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Music by VICE

Fureur, prises de tête et sale ambiance : un an dans Minor Threat

Steve Hangsen nous a raconté la dernière année du groupe hardcore-punk de Washington DC, des embrouilles à l'enregistrement de « Out Of Step ».

par Tony Rettman
19 Mai 2015, 10:00am


Toutes les photos proviennent du site Double Cross XX

L'Amérique est remplie de gens qui estiment que leur rôle a été oublié dans l'histoire du hardcore. En temps normal, il s'agit de mecs bourrés qui tiennent absolument à vous raconter que leur groupe a ouvert pour Black Flag en 1983. Mais parfois, vous tombez sur un gars certifié 100 % legit, qui a en effet été déterminant à une époque, et qui en plus de ça, est resté intelligent, humble et n'a absolument aucun souci pour vous dire comment les choses se sont réellement passées. Un de ces types s'appelle Steve Hansgen.

Hansgen a rejoint Minor Threat en tant que bassiste à l'été 1982. Après une année dans le groupe, il a participé au célèbre mini-album Out Of Step, tourné dans tout le pays et partagé la vie d'un groupe qui reste une énigme pour la majorité des gens. Deux mois avant que Minor Threat ne disparaisse à tout jamais.

J'ai toujours été curieux de connaître la version de Hansgen sur l'histoire de Minor Threat. Je l'ai donc appelé l'autre jour et il m'a tout raconté, sans langue de bois, du rôle de petit tyran de Ian MacKaye dans la scène hardcore de Washington D.C. du début des années 80 à son recrutement dans Minor Threat, en passant par la brouille avec Black Flag et les sautes d'humeur du guitariste Lyle Preslar.



Noisey : Quand et comment as-tu rejoint la scène punk de Washington D.C. ? On parlait encore de punk quand tu as débarqué où c'était déjà du « hardcore » ?
Steve Hansgen :
Je suis arrivé pile pendant la transition, quand le D.C. punk se transformait en D.C. hardcore punk, ce qui correspond à la période où les Teen Idles ont splitté pour donner naissance à Minor Threat et à la création de S.O.A. Je m'y suis intéressé grâce à un vieux groupe du coin, The Slickee Boys. C'était le gros groupe new wave à D.C. à l'époque et leur chanteur était mon cousin, Mark Noone.

Je vivais dans les suburbs en Virginie et lui m'envoyait toutes les infos sur cette scène super cool qui se développait à Washington D.C., là où des gosses de mon âge jouaient déjà dans des clubs punk rock. J'étais tellement fasciné par ce concept, ça me semblait complètement étranger. J'ai ensuite pu devenir le roadie des Slickee Boys et c'est comme ça que j'ai vu jouer les Bad Brains et les Teen Idles pour la première fois. J'étais captivé par l'effervescence de cette scène. J'habitais seulement à 30 kilomètres mais ça me semblait à des années lumière.

J'ai commencé à bouger aux concerts sporadiquement à l'été 1980 et dès l'automne, j'étais complètement dedans ; j'étais un punk rocker. Et c'est avant de passer en 1981 que les Teen Idles se sont séparés et que le D.C. punk est devenu le « hardcore ». Immédiatement, mes potes et moi nous sommes identifiés à ça. Le hardcore était peuplé de kids de notre âge qui ne se reconnaissaient pas forcément dans le punk '77 britannique. On s'était trouvés une identité.

Steve Hansgen

L'histoire officielle dit que les Teen Idles sont partis en tournée sur la Côte Ouest en 1980, ont vu les Circle Jerks et les Dead Kennedys en concert, et sont rentrés avec toute la connaissance nécessaire sur cette nouvelle scène. Ils ont ramené le slam dancing et le stage diving sur la Côte Est et toute cette vibe à D.C. Est-ce que c'est ça qui a transformé la scène punk en scène hardcore ?
Absolument, sans aucun doute. Ça a marqué le passage d'une bande de gens qui sautaient sur place devant la scène à une bande de gens qui sautaient les uns sur les autres depuis la scène. Ils sont rentrés de la Côte Ouest avec ce truc qu'ils avaient vu à Huntington Beach. Ian (Mackaye) et Henry (Rollins) l'ont transposé avec leur propre vision, mais ça venait clairement de là-bas. Porter des bandanas autour de ses boots et slammer, tout ça venait de L.A., après être passé par le filtre Teen Idles.

