FYI.

This story is over 5 years old.

Stuff

Une typologie de tous vos amis dans la vraie vie

Collègues blagueurs, opportunistes, anciens camarades de classe – un panorama plus ou moins exhaustif de vos relations amicales stables.
26.5.15

Toutes les photos sont de Robert Foster

_Il y a quelque temps, j'ai compilé une liste de tous les gens inintéressants qui vous servent d'amis sur Facebook. _Dans une tentative d'apporter un peu de joie dans ce monde, j'ai fait une nouvelle liste regroupant tous les type d'amis que vous avez dans la vraie vie – même si j'imagine qu'au moins 60 % d'entre eux agissent parfois comme des petits enfoirés, aussi bien en vrai que sur Facebook. – JG__

C'est un fait établi : parce que nous avons un cerveau débile de macaque, nous ne pouvons pas maintenir plus de 150 relations sociales stables. Du moins, c'est ce qu'estime l'anthropologue britannique Robin Dunbar. Réfléchissez-y deux secondes : comment s'appelle votre meilleur(e) ami(e) ? Pensez à 10 autres de vos amis. C'est bon, vous avez fait le tour. Maintenant, comment s'appellent tous vos amis Facebook ? Vous n'en avez probablement aucune idée.

Publicité

Pourtant, l'amitié est un rayon de lumière dans les sombres profondeurs de l'existence. Cela remplit une fonction très naturelle, fondamentale – on vous apprend à établir des liens amicaux depuis que vous êtes tout petit. C'est très facile de se faire des amis. Mais entretenir une amitié est une chose foncièrement plus difficile – cela peut représenter des heures entières à écrire des textos et des soirées de votre vie gâchées dans des galeries d'art ou des camions à taco.

Mais un des vrais plaisirs quand on a des amis, c'est de pouvoir les catégoriser. Il y a vos meilleurs amis, vos-presque-meilleurs-amis, les gens que vous voyez une fois par an mais que vous détestez profondément – des amis de toutes les formes, tailles et couleurs. Des amis avec qui vous restez en contact uniquement parce qu'ils disposent d'une voiture. Bref, voici un récapitulatif de tous les amis que vous avez en ce moment.

VOS MEILLEURS AMIS (NOMBRE : 1-5)
Inutile de vous décrire ce qu'est un meilleur ami. Il est probablement en train de vous envoyer un message sur Whatsapp en ce moment même. « Mec faut trop que tu lises cet article ! » vous implore-t-il. « C'est vraiment nul. Comme toujours. Je déteste ce type ! », pensez-vous. Vous êtes comme ça avec votre meilleur pote : unis dans l'amour, unis dans la haine, toujours unis par messagerie instantanée.

VOS AMIS DE LONGUE DATE (NOMBRE : 10)
Il n'y a rien de plus agréable que revoir un vieil ami – en gros, c'est un peu l'équivalent humain du fait de s'enfiler un sweatshirt gris aussi informe que confortable. En plus, il est très facile de rester en contact avec eux : il vous suffit d'envoyer un texto contenant une private joke ou évoquant la fois où vous vous êtes fait virer d'une boîte parce qu'un de vos amis communs avait baissé son pantalon pour montrer ses tatouages de mollet à une inconnue, et vous aurez l'impression de ne les avoir jamais quittés. Les vieux amis sont les fondations sur lesquelles votre manoir de l'amitié est construit : ils constituent des garçons ou des demoiselle d'honneurs idéaux, se rappellent de votre phase Black Bomb A et de l'époque où vous ne juriez que par les hoodies à jeux de mots du catalogue Goéland. Vous devriez peut-être les rappeler, histoire de vous rappeler du bon vieux temps et du chemin parcouru depuis.

