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Sports

Les supporters strasbourgeois ne veulent plus chanter

Cette « grève des chants » a pour objectif de soutenir 49 ultras interdits de déplacements pendant trois mois. Et contre le PSG, le parcage visiteur du Parc, pourtant plein à craquer, est resté silencieux.

par Louis Dabir
16 Septembre 2019, 9:09am

PHOTO PATRICK HERTZOG / AFP

Samedi 14 septembre, 17h30, Parc des Princes. Le Paris Saint-Germain accueille le RC Strasbourg pour le compte de la cinquième journée de Ligue 1. Près de 650 supporters alsaciens remplissent le parcage visiteur de l’enceinte parisienne. Pendant que le Collectif ultras Paris met l’ambiance et réserve un accueil mouvementé à la star brésilienne du PSG, les fans strasbourgeois, pourtant habituellement chauds, ne chantent pas.

Et durant trois mois, il n’y aura plus de chants lors des matches à l’extérieur de Strasbourg. La raison ? Se montrer solidaire des 49 supporters strasbourgeois – membres des UB 90, KCB et FSRCS – interdits de déplacements pendant 90 jours. Les faits remontent au samedi 16 mars 2019. Ce jour-là, Nîmes accueille Strasbourg et 88 supporters alsaciens font le déplacement. Sauf que la préfecture du Gard publie deux jours avant la rencontre un arrêté interdisant aux supporters alsaciens de se rendre en gare de Nîmes. Tous se font intercepter par les forces de l’ordre et sont renvoyés à Strasbourg.

Au mois d’août, le couperet tombe : 49 supporters sont interdits de déplacements en France et sont obligés de pointer au commissariat lors des matches de Strasbourg à l’extérieur. Une décision considérée par les ultras strasbourgeois comme « abusive ». Quatre-vingts supporters se sont d’ailleurs rassemblés pacifiquement devant l’hôtel de police de Strasbourg, samedi avant le coup d’envoi de la rencontre, pour montrer leur soutien aux interdits de déplacements. À la 49 e minute du match, leurs homologues présents au stade se sont réveillés pour eux aussi soutenir les leurs, en chantant « Libertés pour les ultras » 49 fois. Avant de la remettre en sourdine, au grand dame des certains supporters présents au Parc, notamment ceux de la Section paname des supporters du RC Strasbourg : « Bien sûr que nous aurions aimé chanter et supporter notre équipe, mais nous sommes solidaires des 49 interdits de déplacements », nous a affirmé le responsable de la Section paname. Malgré la frustration de devoir se taire, tous ont cru jusqu'au bout que leur équipe allait tenir en échec le PSG.

Jusqu'à la 92e minute et ce retourné de Neymar, passé instantanément de paria à héros.

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