Mais ce n'est qu'une fois tout ça arrivé à Washington D.C. que c'est devenu une vraie culture et que l'esthétique hardcore est née, vrai ?
C'est sûr. L'autre facteur, c'était l'affluence importante des kids des suburbs aux concerts pendant l'été 1980. La combinaison de cette nouvelle énergie et du concept que les Teen Idles avaient ramené avec eux les avaient poussé à vouloir sortir leurs propres disque tout seuls. La réaction courante c'était « Wow ! Vous allez sortir votre disque vous-mêmes ?! » C'était fou et ça a marqué le fait que nous avions une scène. On avait un label, une visibilité et une identité et tout a fusionné durant cette période. Tout a changé de l'été 1980 à l'année 1981.

Quand les Teen Idles ont splitté et que Minor Threat s'est formé, ça semblait évident que c'était eux qui allaient marquer les esprits et attirer l'attention sur D.C. ?
Oh ouais. C'était évident, dès le premier concert. S.O.A et Minor Threat sont arrivés au même moment et même si on adorait S.O.A., c'était très clair que Minor Threat avait ce truc en plus, ce truc différent. Henry a toujours été un très bon frontman – aucun doute là-dessus – mais Ian était fascinant. C'était vraiment un leader.

Comment les gens et les groupes plus vieux de la scène ont perçu le straight edge quand il a débarqué à D.C. ? Un groupe comme Black Market Baby par exemple.
Black Market Baby a toujours été une exception parce que c'était un super groupe, très important dans l'histoire du punk à D.C. Ils écrivaient de très bonnes chansons et étaient ce qu'ils étaient, donc voilà. Eux pensaient que c'était débile, mais une fois encore, ils avaient 23 ans et nous 16 ! Ils pensaient qu'on était débiles, point ! J'ai joué dans un groupe avec Mike Dolfi et Boyd Farrell de Black Market Baby il y a quelques années et ils m'ont affirmé qu'au début, ils croyaient vraiment que c'était une blague, puis ils ont réalisé que non.

Steve Hansgen

Comment as-tu rejoint Minor Threat ?
Brian Baker et moi étions potes depuis l'enfance. Mon père était présentateur de Eyewitness News à D.C. et le père de Brian était producteur de l'émission. Il a fini par déménager à Gross Pointe dans le Michigan et on a perdu contact. Puis quelques années plus tard, je l'ai croisé à un concert à D.C., au tout début de Minor Threat. Beaucoup de gens étaient intimidés par son attitude « supérieure », mais je le connaissais depuis l'âge de 9 ans, je ne faisais pas attention à ça. Je suis allé lui parler et tous mes potes étaient là « Oh mon Dieu ! Il est en train de lui parler ! »

Un après-midi de 1982, je suis allé à Georgetown pour rendre visite à John Stabb, le chanteur de Government Issue. Il bossait chez un disquaire de la ville. Quand je suis arrivé, Brian était dehors, avec Mike Hampton de The Faith. Ils causaient guitare et je me suis incrusté dans la conversation. Brian m'a lancé « tu sais jouer ? » et j'ai répondu « ouais ». Il m'a demandé « tu sais jouer de la basse ? » et j'ai dit « c'est mon instrument principal, oui » avant de rentrer dans le magasin.