VOS NOUVEAUX POTES BRANCHÉS (NOMBRE : 20)
Ah, vos nouveaux potes branchés et leur vie terriblement branchée ! Les premiers jours d'une nouvelle relation amicale sont comparables à ceux d'une nouvelle aventure amoureuse – mais sans érection douloureuse ou de coupon de réduction discrètement glissé au serveur de Pizza Del Arte. Vous vous envoyez fréquemment des textos – « On se revoit très vite ! » – et vous traînez dans vos appartements respectifs en permanence. Quand votre nouvel ami vous propose une séance shopping, vous acceptez aussitôt, avant de passer votre après-midi à Uniqlo. Alors que vous l'observez essayer une quantité indécente de chinos, le son mélodieux des harpes se fait entendre. Les anges chantent. Vous allez ensuite dans une salle d'arcade pour renforcer votre amitié au cours d'une partie de Time Crisis. Votre pote vous invite ensuite à une soirée chez lui – et vous finissez par vous y rendre, après avoir passé plusieurs minutes devant votre miroir en vous demandant pourquoi vous vous préoccupiez autant de votre apparence. Sur le chemin, vous vous demandez pourquoi vous avez passé 45 minutes à vous coiffer, alors que vous allez juste partager une vodka-pomme avec un ami. Et puis vous le croisez à la soirée. Vous le voyez danser avec quelqu'un d'autre, et votre estomac tombe dans votre ventre comme un ascenseur dans un film d'horreur japonais. Après être sorti de son appartement en pleurs, vous vous dites qu'il est temps d'avoir une discussion avec vous-même. Vous êtes censé être un adulte. Au final, vous finissez par le reléguer dans une des catégories ci-dessous, et le cycle recommence, inlassablement.

VOS PARTENAIRES DE FIESTA (NOMBRE : 5)
Vos potes de soirées figurent sur approximativement 80 % de vos selfies, bien que vous ne connaissiez même pas leur nom de famille. Vous savez exactement quelle est leur boisson préférée, mais vous demeurez incapable de savoir en quoi consiste leur métier. À de nombreuses reprises, vous vous êtes réveillé dans leur lit ou sur leur canapé, baignant dans votre propre vomi. Mais vous vous imaginez passer un samedi après-midi seul avec eux ? Tant qu'on y est, vous les avez déjà vu en journée ? Vous craignez le jour où vous serez en train de vous adonner à une activité un peu gênante – en plein contrôle d'urine, par exemple. Au moment où vous lèverez les yeux pour déposer votre flacon d'urine potentiellement infecté, vous constaterez avec horreur que la personne qui vous fait face n'est autre que votre meilleur ami de soirée, arborant une chemise tristement banale et une expression radicalement sobre. « Euh, on se voit toujours samedi au Social ? », lui demanderez-vous pour briser la glace. Mais quelque chose s'est brisé en vous – quelque chose a changé. Vous ne pouvez plus vous enfiler de tequila avec une personne qui a tenu un flacon contenant votre pisse. Vous ne pouvez pas regarder quelqu'un twerker tout en sachant qu'il/elle travaille à la Fnac de votre quartier. « Non », vous direz-vous en prenant un taxi pour rentrer chez vous. « On ne peut plus se revoir. »

PLANS CUL (NOMBRE : 1-2)
Les plans cul sont fantastiques parce que vous pouvez échanger des fluides corporels avec eux régulièrement – mais ce sont aussi les pires, parce que c'est toujours gênant de se demander constamment si vous devriez vous tenir la main ou prendre le petit-déjeuner ensemble. Certes, vos relations sexuelles sont tout à fait acceptables, mais vous ne savez pas vraiment si vous avez le droit de laisser une brosse à dents ou si vous devez juste étaler du dentifrice sur votre doigt. D'un côté, vous baisez régulièrement. D'un autre côté, il n'y a rien de pire que les caries. Peut-être qu'il est temps d'avoir une petite discussion.

LES GENS QUE VOUS CROISEZ UNIQUEMENT À DES CONCERTS (NOMBRE : 3)
« On va à un concert ? » dit le texto. Vous recevez ce type de message tous les six mois, avec la fréquence d'une horloge atomique. « Y'a un concert bientôt. Tu veux y aller ? ». Et vous dites oui, parce que vous voulez vraiment y aller – c'est Arcade Fire, ou un de ces groupes que vous aimez bien. Il vous faudra ensuite attendre le jour du concert pour revoir votre ami. Cet ami n'est pas un ami comme les autres : c'est un pote de concert. Vous ne vous rappelez pas exactement comment vous l'avez rencontré, et vous ne trouvez pas d'occasion de rompre amicalement avec lui. Il reste là, en périphérie de votre vie, toujours prêt à gesticuler maladroitement sur une chanson d'Arcade Fire. Vous portez le T-shirt du groupe. Pas lui. Vous vous retrouvez au bar à côté de la salle, et vous buvez tous les deux une pinte dans un silence complet. « T'as vu des trucs sympas récemment ? » demande votre pote de concert. Vous lui avouez que non, pas vraiment. Son visage se tord dans une grimace de déception au moment où il réalise que vous ne lisez pas Pitchfork autant que lui. « Quoi de neuf ? », ajoute-t-il dans une tentative désespérée de ne pas laisser un silence gêné s'installer entre vous.

