jeux vidéo

J’ai 33 ans et je trafique des Tamagotchis

On a participé à un workshop pour créer notre propre animal de compagnie virtuel.
17.6.16

Je me souviens encore de ce jour sombre ou mon premier Tamagotchi (たまごっち) est mort pendant l’épreuve de math. Pour tout avouer, j’avais, c’est vrai, quelque peu délaissé la pauvre créature depuis quelque temps. Non pas par cruauté malsaine ou manque d’amour mais plutôt parce qu’à l’époque j’étais persuadé de l’importance capitale qu’allait avoir le brevet des collèges sur ma carrière. Cette semaine, Pixelles Montréal — un collectif soutenant les femmes évoluant dans le milieu du jeu vidéo — m’a offert la chance de revivre une des expériences magiques de mon adolescence : donner de l’affection à un être virtuel.

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C’est avec enthousiasme et curiosité que j’ai donc répondu présent à un atelier offert par cette équipe de geekettes. Un atelier qui permettait de créer une simulation de vie artificielle ludique à l’esthétique ultra-basique en utilisant Stencyl (une plateforme de création très user-friendly permetant de développer des jeux 2D pour plateformes OS, Android, Flash, Windows & Mac sans pour autant savoir coder). Du bon gros WYSIWYG (What You See Is What You Get) comme on l’aime.

Je me suis donc rendu à la Maison Notman uniquement armé de mon ordi, un café latté glacé et pas mal de nostalgie. Arrivé sur place, il était assez amusant de lire l'excitation sur les visages d’une audience constituée majoritairement de filles dont certaines d’entre elles n’ont certainement dû connaître que les versions 2.0 voire 3.0 de l’animal en pixels. Un peu perdu, je tente d’engager la conversation avec ma voisine, nous ne parlerons malheureusement que Tamagotchi.

Pour commencer, le workshop revient sur les bases, les concepts et aussi étonnant que cela puisse paraître, sur l’UX de ce jouet complètement pété. Ce n’est qu’après cet épisode un peu long qu’on a pu passer sut Stency afin d’y créer “les boîtes” qui allaient faire évoluer notre bestiole de son œuf jusqu’au stade adulte. Il faudra bien entendu outrepasser l’aspect visuel, se pencher sur le back-end et jouer avec les statistiques et les algorithmes pour contrôler les différents états et comportements qui contribuent au développement et au bien-être de votre “bébé”.

Même dieu ne pourrait pas donner la vie à une créature en si peu de temps. Cependant, la courte introduction de deux heures nous a quand même permis d’aborder les fonctions élémentaires et donc de générer un Tamagotchi super rapidement. Ce dernier, ne manquera pas dès lors d’envahir votre smartphone et votre ordi à grands coups de notifications pour mendier de l’amour et de la bouffe. Si en quelques minutes nous avons pu générer la bestiole et son environnement, Il en faudra cependant beaucoup plus pour y ajouter les actions vitales : manger, jouer, dormir et faire caca — tous ces précieux moments qui donnent tout son sens à la vie. Bref, faire un Tamagotchi avec Stencyl demande un peu de patience et de logique. Si vous n’avez ni l’un ni l’autre, rabattez-vous sur eBay.

Si tu veux en savoir plus sur comment créer ton propre Tamagotchi toutes les informations seront mises en ligne ici d’ici peu. Suivez l’actualité des Pixelles en cliquant ici.

Pixelles est un organisme sans but lucratif dédié à appuyer les femmes qui veulent faire et changer les jeux, fondé par Tanya Short and Rebecca Cohen-Palacios. Pixelles organise des ateliers gratuits mensuels, un programme de conseil pour les femmes du jeu vidéo en herbe, des game jams, et plus encore.