Etats-Unis

Un climatosceptique à la tête de l'Agence de protection de l'environnement américaine

L’équipe de transition de Trump a nommé le procureur général de l’Oklahoma, Scott Pruitt, à la tête de l’Environmental Protection Agency (EPA), l’agence de protection de l’environnement américaine.

par Agnes Walton
08 Décembre 2016, 9:45am

Scott Pruitt (via Flickr / Gage Skidmore)

L'équipe de transition de Donald Trump a nommé le procureur général de l'Oklahoma, Scott Pruitt, à la tête de l'Environmental Protection Agency (EPA), l'agence de protection de l'environnement américaine. Mais selon Pruitt le changement climatique est « loin d'être avéré ».

Pruitt est l'un des 27 procureurs généraux qui poursuivent l'EPA sur le Clean Power Plan, qui prévoit de réduire les émissions à effet de serre des centrales au charbon. Le nommer à ce poste tend à prouver que l'administration Trump souhaite réellement tailler dans les réglementations environnementales. Sur sa page LinkedIn, Pruitt indique « se battre activement contre l'agenda militant de l'EPA. »

Alors, à quoi pourrait ressembler le nouvel agenda de l'EPA avec Pruitt à sa tête ?

En tant que procureur général, il a poursuivi le gouvernement à de nombreuses reprises et principalement concernant l'EPA — mais ses procédures n'ont jamais vraiment abouti. En 2015, il a attaqué les règles de l'EPA concernant la pollution transfrontalière et d'autres réglementations visant à réduire les émissions de mercure et de substances toxiques aéroportées. Il avait été débouté. Mais en début d'année, il a remporté un procès contre le Département de l'Intérieur. L'État souhaitait inscrire une espèce sur la liste des espèces protégées, mais la protection de cette espèce allait gêner l'exploitation et l'exploration pétrolière, donc Pruitt s'était empressé de faire annuler cette décision.

Si Pruitt est historiquement contre l'EPA, ses relations avec l'industrie pétrolière de l'Oklahoma inquiètent depuis un moment les défenseurs de l'environnement. En 2014, le New York Times a publié des preuves selon lesquelles Pruitt a permis à Devon Energy, une compagnie pétrolière de l'État, d'écrire des lettres à sa place pour les envoyer à des agences fédérales, dont l'EPA. Pruitt est aussi proche d'Harold Hamm, le fondateur de Continental Resources, une entreprise de « fracking ». Si bien que Hamm avait rempli le rôle de directeur de campagne pour la réélection de Pruitt.

Les groupes de défense de l'environnement alertent sur l'influence que pourrait avoir Pruitt, s'il se retrouve à la tête de l'EPA. Avec cette nomination, l'industrie pétrolière pourrait avoir des amis très haut placés. « Vous ne pouviez pas choisir une meilleure marionnette de l'industrie fossile, » attaque May Boeve, directrice de 350.org. « L'EPA devrait limiter la pollution carbone et freiner le développement du pétrole et du gaz — en gros, ne pas défendre la Supermajor [Ndlr, les 6 plus grandes compagnies pétrolières privées du monde] et ne pas mettre le futur de la planète en danger. »


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