Publicité

Ça vous arrive tout le temps quand vous êtes accompagné d'une personne particulièrement chiante – le genre de personnes qui préfère acheter des disques plutôt que d'avoir une personnalité – ou d'une personne avec qui vous n'avez absolument rien en commun, si ce n'est votre amour pour Arcade Fire. À un moment de la conversation, cette personne vous posera une question très générale, type : « Qu'est-ce que t'as fait pendant ces six derniers mois ? » et vous aurez beau retourner votre cerveau dans tous les sens pour lui répondre, vous ne saurez absolument pas quoi dire. Pourtant, il s'est passé plein de choses dans votre vie au cours de ces six derniers mois – vous avez frôlé un avortement et vous avez déménagé dans un appartement plus grand, vous avez perdu vos deux jambes dans un terrible accident de moto. Mais vous sortirez systématiquement la même réplique : « Oh, pas grand-chose. » Votre pote de concert ne mentionnera même pas le fait que vous ayez désormais besoin de prothèses pour marcher. « Ouais non, vraiment pas grand-chose », déclarez-vous en repensant à toutes vos heures de rééducation et à l'époque où vous pouviez encore courir dans les hautes herbes comme un enfant. « On devrait peut être se bouger maintenant pour avoir une bonne place, il risque d'y avoir du monde. » Et vous avancez tous les deux en silence, vous déboursez 12 euros pour vos pintes respectives, vous dansez machinalement, vous rentrez chez vous en prenant des chemins séparés même si vous habitez dans le même quartier, quitte à faire demi-tour au bout de 25 minutes quand vous serez sûr que la voie est libre, en espérant ne pas avoir à le voir pendant les six prochains mois – jusqu'à ce qu'il vous envoie un texto pour vous inviter au prochain concert de Future Islands.

LE TYPE QUI NE COMPREND PAS LE PRINCIPE DE TOURNÉE DANS UN BAR ALORS QUE LE CONCEPT DE TOURNÉE EST PROBABLEMENT LE CONCEPT LE PLUS SIMPLE DE L'EXISTENCE (NOMBRE : 1)
« Quoi ? » s'étonne-t-il, en revenant du bar avec une seule pinte. « Vous en vouliez aussi une autre ? » Après avoir contemplé votre verre vide et ceux de votre petit groupe, il tourne les talons en levant les yeux au ciel, avant de faire un geste qui signifiera clairement « OK c'est bon, si vous réagissez comme ça, je retourne au bar » – même s'il vient de niquer une des conventions sociales les plus basiques en revenant avec une seule pinte de bière et un seul sachet de cacahuètes, parce que même le dernier des mongoloïdes maîtrise le concept de tournée. Dans votre tête, vous le rayez définitivement de votre liste d'amis. Et vous avez tout à fait raison – quand il reviendra s'asseoir parmi vous, il ne partagera même pas ses cacahuètes.

L'AMI QUI VOUS PREND POUR UN UTILISATEUR D'AIRBNB (NOMBRE : 5)
« Coucou », dit le texto. « Je suis sur [VILLE OÙ VOUS VIVEZ] pendant quelques jours. Je peux squatter chez toi ? » Comme vous êtes jeune et innocent et que personne ne vous a jamais fait souffrir, vous acceptez aussitôt. Vous répondez : « Pas de souci, ça ne me gêne pas du tout ! » Vous n'êtes pas au bout de vos peines, car cet ami a la fâcheuse tendance de prendre des douches de 45 minutes au moment où cela vous arrange le moins. Alors que vous rentrez chez vous après une dure journée de labeur, il vous confiera avoir mangé tout le saucisson qui restait dans le frigo. Vous venez de passer 90 minutes dans un bus, il a plu, vous sentez encore le chien mouillé, et tout ce qui pouvait vous consoler, c'était ce saucisson bien tendre et parfaitement salé qui reposait dans votre frigo. Mais comme vous êtes une personne excessivement gentille, vous répondrez « T'inquiète, c'est pas très grave », avant de vous placer devant votre bouilloire pour vous faire un thé, puis votre ami vous répliquera « Je me suis fait quelques tasses de thé, j'espère que ça te dérange pas non plus ! » et vous vous rendrez compte que votre espace de travail est envahi de sachets de thé – parce que visiblement, c'était trop difficile de les mettre à la poubelle. Vous constaterez aussi que votre dernière brique de lait est presque vide, quand votre ami vous demandera « Bon on fait quoi ? On sort ? Tu me fais visiter ton quartier ? » À ce moment-là, vous vous direz « Je suis la seule personne à savoir qu'il est là. Je pourrais le planter maintenant avec un couteau, et personne n'en saura jamais rien. »

