Drogue

Dans le centre de désintoxication pour les super-riches du monde

Paracelsus Recovery, le prestataire de traitement de dépendance le plus exclusif au monde, accueille des stars, des membres de la royauté et des gens qui valent plus cher que notre PIB.
Max Daly
London, GB
18 décembre 2019, 9:03am
Paracelsus Recovery
Illustration : Daniel Strange 

Une limousine vient me chercher à l’aéroport et me dépose dans un coin apparemment normal de Zurich, la ville la plus riche d'Europe. Un représentant des relations publiques glamour m'accompagne jusqu’à un ascenseur et je me retrouve devant la lourde porte non marquée d’une vaste et luxueuse suite donnant sur le lac pittoresque de la ville. Quel endroit tape-à-l'œil pour faire la fête.

Mais cet appartement – ainsi qu'un autre encore plus extravagant à côté, et un bureau et des salles de traitement en bas – abrite Paracelsus Recovery, un endroit où vont les super-riches du monde pour se débarrasser de leur addiction à la drogue.

Des membres de la royauté saoudienne, des politiciens, des oligarques russes, des magnats du monde des affaires, des héritiers et des célébrités de premier plan se sont brossé les dents dans cette salle de bains en marbre et ont dormi sur ce lit en velours tout en étant aux prises avec la cocaïne ou le Xanax. Paracelsus Recovery est l'une des rares cliniques qui forment l'élite du marché de la désintoxication de luxe. Elle est totalement différente des centres accessibles à la plupart des personnes qui souffrent de problèmes de drogue.

Bien sûr, le programme est incroyablement cher. Une semaine de « désintoxication pour cadres » s’élève à 92 300 euros. Cinq semaines de « traitement résidentiel » coûtent la somme faramineuse de 372 800 euros, soit l’équivalent de dix fois le salaire annuel moyen en France.

En retour, avec l'aide d'une équipe de quinze spécialistes, dont des psychiatres et des infirmières, les patients reçoivent un traitement sur mesure, « un client à la fois », pour répondre à tous leurs besoins. Ceux qui séjournent ici bénéficient d'un service VIP complet : transport en limousine 24 heures/24 et 7 J/7, chef personnel, majordome et concierge. Ensuite, ils ont l'accès exclusif à un spa d'hôtel cinq étoiles, à un thérapeute à résidence (qui dort dans la chambre d'amis), ainsi qu’à une vaste gamme de tests de laboratoire et d'examens médicaux dignes d’un astronaute (et qui coûtent 13 680 euros chacun) afin d’évaluer leur biochimie du cerveau et du corps. Le site n'accueille qu'une vingtaine de clients par an à Zurich, mais son personnel peut être envoyé à l'étranger pour traiter les clients fortunés qui n'ont pas le temps de venir sur place ou qui nécessitent un traitement complémentaire.

Paracelsus Recovery

Une des suites de Paracelsus Recovery.

Contrairement à la plupart des centres de désintoxication de luxe célèbres, où les patients doivent faire leur propre lit et arracher les mauvaises herbes du jardin communautaire pour gagner en humilité, les magnats, princesses et stars du cinéma qui viennent ici – un tiers des clients viennent du Moyen-Orient, un tiers des États-Unis et le reste d'Europe, de Russie et d'Asie – peuvent continuer à mener une vie très confortable. Se pointer en cure de désintoxication accompagné de 50 personnes comme l’a fait un prince saoudien ? Pas de problème : réservez un étage entier du Dolder Grand Hotel cinq étoiles situé à proximité et Paracelsus Recovery y assignera un thérapeute à résidence pour vous. Vous voulez soigner votre alcoolisme mais vous animez un talk-show aux États-Unis ? Pas de problème : Paracelsus Recovery vous paiera le voyage par avion pour participer à votre émission hebdomadaire en direct avant de vous ramener à Zurich pour poursuivre votre traitement.

L'un des principaux attraits pour les clients, c’est la protection de la vie privée, qui est du niveau d’une société d’espionnage. Bien que certaines célébrités utilisent davantage la désintoxication comme un exercice de relations publiques pour montrer du remords et de la réflexion, celles qui viennent ici ont beaucoup plus à perdre. Les noms des patients sont censurés dans les communications de l'entreprise, les adresses des appartements ne sont pas publiées, les plaques d'immatriculation des limousines sont intraçables, les mails avec les clients sont cryptés et les employés doivent signer un accord de confidentialité très strict.

