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Le chercheur qui veut rendre les chiens immortels

À quoi bon vivre éternellement si les chiens ne peuvent pas en faire autant ?
11.5.16
Matt Kaeberlein et ses deux amis à poils longs. Photo via

Depuis quelques années, les recherches sur les moyens d'allonger la durée moyenne de la vie humaine, voire carrément de l'étendre à l'infini, constituent l'un des défis majeurs de la communauté scientifique. Pensons par exemple à ce milliardaire russe qui compte bien devenir immortel avant 2045, ou aux déclarations récentes de Ray Kurzweil, de Google, selon qui l'humanité découvrira un moyen de vivre beaucoup plus longtemps d'ici à 2029. Mais que vaudrait la vie éternelle sans nos meilleurs amis : les chiens ?

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La recherche scientifique s'est déjà penchée sur des moyens d'accroître le potentiel des chiens, les transformant par exemple en véritables cyborgs d'attaque capables d'épauler la police, ou créant des voitures qu'ils sont capables de conduire – comme la Tesla S d'Elon Musk. Mais jusqu'ici, personne n'avait vraiment songé à allonger leur espérance de vie, qui se situe actuellement entre 10 et 13 ans en moyenne.

C'est précisément l'objectif du Dog Aging Project. Le projet, mis sur pieds par Matt Kaeberlein, un biologiste de l'université de Washington, a pour but de prolonger la longévité des chiens domestiques en s'appuyant sur un réseau de propriétaires de chiens, de vétérinaires et de chercheurs. Il s'articule autour de deux axes majeurs : d'un côté, il s'agit de conduire une étude longitudinale sur le vieillissement canin, et de l'autre, de tenter de prévenir les maladies et de prolonger la vie des individus dans la force de l'âge.

Comme le souligne le site du projet, l'étude longitudinale est la première étude à grande échelle de ce type, dans laquelle les spécimens sont suivis tout au long de leur vie afin d'identifier les facteurs biologiques et environnementaux qui déterminent les morts précoces. Des maladies comme le cancer, l'insuffisance rénale et la démence semblent en fait n'affecter qu'une partie de la population canine, alors qu'une autre partie semble y être relativement immunisée. Si vous avez envie de participer à cette étude, vous pouvez cliquer ici.

La seconde étude s'appuie sur des méthodes qui se sont avérées efficaces pour prolonger la vie de souris de laboratoire. Jusqu'ici, les meilleurs résultats ont été obtenus grâce à la rapamycine. Cette substance est utilisée chez les patients humains pour prévenir le rejet des organes transplantés et pour combattre le cancer, mais quand elle est administrée par petites doses, elle contribue à ralentir le vieillissement et à allonger la durée de vie chez divers organismes animaliers – et notamment chez les souris – avec peu d'effets secondaires indésirables. La première phase de l'étude sur les chiens est déjà arrivée à terme, et vous pouvez voir sur le site quelques photos des premiers volontaires, qui sont de véritables pionniers de la race canine. Si vous souhaitez participer à la seconde phase, cliquez ici.

Même si l'allongement de l'espérance de vie des chiens est déjà un beau projet en soi, l'objectif à long terme de Kaeberlein et ses collègues est de réussir à identifier des méthodes susceptibles de fonctionner également sur les êtres humains. L'expérimentation sur les chiens a certains avantages : on peut les étudier pendant toute leur vie, ce qui est beaucoup plus compliqué avec les humains (à moins que les chercheurs ne demandent à leurs enfants et leurs petits-enfants de mener à terme les études qu'ils ont entamées). Et surtout, les chiens sont l'espèce animale dont les conditions de vie sont les plus proches de celles des hommes ; à moins, évidemment, que dans le futur nous ne nous mettions à vivre comme des rats de laboratoire.