LES GENS QUI SAVENT BIEN CUISINER (NOMBRE : 5)
Si l'un de vos amis sait bien cuisinier, ne le laissez jamais partir. Jamais. Parce qu'en gros, voilà comment on détermine qui on aime bien, à différents âges :

0-13 ans : Votre maman vous dit d'être amis avec eux.
13-15 ans : Ils sont sociables et ils fument des cigarettes. Vous voulez être leur ami parce que vous êtes un gros nerd.
15-18 ans : Ils sont sociables et boivent de l'alcool. Vous voulez être leur ami parce que vous aussi, vous aimez bien l'alcool.
19-25 ans : Ils connaissent la personne avec qui vous voulez coucher, et il y a environ 40 % de chances qu'ils aient un peu de cocaïne sur eux.
25 ans et plus : Ils savent faire une tarte.

Vous savez à quel point il est difficile de faire une bonne tarte ? Ça peut prendre une journée entière. Et quand votre ami(e) vous servira une gigantesque part de tarte, vous ne saurez pas trop quoi dire si ce n'est : « Merci ! Et bon appétit, hein. » Ensemble, vous descendrez la bouteille de vin que vous avez ramenée, et vous finirez par demander : « On en est où sur la tarte ? Il reste de la tarte ? » Après 45 minutes passées avec lui/elle, vous rentrerez chez vous, parfaitement repu. Plus vous vieillissez, plus une tarte a bon goût. Si un de vos amis vous propose de vous cuisiner un truc – un rôti, une quiche, des beignets – faites-lui un câlin et ne le laissez jamais partir.

LES AMIS DE LA FAC (NOMBRE : 20-25)
« Tu te rappelles comment on se marrait à l'époque ? » vous demande-t-il autour d'un verre. « Je m'en rappelle très bien, ouais », répondez-vous. « Wow. T'as des nouvelles de [AMI EN COMMUN] dernièrement ? » Vous n'en avez pas. « Et [AMI EN COMMUN] ? » Non plus. « Tu sais que [AMI EN COMMUN] a eu un gosse ? » Vous le savez mais vous vous en fichez éperdument. « Tu te rappelles comment on se marrait ? » À vrai dire, même pas. C'est un lointain souvenir aujourd'hui, qui s'efface au fil des jours. Vous vous amusez beaucoup plus depuis que vous n'êtes plus à la fac, et il y a de bonnes chances que vous vous amusiez de plus en plus chaque jour, et que chaque nouveau moment éclipse complètement le dernier. Vous n'avez pas besoin de vous rappeler de vos extravagances capillaires passées et du riz que vous mangiez tous les jours dans votre studette. Vous n'avez pas besoin de vous rappeler de cet étudiant Erasmus qui vous avait menacé avec un couteau pour une histoire de vaisselle. C'est même une chose que vous souhaitez à tout prix oublier. Et vous vous sentez flotter au loin, comme un souffle dans la nuit, loin de vos souvenirs et loin de votre passé, loin de cette nuit où vous aviez acheté deux carafes de punch pour 7€ et où vous aviez fini par tomber et vous ouvrir les deux paumes dans un urinoir trempé de pisse, en pleurant face à vos mains maculées de sang et d'urine, en hurlant « EST-CE QUE J'AI ATTRAPÉ LE SIDA ? EST-CE QUE J'AI LE SIDA DE LA PISSE ? », avant de traîner votre misérable carcasse à l'infirmerie. Vous n'aviez pas le sida de la pisse. Et cette voix en face de vous résonne, vous arrachant à vos souvenirs dans lesquels vous vous étiez réfugié : « On devrait retourner sur le campus, rien que pour un week-end. Comme au bon vieux temps. » Enfin, vous observez les ridules qui se dessinent sur leur visage, leur coupe de cheveux d'adulte et leur regard qui semble dire « Je peux toujours passer pour un mec de 21 ans, hein ? Je fais jeune ? », ce à quoi vous répondez non.

