Clubber jusqu’au petit matin, mode d'emploi

C’est un peu comme de se réveiller à côté de quelqu’un qu’on aime, sauf qu’il y a plus de monde et que personne n’a dormi.

Il n’y a rien de mal à abandonner le navire à minuit, si c’est votre truc. Mais il existe un certain sentiment d’accomplissement, de fierté même, qui survient lorsqu’on réussit à pousser la teuf jusqu’au lever du soleil, voire jusqu’au déj le lendemain.

Il s’agit d’être impressionné par son propre corps et de lui en être reconnaissant. Cette enveloppe qui craque tous les matins et vous lance dans le bas du dos, celle-là même a réussi à passer une nuit complète à virevolter. Dingue, non ? C’est également un petit doigt d’honneur aux besoins biologiques, aux normes sociales et aux habitudes capitalistes. Non, je n’ai pas eu mes huit heures de sommeil réglementaires. Oui, je sais que beaucoup de gens pensent qu’ils ont mieux à faire. Et oui, peut-être que je me ferai porter pâle au travail. Guess what ? Je n’ai aucun regret et je recommencerai probablement dès que l’occasion se représentera.

Le plus chouette, du moins à mon avis, c’est le sentiment collectif de réussite, celui qui émane parmi les survivants du dancefloor que nous sommes. On a réussi, et on est heureux d’y être arrivés. C’est un peu comme de se réveiller à côté de quelqu’un qu’on aime, sauf qu’il y a plus de monde et que personne n’a dormi.

Si vous avez toujours rêvé de danser jusqu’au lever du soleil, j’ai une bonne nouvelle pour vous : c’est une compétence qui s’apprend. Je le sais parce que c’est une compétence que j’ai apprise. Au cours des dernières années, j’ai eu la chance de me retrouver dans des teufs que je ne voulais absolument pas quitter. Je suis passée d’un état de choc à une curiosité dévorante, puis à une jalousie un peu amère à la vue de ces autres capables de faire durer la fête. Je fais maintenant partie de ce groupe sélect pour qui la véritable fête commence réellement à 6 heures du matin. Me voici donc heureuse de partager avec vous quelques conseils recueillis auprès de ces personnes qui m’ont tout appris.

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Mais tout d’abord, perçons l’abcès. Bien sûr, certaines personnes s’envoient diverses drogues pour tenir debout pendant les raves, les festivals et les afters du week-end. La MDMA est sans conteste le choix le plus populaire, au coude-à-coude avec la cocaïne. Il existe cependant d’autres moyens pour faire durer la fête, croyez-moi.

Le son est la clé

Le facteur le plus important pour danser toute la nuit est peut-être d’aimer la musique sur laquelle vous dansez. Oubliez le fait de rester debout jusqu’au lever du soleil : si on ne vous sert pas la bonne musique, il vous sera même difficile de survivre à la première heure.

Bien sûr, la notion de « bon » son dépend de vos goûts. Il y a des gens qui aiment la house tandis que d’autres préfèrent la dark techno. Certains se délectent d’un voyage à travers les genres pendant qu’ils se frayent un chemin dans la nuit, puis se défoulent sur des bangers très énergiques à l’approche du lever du soleil.

Trouver la bonne musique veut dire trouver les bons clubs, festivals et DJs. Vous aimez l’énergie des soirées Elephant aux Philippines, les vibrations organiques du club Equation au Viêt Nam ou les beats du festival Mihn à Hong Kong ? Mettre la main sur les soirées, les endroits et les foules qui vous correspondent peut prendre du temps, avec en cours de route pas mal d’essais peu concluants, mais il faut vous accrocher. 

Le sommeil est l’ennemi, la sieste un allié

Un autre secret pour rester debout toute la nuit est, tadahhh, de rester à l’intérieur toute la journée. Je ne suis pas biologiste, mais ces mathématiques me semblent assez basiques : moins vous dépensez d’énergie avant de partir en soirée, plus vous en aurez en stock pour faire la fête.

