Les 7 planètes qu’on pourra (peut-être) ruiner après avoir achevé celle-ci

Les 7 planètes qu’on pourra (peut-être) ruiner après avoir achevé celle-ci

Une découverte astronomique sans précédent, annoncée mercredi par la NASA.
22 février 2017, 11:27pm

C'est du jamais vu dans le monde scientifique : sept planètes rocheuses, de taille semblable à la Terre, ont été découvertes autour de la même étoile. Dans un monde parallèle, l'équipe du Romano Fafard ne se gère plus.

« Trouver une seconde Terre n'est plus juste une question de "si", mais de "quand" », insiste Thomas Zurbuchen, administrateur associé de la Direction des missions scientifiques au siège social de la NASA à Washington. On a ici une chance de trouver un écosystème dans lequel nous pourrions vivre, indique-t-il.

Au sein du système planétaire de Trappist-1, les planètes pourraient toutes contenir de l'eau liquide, si les conditions atmosphériques s'y prêtent. On en compte trois dans une zone potentiellement habitable, là où les distances par rapport à l'étoile (et donc les températures) seraient les plus favorables à la présence d'eau liquide.

Ce fait se révèle « très prometteur dans la recherche de formes de vie au-delà de notre système solaire », s'enthousiasme Michael Gillion, astronome à l'Université de Liège, en Belgique.

C'est un grand bond vers la découverte de vie extraterrestre, bien que l'on soit encore loin d'une telle révélation. On ignore encore de quoi les planètes et leurs atmosphères sont faites, ainsi, pas moyen de savoir s'il pourrait en plus s'y trouver quelque forme de vie.

Ce qu'on sait sur Trappist-1 et ses planètes

« Nous ne savons pas beaucoup de choses à propos de ces planètes. On connaît leur taille, leur masse, à quelle quantité de radiation elles sont exposées, leur orbite. Pour l'instant, on ne peut que spéculer », nuance Sara Seager, professeure à l'Institut de technologie du Massachusetts.

Le panel d'experts réunis pour la conférence de la NASA ne se réjouit pas moins de cette avancée scientifique; ces planètes sont d'excellents sujets d'étude, et il reste beaucoup à découvrir.

Pour l'instant, on sait qu'elles sont en orbite autour d'une étoile naine ultra-froide, soit une étoile bien plus petite et froide que le Soleil. Si le Soleil était un ballon de basket, l'étoile Trappist-1 serait une balle de golf, illustre-t-on.

Illustration : NASA/JPL-Caltech/R. Hurt, T. Pyle (IPAC)

Les planètes sont beaucoup plus rapprochées de l'étoile, leur révolution autour de celle-ci se fait donc sur une période plus courte, entre de 1,5 à 20 jours.

Cette orbite rapprochée ferait en sorte que ces planètes présentent toujours la même face à l'étoile, avec un côté « jour » et un côté « nuit » permanent, comme la Lune pour la Terre.

Michael Gillion indique que la vue d'une planète à l'autre serait particulièrement magnifique, vu la courte distance qui les sépare. « Vous verriez les autres planètes comme on voit la Lune, avance-t-il, et peut-être même plus grandes pour certaines d'entre elles », illustre-t-il.

La proximité des planètes entre elles les ferait également interagir sur le plan gravitationnel. Elles se tirent et se repoussent tandis qu'elles révolutionnent autour de leur étoile, ce qui a permis aux scientifiques d'étudier les masses de six des planètes et d'obtenir quelques indications sur leur composition.

« Pour une des planètes, la mesure est suffisamment précise pour fortement suggérer une composition riche en eau », explique Michael Gillion, qui souligne que cette planète se trouve dans la zone habitable. Aucune présence d'eau n'a cependant été confirmée.

La suite des choses

À moins de multiples miracles, notre génération ne pourra assurément pas se rendre sur ces planètes pour découvrir elle-même leur atmosphère - mes condoléances à Matthew McConaughey et toute l'équipe d' Interstellaire. Situées à 39 années-lumière, ou 44 millions d'années en jet, ou un très-très-très gros pas d'homme, nous ne disposons pas de la technologie pour nous y rendre de notre vivant.

Mais la recherche, elle, va continuer dès maintenant, et se poursuivre sur les prochaines générations. Le télescope de la NASA Kepler/K2 est présentement braqué sur Trappist-1 pour mieux l'étudier.

Illustration : NASA/JPL-Caltech/R. Hurt, T. Pyle (IPAC)

Les scientifiques sont très enthousiastes à l'idée d'étudier en profondeur les gaz présents sur ces planètes. Un outil supplémentaire sera bientôt à leur disposition, le James Webb (JWST), un imposant télescope à infrarouge qui sera mis en orbite en octobre prochain.

Il permettra d'observer la présence de gaz à effets de serre dans l'atmosphère des planètes, ce qui permettrait d'évaluer leurs températures et ainsi déterminer si les planètes pourraient être habitables. Le télescope pourrait également détecter des gaz pouvant être produits par la présence de vie, comme le méthane, l'oxygène et l'ozone, entre autres.

Au début de 2020, on devrait donc en savoir plus sur nos cousines éloignées.