CES GENS QUI PRÉVOIENT DES TRUCS AVEC VOUS ET QUI FINISSENT TOUJOURS PAR VOUS POSER UN LAPIN, ET VOUS VOUS DEMANDEZ CE QU'ILS PEUVENT BIEN AVOIR À FAIRE DE LEURS JOURNÉES POUR JUSTIFIER LE FAIT QUE VOUS DEVEZ CONSTAMMENT LES PRÉVENIR UNE SEMAINE À L'AVANCE POUR BOIRE UN VERRE AVEC EUX (NOMBRE : 2)
Putain, je suis clairement #149 sur ta liste de 150 potes, arrête de faire semblant que tu m'apprécies assez pour passer une heure entière en ma compagnie.

LES GENS QUE VOUS N'AIMEZ PAS VRAIMENT (NOMBRE : 1-5)
Un jour, vous réaliserez que vous n'avez jamais été seul dans une pièce avec l'une de ces personnes, même s'ils ont débarqué dans votre vie quelques années plus tôt. Vous les voyez tout le temps en soirée. Et puis, un jour, tout le monde sort pour fumer ou chercher à boire, et vous vous retrouvez tous les deux seuls dans une pièce. Petit à petit, la musique se calme et vous faites une découverte terrible – vous abhorrez cette personne et tout ce qu'elle représente. Vous ne savez rien d'elle, et vous réalisez qu'il est bien trop tard pour que vous deveniez vraiment amis. Vous avez au moins cinq personnes comme ça dans votre cercle social – peut-être même 10. Si vous n'en trouvez aucun, c'est que vous êtes l'un d'entre eux.

L'AMI RICHE (NOMBRE : 1)
Voici quelques phrases que l'ami riche peut prononcer : « Je m'en fous, on prend un taxi. Je vais pas attendre un putain de bus. » « Mon dieu, cet endroit c'est comme respirer un seau de merde. Je nous emmène dans un bar à champagne. » [BRUIT DE QUELQU'UN QUI SNIFFE DE LA COCAÏNE TRÈS CHÈRE AVANT DE VOUS EN OFFRIR] « Ahh, la coke ! ». Parfois, ils disparaissent avec l'une de ces personnes bien-nées à qui vous ne ferez jamais l'amour, et vous restez là, à traîner vos guêtres dans l'une de ces soirées huppées où tout le monde porte des costards crème à 8 500€ et des masques vénitiens. Un serveur vient vous rejoindre avec une addition – une addition tellement salée qu'elle est servie dans un plateau d'argent – et vous passez le reste de votre soirée au téléphone avec la Société Générale pour leur demander d'augmenter votre découvert autorisé pour pouvoir payer trois Bellinis pêche à 200€. Pendant ce temps-là, votre ami riche est parti niquer comme un riche, sur des draps en soie qui valent plus cher que votre loyer mensuel.

LA PERSONNE QUI A TOUJOURS DES ÉTAGÈRES A DÉMÉNAGER, SOIT D'UN ENDROIT DE SON APPARTEMENT À UN AUTRE OU DE LA MAISON D'UN VENDEUR DU BON COIN À LA SIENNE – APPAREMMENT, VOUS ÊTES LA SEULE PERSONNE PHYSIQUEMENT CAPABLE DE PORTER CES PUTAINS D'ÉTAGÈRES, CE QUI FAIT QUE VOUS VOUS RETROUVEZ ENVIRON DEUX FOIS PAR AN AVEC LE COIN D'UNE ÉTAGÈRE SUR LA GUEULE, EN VOUS DEMANDANT QUI PEUT BIEN AVOIR BESOIN D'AUTANT D'ÉTAGÈRES DANS SA VIE (NOMBRE : 1)
Pour 30€ de l'heure, n'importe quel être décent peut embaucher un déménageur et son camion – et eux ne demandent pas le faux prétexte de l'amitié, Justine.

Publicité

LES GENS AVEC QUI ON TAPE DES CONVERSATIONS SÉRIEUSES À 5H DU MATIN (NOMBRE : 1-5)
Il y a certaines personnes avec qui vous vous retrouvez à fumer une cigarette aux alentours de 5h du matin, accroupis sur le perron d'un immeuble. Vous échangez quelques banalités, et vous finissez par tout lâcher. Vous parlez de l'accident, des deux jambes que vous avez perdues, du fait que vous ne puissiez plus dormir sans entendre le bruit assourdissant d'une moto qui démarre – et votre interlocuteur hoche gentiment de la tête avant de vous faire un énorme câlin. Alors que le soleil commence à poindre et que les oiseaux s'envolent par nuées dans le ciel, vous rentrez chez vous et vous finissez par vous dire : Merde. C'est qui ce type ?

