Sports

Embrouilles dans le monde des échecs féminins

Le Mondial 2017 aura lieu en Iran, à Téhéran, dans un pays où le port du voile est obligatoire.
12.10.16
Nazí Paikidze-Barnes. Foto vía Instagram

Les prochains championnats du monde féminins d'échecs auront lieu en Iran, à Téhéran, au mois de février 2017. Et que cette compétition se déroule dans un pays où le port du voile est obligatoire ne plaît évidemment pas à tout le monde. En vertu de la loi, toutes les joueuses devront porter le voile. La championne américaine d'échec Nazi Paikidze-Barnes a lancé une pétition pointant du doigt certaines « discriminations » et a indiqué qu'elle boycottera la compétition.

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« Je pense que c'est inacceptable que les championnats du monde féminin d'échecs se déroulent dans un endroit où les femmes ne disposent pas des droits fondamentaux de base et où elles sont traitées comme des citoyens de seconde zone », a affirmé l'intéressée.

Dans la pétition, Nazi Paikidze-Barnes demande à la Fédération internationale d'échecs (FIDE) de changer le lieu de la compétition. Or, selon CNN, aucun autre pays ne s'était manifesté pour accueillir ce Mondial qui devrait réunir près de 64 joueuses. De son côté, la FIDE a déclaré que personne ne s'était plaint de ce choix.

La prise de position de l'Américaine a suscité les réactions de joueuses d'échecs iraniennes. « Ce championnat est très important pour les femmes iraniennes, a déclaré au Guardian Mitra Hejazipour, vainqueur du championnat d'Asie 2015. Il constitue une occasion pour que nous montrions notre force. Je comprends que les lois sur le voile soient difficiles pour elles, mais je voudrais leur dire de faire preuve de patience et de compréhension et que si elles viennent en Iran, elles auraient une influence positive. »

Cette polémique a dépassé le petit monde des échecs puisque le chroniqueur Marc Vanfraechem a, lui aussi, donné son avis sur son blog : « Une autre question est de savoir si vous allez infliger dans les tournois féminins une humiliation supplémentaire aux participantes en les obligeant à porter un foulard. C'est ce qui se passe maintenant à Téhéran. Chez nous, on lit dans le journal que porter un tel foulard est toujours un libre choix et simplement un signe de volonté, de conscience de soi, d'émancipation, même d'intégration etc…En Iran par contre, ces motivations ne suffisent pas. »

Pour rappel, depuis la révolution de 1979, le port du voile est obligatoire en Iran, pour toutes les femmes, même les étrangères.