La Corée du Nord a testé un missile qui pourrait atteindre l'Alaska

Probablement lancé ce mardi pour coïncider avec la fête nationale américaine, le missile Hwasong-14 a été tiré depuis la base aérienne de Banghyon.

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04 Juillet 2017, 1:10pm

Le leader nord-coréen, Kim Jong-un, a annoncé ce mardi le premier test réussi d'un missile balistique intercontinental, en précisant que cette arme pouvait « atteindre n'importe quel pays du monde ». Après qu'un expert ait indiqué qu'un missile semblable pourrait atteindre l'Alaska, le président américain, Donald Trump, a réagi sur Twitter : « Ce mec n'a rien de mieux à faire de sa vie ? »

Probablement lancé ce mardi pour coïncider avec la fête nationale américaine, le missile Hwasong-14 a été tiré depuis la base aérienne de Banghyon, située dans la ville de Kusong. Il a volé 930 kilomètres avant de s'écraser en mer, entre la Corée du Nord et le Japon, d'après l'armée sud-coréenne. Le commandement américain de la zone Pacifique a suivi le missile pendant 37 minutes avant qu'il plonge dans la mer du Japon. Pour les Américains, il s'agit d'un missile « à portée intermédiaire basé à terre ».

« En tant qu'État nucléaire puissant, possédant les meilleurs missiles balistiques intercontinentaux, la Corée du Nord va mettre un terme aux menaces nucléaires émanant des États-Unis, » a rapporté la Télévision centrale coréenne. D'après l'agence de presse d'État nord-coréenne KCNA, le test a été « conduit sous la direction personnelle de Kim-Jong-un. »

Alors que les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud alertent depuis des années sur la menace que pose la Corée du Nord avec ses essais de missiles, des experts pensaient que Pyongyang était encore loin d'avoir un missile à tête nucléaire capable d'atteindre les États-Unis. Le test de ce mardi va sans doute inviter ces experts à revoir leurs prédictions.

David Wright, le co-directeur du programme pour la sécurité mondiale de l'Union of Concerned Scientists, a indiqué que le missile avait une trajectoire lobée, atteignant une altitude de 2 700 kilomètres. Il a précisé que si le missile était tiré selon une trajectoire normale, il pourrait atteindre les États-Unis.

« Si les informations communiquées sont correctes, le même missile pourrait toucher un point dans un rayon de 6 700 kilomètres en suivant une trajectoire standard, » a dit Wright. « Cette portée ne sera pas suffisante pour atteindre les 48 États américains situés au sud du Canada, ou les îles d'Hawaii, mais le missile pourrait atteindre l'Alaska. »

Joseph Dempsey, un expert de l'International Institute for Strategic Studies, pense que si le missile a volé 37 minutes, cela signifie que c'est un test pour « quelque chose de plus important ».

Sur Twitter, Trump s'est demandé combien de temps le Japon et la Corée du Sud allaient tolérer cela, tout en essayant d'obtenir le soutien de la Chine.

La Corée du Nord vient de lancer un autre missile. Ce type n'a rien d'autre à faire de sa vie ? Difficile de croire que la Corée du Sud et le Japon vont tolérer ça longtemps. Peut-être que la Chine va prendre une décision sur la Corée du Nord, pour mettre fin à cette mascarade, une fois pour toute !

Si Trump et le président chinois, Xi Jinping, ont connu une rapide lune de miel, les relations entre Pékin et Washington, D.C. se sont détériorées ces dernières semaines, alors que Trump commence à manquer de patience.

Ce mardi, le gouvernement chinois n'a pas semblé suivre le conseil de Trump, en appelant au calme et à la retenue suite au test nord-coréen, se contentant de déclarer que le pays était contre la violation de ces règles par Pyongyang. La Chine souhaiterait maintenir un statu quo dans la péninsule coréenne, puisqu'une guerre serait mauvaise pour toute la région, et notamment la Chine.

En Corée du Sud, le nouveau président, Moon Jae-in, qui essaye d'ouvrir un canal de communication avec Pyongyang, a averti son voisin, lui conseillant de ne pas franchir la « ligne rouge » et précisant ne pas savoir ce qui pourrait arriver à l'État ermite s'il continuait ses provocations. « J'espère que la Corée du Nord ne va pas franchir le point de non-retour, » a dit Moon lors d'une rencontre avec l'ancien Premier ministre britannique, David Cameron.

La Corée du Nord n'a pas le droit de développer et de tester des armes balistiques à cause des sanctions imposées par les Nations unies. Mais Pyongyang a accéléré les tests de missiles en 2017. Le test de ce mardi est le 14ème de l'année.


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