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Pourquoi les médias veulent-ils faire taire No One Is Innocent ? Décryptage !

Dans cette nouvelle rubrique, notre spécialiste Vincent Glantz nous aidera à y voir un peu plus clair dans la jungle médiatique et ses nombreux pièges. Ce mois-ci, il pose une question cruciale.

Truc pas encore sorti ? Décryptage !
Truc sorti il y a deux heures ? Décryptage !
Truc dont on a eu un vague aperçu, qui ne sera disponible que dans 6 mois et dont les effets se mesureront dans 1 ou 2 ans ? Décryptage !
Décryptage ! Décryptage ! Décryptage !
Vincent Glantz est notre spécialiste du décryptage. Dans cette nouvelle rubrique, il nous aidera à y voir un peu plus clair dans la jungle médiatique et ses nombreux pièges. Ce mois-ci, il pose une question cruciale : « Pourquoi les médias cherchent-ils à faire taire No One Is Innocent en passant sous silence leur dernier album Propaganda ? »

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Propaganda

, le sixième album studio de No One Is Innocent est sorti lundi dernier sur le label Verycords. Un disque frondeur, rageur, engagé à la pochette on ne peut plus explicite : un jeune garçon poussant un hurlement, les mains écartées en forme de crochets. Ceux du logo du groupe parisien, bien sûr, pilier du « rock fusion » français qui,

depuis 1994, parle les yeux dans les yeux à une génération aux idéaux au berne

. Ceux qui nous emprisonnent, nous empêchent de passer outre nos préjugés, nous empêchent d'aller vers l'autre, aussi. Mais surtout ceux qui enserrent les médias, qui, de leur puissante tour d'ivoire, ont décidé qu'ils passeraient sous silence ce brulôt à la force de subversion rare. Pourquoi cette mise à l'écart aussi subite que brutale ? Pourquoi No One Is Innocent dérange autant la presse ?

Propaganda

en dirait-il un peu trop sur un société française sclérosée par ses tabous ? Décryptage en quelques titres-clés.

« Charlie »

C'est sur ce titre frondeur, rageur, engagé, que démarre Propaganda. Un morceau écrit en hommage à Charlie, SDF du boulevard Jean Jaurès, à Saint-Ouen, qui a disparu l'hiver dernier dans de mystérieuses circonstances, laissant une petite fille derrière lui, Marianne, placée depuis plusieurs années déjà par les services sociaux dans une famille d'accueil de Grigny. Pour le groupe, qui répétait à proximité et considérait Charlie comme une véritable mascotte, c'est très clair : le sans-abri a été assassiné : « Ça sent la poudre l'infâme qui résonne / K.O. debout, je ne sens plus rien / Ô pauvre Marianne orpheline / Y'a pas que Charlie qu'on assassine ». Avec ce titre frondeur, rageur, engagé, No One dénonce la politique liberticide de la municipalité de Saint-Ouen envers les SDF et ses nombreux dérapages, laissant sous entendre par « Y'a pas que Charlie qu'on assassine » que plusieurs sans-abris auraient connu le même sort que leur ami en étant froidement (et secrètement) exécutés par les services municipaux de la ville du 93. Un sujet particulièrement sensible que les élus Audoniens ont tout intérêt à étouffer…

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« Silencio »

Un mid-tempo plus posé, presque reptilien, mais néanmoins

frondeur, rageur et engagé, sur lequel No One Is Innocent aborde cette fois l'épineux sujet de la g

entrification et de la spéculation immobilière qui ravage Paris et vide les quartiers populaires de ses habitants

. Symbole de ce phénomène : le Silencio, club huppé de la rue Montmartre à la carte de membre reservée aux forts pouvoir d'achat et aux conditions d'accès discriminatoires. Pour le groupe, Paris est dans une impasse (

« Est-ce que nos reves sont sortis du décor ? Est-ce que nos rêves sont trop grands et trop forts ? Quelque soit le système : Silencio !

