sexisme

Surprise! Les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes

Désolé, les masculinistes, les féministes ont encore un combat à mener
20.4.17
Elle gagne probablement moins que lui.

Encore aujourd'hui, un même diplôme, domaine ou position similaire sur le marché du travail n'est donc pas garant d'un même salaire pour mesdames et messieurs de la Belle province.

En étant toujours moins payées que les hommes et par la prise en charge de plus de tâches domestiques, les Québécoises sont victimes d'une double discrimination salariale, révèle la plus récente étude de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).

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Les masculinistes pourront continuer à verser des larmes de crocodile sur la soi-disant discrimination positive faite à l'égard des femmes; pendant ce temps, la science sera d'un autre avis.

« Globalement, en 2016, les femmes ont gagné 79,1 % du salaire hebdomadaire des Québécois masculins et 88,5 % de leur rémunération horaire. Si la tendance s'est améliorée depuis 1997, les gains des femmes demeurent bien en deçà de ceux des hommes. À la lumière de ces rations, même lorsque les différences d'horaires sont prises en compte, il reste 10 % qui ne peut être attribué au simple fait de travailler moins d'heures », affirme la chercheure à l'IRIS Marie-Pier Roberge dans un communiqué.

Selon la chercheure, ces inégalités ne s'expliquent pas par une simple question de choix de vie de la part des femmes. « Même s'il est vrai qu'elles font des choix différenciés de ceux des hommes, les écarts salariaux entre les hommes et les femmes ayant fait les mêmes choix indiquent l'existence d'une discrimination systémique qui persiste sur le marché du travail québécois », martèle la chercheure Roberge.

L'étude de l'IRIS démontre que « quand on observe des trajectoires égales en termes de domaines d'étude, niveaux de compétence ou secteurs d'industrie, l'écart entre les hommes et les femmes est toujours présent. »

À qui la faute ?

Pour expliquer ces écarts salariaux, la chercheure de l'IRIS évoque une étude récente d'une professeur à Harvard, qui indique que les écarts se creusent à mesure que les femmes accumulent les responsabilités familiales, et donc la quantité de travail non rémunéré.

« Ce double rôle les oblige à accepter des emplois permettant une plus grande flexibilité, afin de pouvoir concilier travail et vie de famille. En somme, c'est une forme de travail non socialement reconnu et non valorisé, le travail domestique, qui force les femmes à rechercher cette flexibilité sur le marché de l'emploi. »

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La chercheure conclut à des pressions systémiques dont sont victimes les femmes, auxquelles échappent les hommes.

L'écart est présent, peu importe le milieu

Pour un même niveau de scolarité, les femmes qui détiennent un diplôme universitaire gagnent 16 % de moins que les hommes, et cet écart grimpe à 27 % pour celles qui n'ont pas terminé leur secondaire.

Dans les 10 domaines d'études étudiés, dont les sciences de la santé, l'éducation, les sciences humaines et les de l'administration, ce sont les lettres qui s'approchent de la parité, où les femmes gagnent 102 % du salaire des hommes.

La chercheure Roberge souligne cependant qu'il s'agit du domaine où les salaires sont les plus faibles, après les arts. Pour le reste, les femmes sont les plus désavantagées en santé et en droit, « où elles gagnent respectivement 82 % et 77 % du salaire des hommes. »