Quand un skatepark africain est financé par une rave bruxelloise

L’ONG Concrete Jungle Foundation (CJF) a organisé avec le collectif LifeStage une soirée secrète au bénéfice d’un Skatepark en Angola.

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juin 19 2018, 10:17am

« Une rave de charité », voilà un concept de soirée clandestine peu commun au monde de la nuit bruxelloise. Et pourtant. Un mot de passe soufflé à l’oreille du portier et cinq euros – pour un ticket de tombola – plus tard, quelques deux-cents raveurs descendent l’escalier qui les mène danser dans la pénombre de la cave. Les murs trembleront jusqu’au petit matin au rythme de l’acide techno, du gabber et de la DnB. Un cocktail détonnant pour la bonne cause.

En plus de ses DJ résidents, LifeStage invite aux platines des membres actifs de la scène alternative bruxelloise, à savoir Xiegua et Nidrevium de Mentality, Rhumble, Basic Feelingset Ziff. Et pour être sûr de ne rien oublier, le tatoueur Max inscrit à tout jamais dans la peau des fêtards – consentants bien sûr – les vestiges de cette soirée.

Clément Taquet, co-fondateur de la Concrete Jungle Foundation, est parti vivre en Amérique Latine après ses études à l’IHECS. « Au Pérou, je suis carrément déconnecté de la culture musicale belge. Donc je suis LifeStage de près pour garder un lien avec le microcosme culturel bruxellois. Il m’a semblé évident de monter une récolte de fonds avec eux. » Clément a pas mal trainé avec les membres du collectif avant de partir au Pérou. « Puis finalement, ça plaît aux gens de faire la fête et parfois même de donner un peu de thune quand il y a une vraie démarche sociale derrière. »

Effectivement, le public de LifeStage correspond plutôt bien à l’image de la CJF. « LifeStage se situe du côté alternatif de la scène bruxelloise et vise une communauté plus encline à comprendre les bienfaits que le skate peut apporter aux enfants. Puis, le skate est quand même né dans la rue. La cave, c’était un lieu incroyable pour organiser cet événement. Ça faisait vraiment sens ! »

Au Pérou, Clément se met à réparer des rampes de skateboard lorsqu’il rencontre Harry Gerrard, avec qui il fonde la CJF. Grands passionnés de skate, ils mettent au point cette combine leur permettant de faire de leur passion un métier tout en créant une réelle opportunité pour les enfants du pays. « Le skate, c’est une vraie source d’épanouissement pour les enfants des pays en voie de développement. »

Tout commence en 2016, quand ils trouvent une école intéressée à l’idée d’un partenariat. Ils lèvent des fonds, trouvent un terrain, rassemblent quelques volontaires et c’est parti ! « Au Pérou, tout est très simple au niveau de l’organisation. Quelques poignées de mains suffisent pour que les gens vous fassent confiance. » À peine quelques mois plus tard, les élèves de cette petite école de Trujillo peuvent profiter d’un skatepark flambant neuf, et surtout, d’un programme d’accompagnement mis en place par la CJF.

L’ONG ne se contente pas de construire un skatepark et puis basta. Non. Parallèlement, un programme axé sur le développement personnel est mis en place afin d’accompagner les petits skateurs. « Cela permet de sortir les enfants de la violence de la rue. Une fois qu’ils intègrent cette structure, ils deviennent plus assidus à l’école et ils voient d’eux-mêmes les bénéfices que ça leur apporte. À travers le skate, on arrive à les toucher sur des problématiques essentielles telles que le développement personnel, l’égalité homme femme, le respect, le partage. »

Une fois mis en place, le projet est délégué à une ONG locale qui assure son bon fonctionnement et le suivi du programme. Les locaux prennent la relève et le projet doit pouvoir rouler tout seul. « Au Pérou tout va pour le mieux. Au début, 40 enfants ont rejoint le programme. Aujourd’hui, ils sont 72. L’école est contente, les résultats scolaires des enfants s’améliorent. Ce qui est d’ailleurs logique : quand tu vas à l’école tous les jours, les notes suivent. »

Prochaine destination, l’Angola. Un pays à peine sorti d’une guerre civile où les inégalités font rage. Mais pour l’équipe de la CJF, c’est une aubaine. « Le skatepark que nous allons construire à Luanda est le premier d’Angola, ce qui nous plaît énormément ! » Le début du chantier est prévu pour le mois de novembre.

Pour soutenir la Concrete Jungle Foundation et leur projet en Angola, c’est ici.

Suivez également LifeStage sur leur site web ou sur Facebook.

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