Pourquoi il faut supprimer le mot de passe de son WiFi après un tremblement de terre

Donner un libre accès à son réseau WiFi, peut être capital quand on se trouve dans une zone touchée par une catastrophe.

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24 Août 2016, 1:45pm

Foto via Flickr

Cet article a d'abord été publié sur la version italienne de VICE News


Dans les heures qui suivent une catastrophe naturelle comme celle qui touche l'Italie ce mercredi (mais on peut aussi dire la même chose en cas d'attaque terroriste) les lignes téléphoniques sont bien souvent saturées. Sur les lieux d'un drame cela peut compliquer l'accès aux informations pour les rescapés, empêcher les communications entre les victimes, leurs proches et les secours.

Dans le cas d'une catastrophe naturelle type séisme, les lignes de communications peuvent être détruites physiquement ce qui limite logiquement la portée des téléphones. Mais il y a aussi une raison pratique : quand des milliers de personnes appellent au même moment pour se donner des nouvelles depuis leurs portables, le réseau peut rapidement atteindre ses limites.

Voilà pourquoi donner un libre accès à son réseau WiFi, en supprimant son mot de passe, peut s'avérer être capital quand on se trouve dans la zone touchée par une catastrophe.

Ainsi, dans les premières heures qui ont suivi le tremblement de terre qui a dévasté ce mercredi une grande partie du centre de l'Italie, diverses institutions ont diffusé un appel à ouvrir les connexions WiFi privées pour faciliter l'accès à WhatsApp, Facebook Messenger, Telegram, Skype et autres services de communication qui fonctionnent sans réseau téléphonique.

Ainsi la région du Latium a plaidé pour le retrait des mots de passe, tout comme le Conseil National des Géologues, une institution publique qui siège à Rome et qui coordonne le travail des géologues italiens :

La Croix Rouge a pour sa part diffusé un guide expliquant comment retirer le mot de passe de son WiFi.

Le rôle du WIFI lors des catastrophes naturelles a fait l'objet d'études et d'analyses scientifiques ces dernières années.

Il en ressort que garantir l'accès au web pour les populations frappées par un tremblement de terre est primordial pour plusieurs raisons : en premier lieu cela permet évidemment de communiquer sa position, de demander de l'aide, de signaler des situations périlleuses, de rassurer ses proches.

Dans un second temps, cela permet d'accéder à des informations essentielles : interventions en cours, mesures d'évacuations, initiatives d'entraide, collecte de nourriture ou de sang.

Toutefois, débloquer son WiFi n'est pas sans risque. Les données transmises sont de fait moins protégées, c'est pourquoi il est conseillé de ne pas faire d'opérations sensibles dans le laps de temps où son réseau est ouvert aux autres : pas de consultation de mails ou de ses comptes bancaires. "Ouvrir son WiFi, c'est une grosse faveur faite aux citoyens : nous devons prendre en compte l'existence de [comportements] malintentionnés et nous comporter en conséquence" expliquait à Focus Antonio Forzieri, expert en sécurité informatique pour Symantec.

Le réseau Mesh

Le WiFi n'est pas la solution miracle en cas de désastre. Il repose lui aussi sur des installations physiques (routeurs, modems, lignes) qui peuvent être détruites et inutilisables. Par exemple, ce mercredi matin la commune d'Amatrice était totalement dans le noir.

D'autres systèmes sont à l'étude. Une piste étudiée dans plusieurs centres et laboratoires de recherche, c'est le réseau "mesh". Ce type de réseau repose sur un système de maillage plus décentralisé et autonome qui fait de chaque noeud du filet un receveur, un transmetteur ou un émetteur, en fonction des besoins. Un des projets les plus intéressants est en développement, il s'appelle "Disaster mesh" et son but est "d'aider et connecter les survivants" de catastrophes naturelles.

Le fonctionnement de Disaster Mesh est le suivant : on bombarde par les airs une multitude de petits objets connectés au-dessus d'une zone de catastrophe. Ces objets créent un réseau qui permet aux survivants de se connecter et de se signaler aux secours.

D'autres encore planchent sur des systèmes reliant les appareils via Bluetooth pour créer un réseau alternatif en cas de catastrophe.


Cet article a d'abord été publié sur la version italienne de VICE News

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Photo par Matt Biddulph via Flickr en Creative Commons