La veille d’une rave, par exemple, je m’accorde une bonne vieille grasse mat’ après que mon réveil ait sonné à son heure habituelle. Ensuite je fais un peu de musculation, juste pour pouvoir m’envoyer un repas hyper fat et faire une longue sieste l’après-midi. Si la rave a lieu le week-end et que j’ai déjà eu une semaine chargée, je peux éventuellement skipper la séance d’entraînement. L’astuce, c’est de vous lever le plus près possible de l’heure à laquelle vous voulez commencer la rave.

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Si vous n’avez pas eu l’occasion de faire la sieste pendant la journée, ne vous inquiétez pas : vous pouvez tout aussi bien faire une petite sieste en pleine nuit.

Je me rappelle qu’une fois, alors que je rejoignais des potes dans un festival après avoir dormi une nuit complète, quelqu’un m’a demandé ce qui m’avait pris tant de temps. Ils m’avaient vu rentrer au camping la nuit précédente, mais pensaient que j’allais seulement m’y reposer quelques minutes puis revenir. Une sieste intra-teuf, pour ainsi dire. « Les gens font ça ? » j’avais demandé, éberluée. Apparemment oui. Maintenant, moi aussi.

Commencez tard

Ce que vous allez faire pour commencer le plus tard possible ne dépendra que de vous. Vous pouvez jouer à l'ermite et arriver au club après minuit. Vous pouvez également organiser un dîner à rallonge avec vos potes avant de sortir. Peu importe, du moment que vous arriviez à la fête et que vous y restiez jusqu’au premier rayon de soleil. Parce que sinon, à quoi bon ? 

Mangez un truc, par pitié

Il existe une légende urbaine qui stipule que prendre des drogues sur un estomac vide amplifie la défonce. Je ne suis pas sûre de ça. Mais vous savez ce qu’un estomac vide amplifiera à tous les coups ? La fatigue.

Envoyez-vous un repas bien calibré avant de partir en soirée. Pas trop léger (il doit vous fournir l’énergie nécessaire pour danser), mais pas trop lourd non plus (il ne doit pas vous donner envie de gerber au moindre trémoussement). Dans ce cas, vous allez vraiment devoir quitter la soirée bien plus tôt que prévu.

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Pendant que vous y êtes, buvez de l’eau. Certains clubbeurs ont toujours des pastilles de réhydratation dans leur sac banane pour contrer la perte en eau liée à la transpiration (et si la soirée est bonne, vous allez transpirer).

Ayez une trousse de premier secours

Un nez bouché, de l’hyperacidité, les yeux secs, les bleus, les coupures et les échardes… Tant de réalités corporelles qui peuvent ruiner votre mojo.

Je ne suis pas médecin (ni docteur en quoi que ce soit, d’ailleurs), mais je n’ai jamais vu personne regretter d’avoir à portée de main des antihistaminiques, des antiacides, des gouttes pour les yeux, des pansements ou tout autre médicament en vente libre pendant une soirée. Ils peuvent non seulement sauver votre nuit, mais aussi celle de quelqu’un d’autre. 

Tout est une question de rythme

Si vous allez aux bonnes soirées, il y a de fortes chances que vous soyez tout excité d’y arriver. Mais la fête deviendra encore plus excitante si vous jouez bien vos cartes. Ne passez pas de zéro à cent BPM dès le début, vous vous épuiserez rapidement. Faites comme tout bon DJ et commencez en douceur pour envoyer petit à petit.  

Échauffez-vous avec des danses modérées (n’oubliez pas vos douleurs dorsales), choisissez les tracks qui vous font vibrer et accordez-vous des pauses tout au long de la soirée. 

Enfilez quelque chose de confortable

Choisir la bonne armure est la moitié de la bataille.

Portez quelque chose qui vous permettra d’être à l’aise et de rester au chaud et/ou au frais tout au long de la nuit. Il peut s’agir d’un kimono aérien, d’un long caftan ou encore d’un harnais et d’un jockstrap. Si vous pouvez porter ça une dizaine d’heures sans en souffrir outre mesure, faites-le.

Cependant, il ne suffit pas d’être bien dans une tenue. Il est également intéressant de savoir si elle vous met en valeur. Plus vous vous sentirez bien dans votre peau, plus vous aurez envie de rester longtemps. CQFD.

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