À Standing Rock, les derniers manifestants anti-oléoduc ont quitté le campement

Pendant l'évacuation du principal campement de l'Oceti Sakowin, 47 personnes ont été arrêtées.

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24 Février 2017, 12:24pm

Le Dakota du Nord a officiellement évacué tous les manifestants du principal camp de Standing Rock. Depuis 11 mois, des manifestants s'étaient réunis ici pour empêcher la construction de l'oléoduc Dakota Access Pipeline. Au cours de l'évacuation du camp, 47 personnes ont été arrêtées.

Des policiers se sont baladés dans le campement avec leurs équipements anti-émeutes, à bord de véhicules militaires ou avec des armes. À quelques mètres, un panneau des manifestants prévenait pourtant « Nous ne sommes pas armés ». Après avoir arrêté les manifestants restants, les policiers ont laissé la place aux bulldozers, qui ont commencé à détruire les dernières structures. Selon le Département du shérif du comté de Morton, les munitions chargées dans les armes des policiers étaient « fort probablement létales ».

Ces arrestations marquent la fin du principal campement, l'Oceti Sakowin, qui avait regroupé jusqu'à 10 000 personnes en novembre dernier. Jeudi, ce même campement ne comptait plus que 70 personnes, environ.

Début décembre, l'administration Obama avait demandé l'arrêt immédiat des travaux de cet oléoduc controversé pour que des voies alternatives soient employées. Mais ce mois-ci, Donald Trump est revenu sur cette décision et a demandé la poursuite des travaux, au grand regret des populations locales, notamment amérindiennes.

Ces dernières avancent que le projet détruira des lieux sacrés. Les manifestants reprochent également au projet son risque de contamination de l'eau potable.

Au départ, le gouverneur du Dakota du Nord, Doug Burgum, avait fixé la deadline à mercredi à 14 heures [21 heures en France] pour l'évacuation du camp. Si les manifestants ne respectaient pas cette horaire, ils seraient évacués manu militari.

Cet arrêté fait suite à une demande la tribu Sioux de Standing Rock. Les représentants avaient demandé aux manifestants de rassembler leurs affaires et de quitter les lieux, parce que le combat va désormais se mener devant la justice, selon le représentant de la tribu, Dave Archambault II. De plus, les campements se trouvent dans une zone inondable, qui devrait connaître des inondations ce printemps.

Les manifestants ont gagné d'autres camps, notamment celui de Sacred Stone, qui n'a pas été évacué et qui n'est pas dans une zone inondable.

Les policiers qui ont participé à l'opération de ce jeudi venaient du Dakota du Nord, de l'Indiana, du Wisconsin, de la Géorgie et de l'Alabama, ont annoncé les autorités à VICE News.

Dix personnes ont été interpellées ce mercredi soir sur l'Autoroute 1806, dont un journaliste, pour « obstruction d'une fonction gouvernementale » ou encore « résistance à une arrestation ». Mercredi toujours, les manifestants, qui se qualifient de protecteurs des eaux, ont mis le feu à de nombreuses structures. Selon eux, il s'agit d'un rituel de nettoyage.

Le gouvernement du Dakota du Nord estime avoir dépensé un total de 8,75 millions de dollars dans ses opérations et va dépenser 1,2 million de dollars pour nettoyer les lieux.


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