»)

et le lobby immobilier compte tout faire pour maintenir le

status quo

. Un titre sur lequel est également soulevée la question non moins épineuse de l'élitisme culturel…

« Putain Si Ça Revient »

« Elle était belle en bas résilles / Elle avait le charme et les serpents / Aujourd'hui Europe est une vieille fille / Qui s'offre facile au plus offrant.

»

Sur un riff incandescent, No One aborde un sujet délibérément ignoré par les médias :

le retour de la syphilis

et le scandale médico-sanitaire qu'il annonce pour les années à venir. Si le titre est

frondeur, rageur et engagé, le

sujet est, lui, dur, voire dérangeant. Sans doute un peu trop aux yeux de Merck, Sanofi, Pfizer et consorts qui aimeraient que le message continue à se limiter aux canaux

« autorisés

»

« Massoud »

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Depuis 20 ans, No One brouille les pistes et ce n'est pas prêt de s'arrêter : avec « Massoud

», le groupe parisien signe un nouveau pamphlet rageur (et néanmoins frondeur et engagé), mais surtout un de ses titres les plus trompeurs. Il n'est en effet nulle question ici d'Ahmad Shah Massoud, le légendaire « lion du Pandjchir », commandant du Front Uni Islamique, sur lequel tout à déjà été dit ou presque. Mais de qui parle alors Kemar, le chanteur du groupe, quand il sussure sur un tempo lourd et torpide : « Dans les montagnes / Dans les vallées / Seul contre tous / Le révolté » ? Pour le savoir, il suffit tout simplement de retourner la pochette du disque et de lire non pas « Massoud

» mais « Pnossaw

» et ainsi révéler le vrai message du titre : « PNO : SS = AW

»un message d'alerte adressé au PNO (Parti de la Nation Occitane) pour lui faire savoir que nombre de ses membres ont été identifiés, dénoncés et perquisitionnés après leur inscription sur Attractive World (AW), site de rencontres haut-de-gamme qui sert en fait de société-écran à des groupuscules fascistes (SS) très bien organisés. Une accusation qui ne fait pas vraiment l'affaire des e-entrepreneurs et des extrêmistes de tout bord…

« Kids Are On The Run »

Véritable bombe à retardement,

« Kids Are On The Run », sous ses airs de titre plus léger, presque dansant (mais toujours frondeur, rageur et engagé), cache en réalité une bien une triste vérité. «

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Aime ton pays / Ou bien tu le quittes / C'est ça le système / Quand t'es pas au coeur de l'elite / On fait plus confiance / Tout est joué d'avance / Mais si tu crois à l'intelligence / Va voir où ça danse

» : ceux qui savent lire entre les lignes l'auront compris, No One Is Innocent parle bien sûr ici de l'omerta médiatique dont ils sont aujourd'hui victimes et qui, si elle est orchestrée par les médias, a été fomentée en haut-lieu par les maisons de disques, à la demande expresse de Sony. En effet, une semaine avant la sortie de Propaganda, atterrissait dans les bacs Mandarine, nouvel album des Innocents, sur lequel la major a misé gros, très gros. Afin d'éviter concurrence et confusion, Sony a donc tout simplement actionné quelques leviers pour gentiment étouffer No One Is Innocent, faisant également au passage retirer de la vente Not So Innocent de Bystander, For The Recently Found Innocent de White Fence, An Innocent Man de Billy Joel, Innocents de Moby, Born Innocent de Redd Kross, Innocent de Mike Oldfield, Sonno Innocente de Rossi Vasco, Innocent Love de Sandra et Innocent d'Alexander O'Neal. Une purge sans nulle doute opérée sur l'air du Massacre des Innocents de Bertali qui lui, a miraculeusement été épargné…

Vincent Glantz est notre spécialiste médias. Il mange décryptage, il boit décryptage, il dort décryptage, il vit décryptage.

Décryptage ! Décryptage !

Décryptage !