la jeune femme — a provoqué un rejet de ces crimes, et certains signes montrent que la tolérance de la population commence à se fissurer .

Ces filles, qui ont été surnommées les Rohtak Bravehearts, ont reçu énormément de soutien pour leur actions sur les réseaux sociaux. Certains voient cette scène comme une le point de départ d'une véritable contre-attaque pour mettre fin au silence des femmes indiennes face à de telles agressions.

Malgré cet écho sur les réseaux sociaux, beaucoup d'utilisateurs de Twitter ont fait part de leur inquiétude quant à la façon dont ces cas seraient gérés par les autorités. Deepika Bhardwaj, une célèbre journaliste indienne en a appelé au chef de l'État du Haryana, Manohar Lal Khattar, pour s'assurer que la police prenne la plainte au sérieux. La population indienne estime que les forces de sécurité ignorent souvent ces crimes commis à l'encontre des femmes, voire accusent les femmes et défendent les agresseurs.

Would — Deepika Bhardwaj (@DeepikaBhardwaj)December 1, 2014

Le père des deux filles se serait plaint de pressions de la part du conseil local pour qu'il fasse retirer la plainte.

Les autorités de l'État ont annoncé lundi que le contrôleur du bus et le chauffeur avaient été suspendus et que les départements de transport et de police ont reçu l'ordre d'examiner la sécurité dans les bus du Haryana.

S Anand, un responsable de la police a confié au journal The Hindu que les gens qui travaillaient dans ce bus pourraient être mis en examen pour avoir failli à la protection des filles.

« Le chauffeur aurait dû conduire le bus au commissariat le plus proche. Mais il ne l'a pas fait. Le contrôleur n'est pas non plus intervenu. Nous envisageons d'engager une action légale contre eux, » a-t-il déclaré.

Suivez Hannah Strange sur Twitter: @hannahkstrange