Ce que je ne savais pas c'est que John Stabb était en tournée et que Ian MacKaye le remplaçait cette semaine-là. Et là, Ian et Brian se retrouvent dehors et discutent en haut des marches. Une fois la conversation terminée, Brian vient vers moi et me sort « Hey… tu veux te ramener chez moi pour chiller et jammer ? »

Donc on est allés chez lui, et une fois là-bas, je lui ai confié : « Écoute, je connais chaque morceau de Minor Threat par cœur » et j'en ai joué quelques uns. Le lendemain, je me suis pointé à la Dischord house et j'ai joué avec le groupe au complet et voilà. Mais jamais ils ne sont venus me trouver pour me dire clairement « Tu fais partie du groupe », soit dit en passant. C'est moi qui ai été obligé de demander « vous pouvez me dire où vous en êtes, en fait ? »

J'avais entendu dire que l'idée première de Brian, Ian et Jeff (Nelson) était de dégager Lyle (Preslar) de Minor Threat afin de créer un tout nouveau groupe, avec Brian à la guitare et moi à la basse. Et maintenant, ils avaient changé d'avis et jouaient à 5 parce que si Lyle s'était fait viré du groupe il n'aurait sûrement pas pu le supporter. Donc j'ai joué avec Minor Threat d'août 1982 jusqu'à l'été 1983.

Le fameux concert au Buff Hall avec SSD et Agnostic Front dans le New Jersey, c'était ton premier show avec le groupe ?
Le premier concert que j'ai joué avec aux était « à l'extérieur », à Baltimore, mais le Buff Hall a été mon premier concert dans le Nord du territoire. Je me souviens juste être resté collé à mon ampli tout le long en me disant « Ok, je crois que je vais passer le reste de la soirée calé ici ». Peu importe le côté où je me serais déplacé, j'allais me prendre un pain. Attention, c'était quand même fun hein, mais ça restait taré. C'était franc et brutal, aucune séparation entre le groupe et le public. Ce que tu vois dans le DVD est exactement ce que j'ai vécu. Et une fois de plus, Lyle ne s'était pas fait de potes ce soir-là.

C'est déjà arrivé ?!
Non, jamais. Dès qu'il avait un micro près de lui, il fallait s'attendre à ce que quelqu'un soit froissé.

Je me souviens d'un concert des Meatmen à Florence dans le New Jersey, à l'été 1984, juste après que Lyle et Brian aient rejoint le groupe. Mon frère était DJ au concert donc j'étais là en avance et j'ai vu Lyle incendier l'ingé-son en direct
Je me souviens de ce concert, j'étais roadie pour les Meatmen, Lyle avait pété son fusible sur le type.

Ouais ! Bordel ! J'y crois pas que t'y étais aussi !
Mec, j'étais juste à côté de lui quand il a commencé à lui gueuler dessus !

Lyle Preslar, encore en train de gueuler.

Je me souviens que tout ce que je trouvais cool à propos de Minor Threat s'est évaporé ce jour-là.
(Rires) Pour lui rendre un peu justice, les mecs du son étaient vraiment des pipes, mais Brian et moi essayions de passer l'éponge et de ne pas aggraver les choses. Et puis soudain, j'ai levé les yeux et vu Lyle se diriger vers le micro et comme une scène au ralenti je me suis dit « Ooooh noooon… » (Rires). Je n'oublierai jamais cette journée !

Ensuite, après le concert, je me souviens l'avoir vu se déchaîner contre London May et les autres mecs de Samhain à propos d'un truc qu'ils avaient dit sur lui dans une interview. Je me suis alors dit « putain, ce mec est vraiment un abruti ! »
Il ne faisait jamais bonne impression. Quand je regarde Minor Threat avec le recul et que je repense à ces deux tournées complètes que j'ai faites avec eux, je n'ai aucun souvenir de quelqu'un qui aurait un jour dit « Wow, Lyle Preslar est un mec cool ! » et ça me rend plutôt triste. Je savais qu'il y avait un côté de Lyle qui n'était pas du tout comme ça. Je la fermais tout le temps quand il se comportait mal avec les autres parce que je trouvais qu'il était super doué. Il arrivait en répète, me filait une chanson et j'étais là « bordel, qu'est ce que c'est que ça ! » et il me répondait « Ca s'appelle 'It Follows' et ça fait comme ça… ». Mais quand on était sur la route et qu'un gosse se pointait, je me tournais vers Lyle en priant très fort pour qu'il ne l'ouvre pas ! Parce qu'il y avait 9 chances sur 10 qu'il rembarre le gamin.

