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Ufomammut s'apprête à vous inhumer sous mille méga-tonnes de ciment cosmique

Le trio italien a répondu à nos questions et nous a envoyé un extrait de son prochain album, « Ecate ».
3.3.15

Le bon sens n’a jamais été le truc d’Ufomammut. Pas vraiment doom, pas complètement prog, pas exactement expérimentale, mais toujours complètement dingue, la musique des italiens a encore pris un nouveau tournant avec Eve et le deux disques qui forment le projet Oro (Oro: Opus Primum et Oro: Opus Alter). Le 30 mars prochain, le groupe élargira encore le spectre de sa discographie avec son nouvel album Ecate, qui sortira sur Neurot Recordings et que vous pouvez d'ores et déjà pré-commander.

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Poia, Vita et Urlo, les trois membres du groupe, nous en ont dit un peu plus sur Ecate, dont vous pouvez écouter ci-dessous le premier extrait, « Plouton ».

Noisey : Après un album basé sur Eve et un double album dont le sujet central était l’Or, vous vous apprêtez à sortir Ecate. C’est quoi le concept derrière ce nouveau projet ?
Poia : C’est un hommage à Ecate, la déesse grec de la lune, c’était une figure féminine controversée qui a traversé différentes mythologies depuis le début de la civilisation humaine. Urlo : Dans tous nos albums, tu trouveras cette idée de rébellion et de connaissances. Tous nos albums sont en quelque sorte des hommages à ces personnages qu’on a diabolisé à travers des siècles d’ignorance… Comme on l’entend dans « Temple », qui se dénote vraiment des autres morceaux que vous aviez fait auparavant, les chants sont plus prononcés. Est-ce que ce sera l’une des caractéristiques de Ecate ? Qu’est ce qu’on peut attendre de nouveau sur cet album par rapport aux précédents ?
Poia : On a essayé de se concentrer davantage sur la progression de chaque morceau, en essayant d’équilibrer notre coté heavy avec une approche plus psychédélique. On a beaucoup travaillé le son et les effets dans le but de se rapprocher au maximum de notre vraie nature, de la vraie nature d’Ufomammut. On a enlevé tout ce qui était superflu pour être plus direct. Vita : Ecate est bien plus heavy que nos albums précédents et il est un peu plus complexe. Il a aussi un coté plus metal qu’on ne retrouve pas dans les autres albums. Urlo : Comme l’a dit Vita, Ecate est vraiment différent de nos albums précédents. Il est plus complexe et la structure des morceaux propose différentes approches sonores qu’on a essayé d’explorer. J’ai aussi énormément travaillé sur le chant pour l’album. Je suis bien content que tu ais pu le noter, d’ailleurs. J'ai aussi l'impression que vous avez été très perfectionnistes et que vous avez apporté encore plus d'attention aux détails que par le passé.
Vita : On apporte toujours beaucoup d’importance au moindre détail. Il arrive souvent qu’on change de beat ou de riff alors qu’on est en train d’enregistrer. Urlo : Depuis le début, le son a toujours été au centre de notre travail. On a rencontré plusieurs mecs en tournée qui nous ont beaucoup aidé sur ce point. Poia : On fait attention à tout. On est perfectionnistes, ça c’est sûr… Mais à notre manière. On n’est pas non plus des scientifiques qui analysent tout dans les moindres détails. On laisse toujours un peu de place, de blanc, pour des changements ou des improvisations qui peuvent arriver.

Urlo : On est les perfectionnistes les plus bordéliques que je connaisse. En fait, on est juste très concentré sur ce qu’on fait. On ne considère que le travail est vraiment fini qu'une fois que le morceau est sorti. Mais quand on joue en live, on peut y apporter des modifications.

Justement, il y a énormément d’impro dans vos jams sur scène. J'imagine que ça doit être pareil en répétition ?
Vita : C’est le secret. On peut composer des morceaux seulement quand on est tous ensemble dans notre salle de répét. On joue, et quand on tient un bon riff ou un bon beat on commence à travailler dessus. On ne prévoit rien à l’avance. Poia : Les répétitions sont un point fondamental de la composition. On construit un idée à partir d’un riff… et c’est aussi super important d’enregistrer nos répétitions, pour voir ce qui va et ce qui ne va pas. Pour Ecate on a réalisé une pré-production avant d’aller en studio, pour y ajouter les voix et les synthés. Urlo : Il y a toujours une part d’improvisation lors de laquelle on va jeter les bases de la construction du morceau. Ensuite il y en a une deuxième pendant laquelle on pense au chant, aux synthés et à comment harmoniser le tout. On voit ce qui est bien et ce qu’on doit jeter. Qu’est-ce qui est intéressant dans le rock Italien aujourd’hui ?
Vita : En Italie, il y a quelques groupes mais la scène rock n’est pas très développée. On a eu de très bons groupes, surtout pendant les années 70. Mais aujourd'hui, les gens se tournent plus vers des conneries pop ou des musiques italiennes à chier. Poia : On connait personnellement quelques bons groupes en Italie comme The Secret, Ovo, Lento, Zu, Morkobot, I.C.O, Runi… Urlo: Et ça va encore continuer, il suffit de gratter un peu.

L'artwork est un élément auquel vous accordez aussi énormément d’importance.
Poia : Toutes les couvertures de Ufomammut sont de vrais concepts graphiques. J’aime dessiner et j’aime les covers avec des illustrations comme celle de In The Court of The Crimson King de King Crimson ou In Search Of Space de Hawkwind. Mais si je devais n'en garder qu'un, j'opterais pour le photographe Strom Thorgerson. Il a réalisé l’une de mes pochettes préférés, celle de Atom Earth Mother de Pink Floyd. Urlo : Poia, moi et Lu (qui s’occupe plus directement des visuels du groupe) formons le collectif Malleus, avec lequel nous faisons énormément d'illustrations et de sérigraphie, de posters. On a commencé la musique et l’art graphique en même temps, et ces deux formes d’expression ont évolué ensemble. On a toujours fait attention au visuel. Si vous voulez en découvrir plus sur notre travail, vous pouvez aller sur notre site. Ufomammut sera en tournée européenne en avril. Le groupe se produira notamment à Paris, à Glazart, dans le cadre du festival Doomed Gatherings, le 19 avril, aux côtés de Conan, Scott H. Birham et Dirge.