Dans les fêtes ultra secrètes de l’université d’Oxford

« J’ai vu ma petite amie s’envoyer en l'air avec une autre fille sur la scène, devant une foule en délire. »

L’université d’Oxford, au Royaume-Uni, est un établissement prestigieux qui attire les étudiants les plus cool et les plus riches du monde entier. Si vous y êtes et que vous avez de la chance, ou plutôt des connaissances, vous pourrez accéder à des endroits auxquels personne ne peut accéder.

Lors de ma deuxième année sur le campus, une de mes amies a reçu une invitation  privée au bal Piers Gaveston, connu des étudiants sous le nom de « Piers Gav ». L’enveloppe tant convoitée était nichée entre des papiers dans son casier comme un ticket d’or pour la chocolaterie de Willy Wonka. Moi qui venais d’une école publique de Cornouailles, je n'en avais jamais entendu parler. Mais pour les élèves issus du privé, cet événement avait un statut quasi mythique.

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Entouré de mystère, le Piers Gav est une fête top secrète et apparemment très débauchée à laquelle peu de gens ont la chance d’être invités. Mais ces dernières années, il a fait l'objet d'intenses spéculations de la part des tabloïds. Hugh Grant et Nigella Lawson ont tous deux été photographiés en train d'y assister, et c'est pendant le Piers Gav que l’ancien Premier ministre britannique David Cameron aurait introduit son sexe dans la bouche d'un cochon mort.

Megan, qui s'est rendue au Piers Gav à plusieurs reprises lorsqu'elle était à Oxford, explique que « tout le monde doit signer un accord de confidentialité » avant d'y aller. Vêtues de lingerie et d'accessoires de bondage, les personnes sélectionnées sont emmenées dans un bus aux vitres noires jusqu'à un belvédère à l'extérieur de la ville. Une fois sur place, leurs téléphones sont confisqués pour préserver le secret absolu.

Jasmine y a été invitée par une amie un été. « Le thème était "médiéval", alors j’ai mis de la dentelle noire sexy sous une robe argentée qui ressemblait à une armure, raconte-t-elle. Nous avons pris le bus en ville et roulé jusqu’à un champ au milieu de nulle part. » Elle se souvient qu’il y avait beaucoup de drogues. « Il y avait différentes tentes : une tente pour danser, une tente lounge pour discuter, quelques tentes pour baiser et une tente pour se droguer, raconte-t-elle. Le bar proposait tous les types d'alcool et un dealer fournissait toutes les drogues que vous vouliez. » 

Le Piers Gav a lieu trois fois par an : au printemps, en été et à Noël. Il est organisé depuis près de 50 ans par les membres de la Piers Gaveston Society, une société privée qui a ses racines dans l'élite aristocratique britannique. Le chevalier Piers Gaveston, dont le comité tire son nom, aurait été l'amant du roi Édouard II au XIVe siècle. 

Seuls les membres du club sont autorisés à distribuer des invitations. Le « cercle intérieur » invite 12 personnes, qui, à leur tour, invitent chacune 25 autres personnes. On ne connaît pas les critères de sélection des invités, mais ce sont généralement des amis proches des membres. Bien sûr, tout n’est que réseau : la majorité des participants au bal ont fréquenté la même poignée d'écoles privées.

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Comme toutes les fêtes, le Piers Gav est l'occasion de flirter et de se lâcher. Selon Jasmine, il s'agit essentiellement d'une orgie. « Il y avait des gens qui baisaient un peu partout, mais il faisait plutôt sombre, donc on ne voyait pas grand-chose, se souvient-elle. Une fille faisait une partouze avec deux mecs en plein milieu d'une tente. Même si je ne suis pas à l'aise pour faire ce genre de choses en public, ça ne m’a pas dérangée sur le moment. L’atmosphère était vraiment détendue. »

Felicity y est allée avec son petit ami. Elle me raconte que le bal de Noël se déroule souvent dans un immense manoir, au lieu des tentes habituelles. « Un couple nous a proposé d’aller dans une autre pièce pour faire un truc à quatre. Nous avons poliment refusé, dit-t-elle en riant. Plus tard, un ami m'a raconté qu’au moment où il se faisait tailler une pipe, il a levé les yeux et croisé le regard de son propre cousin, qui était en train de baiser dans la même pièce. Il a perdu son érection instantanément. »

Beth, une autre invitée, s’est toujours sentie isolée à Oxford. Son séjour au Piers Gav n'a pas non plus été particulièrement agréable. Elle y est allée avec sa petite amie de l'époque. « Je l’ai perdue de vue à un moment donné et, quand je suis entrée dans la tente principale, je l’ai vue s'envoyer en l'air avec une autre fille sur la scène, devant une foule en délire. J'étais hyper énervée, mais j’avais peur de réagir de manière excessive et de casser l’ambiance de la soirée. »

Si le Piers Gav est toujours d'actualité, c'est aussi une relique du passé étrange d'Oxford. Quand je suis arrivée en tant que nouvelle recrue, j’étais nerveuse à l'idée de ne rencontrer que des mini Boris Johnson et des mini Tony Blair. En réalité, la plupart de mes camarades étaient aussi timides que moi et n'avaient entendu que des rumeurs sur le Piers Gav. Aucun d’entre eux n’y était allé.

Le véritable attrait du Piers Gav réside dans le mythe sexy, le mystère et l'idée d'un « cercle intérieur » puissant. Dans une université remplie de jeunes qui ont passé toute leur vie à se faire dire qu'ils étaient spéciaux, c'est un moyen de s'accrocher à la supériorité et de continuer à se sentir membre de l'élite. Vous devez être important – vous avez été invité à une fête dont toute l'université parle, après tout.

Mais si l'on y réfléchit bien, le Piers Gav n'a rien de spécial. Des gamins huppés qui se droguent, on en voit tous les jours. N'oubliez jamais que vous pouvez baiser avec des inconnus et prendre de la coke à n'importe quel moment de votre vie, à condition de trouver le bon sous-sol. Pas besoin d’aller à la fac pour ça.

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