Minor Threat

Qu'est ce qui s'est fait en premier, l'enregistrement de Out Of Step ou la tournée avec le groupe ?
L'enregistrement. Tous les morceaux ont été écrits à l'automne 1982. On a fait une pré-production en novembre et décembre et juste après le premier de l'an 1983, on est allés au studio l'enregistrer. C'était la première fois que j'allais dans un vrai studio, le Inner Ear de Don Zientara. Ses gamins jouaient dans la pièce où on enregistrait. Il y avait des jouets partout, c'était minuscule. Les amplis étaient tournés vers le centre de la pièce. Ian a chanté dans la buanderie avec un rideau entre lui et nous. Je crois qu'on avait fait deux prises pour « Think Again », tout le reste s'est fait en une prise. C'est la première fois qu'il a chanté « Look Back And Laugh », et tout a été réalisé en une prise. On avait simplement joué ce morceau en répète avant, jamais en live. Quand on l'a enregistré, c'est la première fois qu'on entendait le chant dessus. Je me souviens avoir été abasourdi d'avoir participé à ça.

À quel moment on t'a demandé de quitter le groupe ?
On est partis en tournée pendant 1 mois et demi et c'était dur. J'ai servi de bouc émissaire à pas mal de problèmes qui gravitaient déjà autour du groupe avant que je les rejoigne. Apparemment, j'avais aggravé la situation au lieu de l'arranger. J'ai fini par devenir inefficace à leur survie. Ils m'ont demandé de quitter le groupe après la tournée et j'étais plus que content parce que c'était vraiment devenu impossible. Après m'avoir jeté, Minor Threat a existé encore deux mois avant qu'ils ne se déchirent mutuellement. C'était quand même une sacrée expérience.

Donc ces problèmes dans Minor Threat reflétaient simplement l'attitude passif/agressif à laquelle de jeunes mecs doivent faire face en vivant les uns sur les autres ?
Non, c'était agressif/agressif ! (Rires) Ian régnait avec une poigne de fer. Tout ce qu'il disait était suivi à la lettre et il faisait bien en sorte que ça soit à chaque fois le cas. Je ne l'ai jamais vu s'en prendre physiquement à un membre du groupe, mais j'ai vu Jeff et Brian se battre une fois à San Francisco. Ils se sont littéralement mis dessus pour obtenir le dernier morceau de jambon et les deux derniers morceaux de pain qu'il nous restait. C'est la première fois que j'ai regardé Jeff en lui disant « Wow, tu fais flipper ! ». Il en fallait beaucoup pour énerver Jeff, mais quand c'était le cas, il dévissait complètement.

Lyle avait juste une grande gueule. T'étais un « débile » si tu te gourais de note et il te le rappelait sur scène pour bien t'embarrasser. Tout ça arrivait quotidiennement et après un moment, ça commençait à monter. Et ça a fini par me gonfler. Un membre du groupe a alors dit que je ne pouvais pas supporter la pression. La pression ne m'a jamais dérangé. C'est plutôt la façon dont ils se comportaient entre eux qui me saoulait. C'était dur de trouver sa place dans ce groupe où tout ce qu'ils faisaient était de se chercher des poux pour rien. Je n'ai jamais compris leur démarche, ni le niveau de rivalité qui existait entre chacun d'eux.

Ça a atteint un tel point que les seuls moments agréables était cette heure passée sur scène. Ca c'était génial, mais les 5 ou 8 heures de route pour se rendre aux concerts étaient une vraie corvée.

Je me rappelle avoir lu une interview où un des membres a dit : « Quand Steve était dans le groupe, ça ressemblait à Minor Threat + un autre type ». Il entendait quoi par là ?
Je ne sais pas, j'ai rejoint le groupe quand il était au complet. Je faisais partie intégrante de leur philosophie et j'ai aidé à la composition des morceaux qui se sont retrouvés sur Out Of Step. J'ai toujours senti que je faisais partie à 100 % du groupe et Brian et Lyle me soutenaient. Je crois que le problème venait des décisions qui étaient supposées venir d'en haut – c'est à dire de Ian – et qui nous arrivaient ensuite. La seule décision qui n'a jamais été directement prise par Ian a été celle de m'embaucher ; l'idée venait de Brian. Et je crois qu'il ne s'y est jamais vraiment fait. Ce fut sa décision de se débarrasser de moi d'ailleurs.

