Crime

Les Colombiens saluent l’annonce du « dernier jour » d’une guerre qui a duré 50 ans

Le président Juan Manuel Santos et Rodrigo Londoño, un dirigeant de premier plan des Forces armées révolutionnaires de Colombie, ou FARC, doivent signer un « cessez-le-feu définitif » à La Havane ce jeudi.
23.6.16
Photo par Desmond Boylan/AP Images

Bien que ce ne soit pas l'accord de paix définitif, les Colombiens ont salué l'annonce de ce mercredi selon laquelle le gouvernement et le plus gros groupe rebelle du pays ont accepté un « cessez-le-feu définitif ». L'annonce de la fin du plus long conflit qu'a connu la région.

Une déclaration a été faite depuis La Havane où ont lieu les négociations de paix entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie, ou FARC. Elle est à l'origine du hashtag #ElUltimoDiaDeLaGuerra, ou #LeDernierJourDeLaGuerre, qui est devenu un phénomène en Colombie en quelques minutes, saluant la fin imminente de 52 ans d'une lutte acharnée et sanglante, qui a aussi impliqué des groupes paramilitaires de droite soutenus par l'État.

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« Près de 7 millions de réfugiés, des milliers de morts et de mutilés », a énuméré un tweet populaire. « Comment pouvez-vous ne pas être heureux de la fin de la guerre ? »

Le président Juan Manuel Santos et Rodrigo Londoño, un dirigeant de premier plan des FARC, connu sous le nom de Timochenko, doivent signer l'accord de cessez-le-feu à Cuba ce jeudi. Le président de Cuba, Raúl Castro, sera présent, tout comme la présidente du Chili, Michelle Bachelet et le président du Venezuela, Nicolás Maduro. On attend aussi le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Dans le même temps, de grands écrans vont être installés sur l'une des places centrales de Bogotá, la capitale de la Colombie, pour que les habitants puissent voir le déroulé de la cérémonie de jeudi.

« C'est une pierre à l'édifice », dit Paola Beltrán, une ingénieure, « Le processus de paix n'est pas parfait mais il s'agit d'un pas en avant. »

Le gouvernement et les FARC ont débuté des négociations de paix en 2012 et paraissaient sur le point de sceller un accord depuis la fin de l'année dernière. Des problèmes bloquant les derniers détails n'ont cessé de repousser les dates butoir.

Tout le monde, cependant, ne considère pas que des signatures sur des morceaux de papier feront réellement une différence sur le terrain.

« Je ne fais pas confiance aux rebelles », assure Édgar Rocha, un vendeur d'émeraudes. « Et le gouvernement est plein de bandits aussi. »

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César Rodríguez, propriétaire d'un magasin, va plus loin. « Nous nous fichons de savoir quels papiers sont signés à La Havane », a-t-il expliqué. « Il s'agit juste d'un show pour tous ceux qui sont à l'étranger. Il n'y a pas grand-chose qui va changer en Colombie. »


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