VOS AMIS FÉRUS DE BASTON (NOMBRE : 1-3)
Ces gens sont très pratiques. Vous avez besoin de gens comme ça, au cas où quelqu'un vous chercherait des noises. Mais dans le fond, ces grosses brutes sont des créatures fragiles, et avant qu'ils ne couvrent vos arrières, il vous faudra leur montrer que vous êtes vraiment copains. Vous devriez prendre des nouvelles au moins une fois par semaine et accepter chacune de leurs invitations Farmville – avant qu'ils ne tournent toute leur agressivité contre vous.

VOS AMIS DE BUREAU (NOMBRE : 10-15)
Les « amis du bureau » peuvent couvrir un éventail d'individus très large. Cela peut aller de la personne que vous saluez chaleureusement dans les couloirs à la personne dont vous ne connaissez toujours pas le nom mais qui insiste régulièrement pour discuter avec vous près de la machine à café. Et c'est toujours difficile de savoir si vous êtes vraiment ami avec un de vos collègues, parce que vous aurez toujours un énorme doute – est-ce que vous aimez vraiment cette personne ou est-ce que vous cherchez juste un partenaire de pause cigarette ? Impossible de savoir. Êtes vous vraiment amis, ou êtes-vous simplement unis par votre haine de l'imprimante du bureau ? Vous ne savez pas vraiment, et vous ne le saurez jamais.

LES POTES DE VOTRE PETIT(E) AMI(E) (NOMBRE : 5-10)
Le sport a été inventé pour donner aux petits copains un sujet de conversation avec les potes mecs de leur nouvelle copine. Si vous vous y connaissez un peu en football, vous devriez vous en sortir facilement. Pour les filles, c'est différent. Tout ce dont une fille a besoin pour se faire accepter d'un groupe de mecs, c'est de descendre une bière et de roter. Tous les hommes sont plus ou moins des chimpanzés, et boire de la bière en rotant est leur manière à eux de se renifler le postérieur. C'est un rite d'intronisation par lequel toutes les nouvelles petites copines doivent passer.

Mais le truc avec les potes de votre petit(e) ami(e), c'est qu'ils sont temporaires : quand vous larguez votre partenaire ou que vous vous faites larguer, vous perdez une dizaine d'amis d'un coup. Mais l'un d'entre eux finira toujours par vous rappeler. Il vous demandera ce que vous faites ce dimanche, et il sera toujours là pour vous, peu importe où vous êtes – il sera là tous les jours, pour toujours.

LES GENS QUI S'EMBROUILLENT AVEC VOUS, PRINCIPALEMENT PARCE QUE LEUR VIE EST CHIANTE (NOMBRE : 5)
Vous avez déjà été dans une situation sociale – à une soirée, dans un bar, devant le bureau en attendant que l'alarme incendie s'éteigne – et aperçu quelqu'un que vous connaissiez au loin. Ils vous font un petit sourire faiblard avant de se barrer sans prendre la peine d'entamer une discussion avec vous. Ces gens ont une dent contre vous. Et ils auront toujours une dent contre vous pour un petit truc stupide – rarement pour une raison valable. Vous avez oublié de leur souhaiter un joyeux anniversaire sur Facebook même si vous leur avez dit en vrai – ce genre de trucs. Vous avez oublié de les inviter à votre dernière soirée. Vous leur avez avoué que leur grand-mère était « une vieille connasse acariâtre » et que vous préfériez mourir écartelé plutôt que de manger une autre bouchée de ses biscuits infâmes – ce genre de trucs.

TOUS LES AUTRES AMIS (NOMBRE : 15, SOIT TOUT CE QU'IL POUR FAIRE UNE LISTE DE 150 PERSONNES HISTOIRE D'ÊTRE EN ACCORD AVEC LE CONCEPT QUI A JUSTIFIÉ CETTE LISTE)
Oh, vous savez lesquels. Ils font ces trucs. Vous savez. Ces trucs que vous n'aimez pas. Terrible, ces gens. Ce sont les pires de tous.

@joelgolby