Un proche du label SST m'a dit qu'à un moment, il y a eu une compétition un peu bizarre entre Minor Threat et Black Flag. Tu t'en souviens ? C'était un beef entre Ian et Henry ?
Il y a eu des trucs bizarres entre Ian et Henry parce que Henry s'était mis à prendre de l'acide quand il a rejoint Black Flag. Il explorait des trucs qui étaient à l'opposée de leurs racines philosophiques à tous les deux.

Après, au sujet des deux groupes, je ne me rappelle de rien, mais il y avait toujours un truc pesant quand on se retrouvait ensemble, je ne sais pas pourquoi. On est restés aux bureaux SST toute une demi-journée quand on s'est rendus à Los Angeles pour la tournée '83. Je me souviens d'un moment très gênant. Ian essayait de parler à Chuck (Dukowski) et à Henry de la tournée, et ils lui coupaient sans arrêt la parole en parlant d'autres choses. Je n'avais jamais vu quelqu'un interrompre Ian de la sorte sans se faire botter le cul. Mais Ian prenait simplement sur lui et moi je me disais « Tout ça est très bizarre ».

J'ai quelques théories sur le sujet. Je crois qu'à un certain moment, Black Flag s'est senti un peu désarmé face à tous ces kids qu'ils avaient inspiré et qui commençaient à devenir aussi gros qu'eux, et peut-être que Greg Ginn s'est dit « Oh bordel ! Ces mecs pourraient prendre notre place ! Peut-être qu'on n'aurait pas dû les encourager autant ! »
C'est absolument vrai. Ils soutenaient tout le monde lors de leur première tournée. Minor Threat avaient ouvert pour eux sur leur premier concert à D.C. et ils avaient foutu des frissons à tout me monde tellement ils étaient bons. Je suis sûr que ce jour-là, Black Flag se sont dit « Woah ! D'où sortent ces gosses ? » Mais entre ce concert et la fois où on est allés à L.A., en 1983, Minor Threat était devenu aussi gros que Black Flag. On ne voulait pas usurper leur identité. Être Minor Threat nous suffisait amplement, on avait notre propre truc et on ne voulait être personne d'autre.

T'es d'accord avec ceux qui disent que la première vague hardcore est morte en 1984 ?
La fin de l'année 83 et le début 84 étaient en effet une sale période pour le hardcore à Washington D.C. Quand j'ai formé mon nouveau groupe, Second Wind, tout le monde s'en foutait. Le seul groupe qui intéressait les gens était Marginal Man, et je ne peux pas leur en vouloir, ils tuaient. Il y a eu ce climax en 82 qui a culminé avec la tournée « Out Of Step » en 83 et ensuite tout est parti aux chiottes ! Une fois que Minor Threat a splitté, tout était différent.

Tu leur en as voulu après ton départ du groupe ?
Non. J'étais toujours au premier rang de tous leurs concerts à D.C. On me voit partout sur leur DVD live. Je suis sur chaque photo de leur dernier concert aussi. Rich Moore, qui était roadie pour Minor Threat et habitait à la Dischord house était chanteur dans le groupe que j'ai monté ensuite, Second Wind. Donc on répétait chez Dischord, comme eux. Je ne les ai jamais envoyé se faire foutre !

Merci de m'avoir répondu et d'avoir été aussi honnête, en général, quand on interroge l'ex-membre d'un groupe, il y a souvent des rancunes personnelles, mais rien de tout ça avec toi.
Le fait d'avoir joué dans Minor Threat supplante tout le reste. J'étais un fan qui a pu rejoindre son groupe préféré. C'est comme si j'avais joué dans les Beatles entre Rubber Soul et Revolver. Je suis arrivé dans le groupe à leur pic. Au final, ça a toujours été la musique avant tout, et c'était à chaque fois incroyable de la jouer en live.

Steve Hansgen joue dans Dot Dash et vous pouvez écouter ce que ça donne ici.

Tony Rettman est sur Twitter.