« L'anonymat était vital pour moi, parce que j'ai des clients très importants », me dit Lucaz, un ancien patient de Paracelsus, au téléphone. Ce financier d'origine polonaise, qui gagne deux millions d'euros par mois, a décidé de faire un séjour à Paracelsus en 2015, lorsque son mode de vie a commencé à déraper. Avec un groupe de collègues proches, Lucaz combinait les affaires avec des énormes fêtes de 24 heures, trois jours par semaine, parfois sur des yachts affrétés au large de la Côte d'Azur. Entourés d'escort girls, Lucaz et ses amis consommaient souvent quatre à six grammes de coke par nuit chacun, et les faisaient descendre avec les vins les plus chers du monde. « Si l'information selon laquelle j'étais accro à la cocaïne, à l'alcool et aux femmes avait fuité, mes clients m'auraient abandonné. J'aurais perdu beaucoup d'argent. »

À l'approche de la trentaine, sa vie de play-boy a commencé à mal tourner. Ses affaires se sont effondrées, il a eu un accident de voiture et sa copine l'a quitté. Lucaz a essayé de traiter sa dépendance dans un centre de désintoxication de luxe en douze étapes en Floride, mais a rechuté peu après. Puis, sur recommandation d’un ami, il a réservé un séjour de cinq semaines à Paracelsus Recovery. Pour lui, ça a marché. Pour d’autres, non. Mais ce qui est certain à propos de cet endroit, c’est que les corps et les esprits sont examinés avec tout le soin que l'argent peut leur apporter.

« Il n'y a pas de traitement universel de la toxicomanie », explique Jan Gerber, président de Paracelsus Recovery. Ses parents et lui ont eu l’idée de fonder la clinique en 2012, après avoir aidé un PDG en désintoxication dans leur foyer familial. Selon lui, ses clients ont plus de chance de s’en sortir en raison de la politique de l'entreprise qui met l’accent sur l'individu, une tactique qui n'est pas financièrement viable dans la plupart des centres de désintoxication.

« Les raisons sous-jacentes de la dépendance chez chaque personne doivent être identifiées et traitées. Nous devons tenir compte des facteurs médicaux et émotionnels, dit Gerber. Les causes peuvent être d'ordre psychologique, comme les traumatismes, la négligence pendant l'enfance ou les troubles de la personnalité, mais aussi d'ordre physique, comme les déficiences biochimiques, les troubles intestinaux, le fonctionnement des glandes, les déséquilibres hormonaux et la douleur chronique. Elles peuvent aussi être spirituelles, comme l'absence de but dans la vie. »

Les liens entre la toxicomanie et la pauvreté sont anciens et bien établis ; il existe une corrélation entre les taux de privation et les taux de mortalité liés à la drogue. Mais le fait d'avoir des tonnes d'argent ne vous immunise pas contre la dépendance à la drogue, et certaines recherches indiquent que cela peut même vous rendre plus vulnérable.

À Zurich, je rencontre Michael*, PDG d’une entreprise qui aide certaines des familles les plus riches du monde à dépenser leur argent. Son entreprise possède un portefeuille de 42 familles dont l'actif total s'élève à 4,5 milliards de dollars. Michael me dit que la désintoxication est une « grosse dépense » au sein de son groupe d'individus très riches : « C'est choquant de voir combien de gens très riches ont des problèmes de drogue. Nous avons déjà aidé 40 % des familles avec lesquelles nous traitons à régler leurs problèmes de toxicomanie. »

Lors des Conférences internationales sur la toxicomanie et les troubles connexes, qui se sont tenues à Londres en avril, Chris Coplans, des Narcotiques Anonymes, a déclaré à un journaliste du magazine Tatler : « La tendance est maintenant au luxe. Les centres de désintoxication ont compris que l'argent est dans les célébrités et les ultra-riches. » En effet, l'industrie de la désintoxication de luxe est très compétitive, à tel point que les sales tours sont monnaie courante. L'an dernier, une enquête du Times a révélé que certains centres payaient des pots-de-vin de six à sept chiffres à des psychiatres pour que ces derniers recommandent leur établissement à des patients. Parmi les centres qui ont été pris en flagrant délit de corruption, on peut citer Life Works à Surrey, qui fait partie du Priory Group, et Kusnacht Practice, une clinique d'élite près de Zurich, qui a versé 177 500 euros à un médecin britannique pour qu’il convainque feu le chanteur George Michael de tester l’établissement pendant six mois en 2015.

Mais pourquoi le fameux 1 % de la population mondiale est-il si enclin à la dépendance ? Selon Gerber, les gens qui mènent une vie facile, où les désirs sont instantanément satisfaits, finissent par s'ennuyer. Ils sont aussi mal équipés pour faire face à la vie. Pour certains, le fait d’être catapulté d'un milieu modeste vers la célébrité, le pouvoir et l'immense richesse peut être aussi bouleversant qu'une chute dans la direction opposée.

Le fait d'être riche et puissant peut en fait constituer un obstacle à la lutte contre la drogue, poursuit Gerber. En raison de leur vie extravagante, les riches sont protégés des conséquences de la dépendance beaucoup plus longtemps que la plupart des gens. « Vous ne serez pas viré de votre propre entreprise pour avoir consommé de la drogue au travail » souligne-t-il. Il est donc plus difficile pour ces personnes de tomber au « fond du gouffre », d’atteindre ce moment de désespoir total qui peut servir de déclencheur. À la clinique, Gerber a vu beaucoup de gens se tourner vers la drogue après avoir vendu l'entreprise qu'ils avaient passée des années à bâtir, tout ça pour se retrouver sans rien avoir à faire, entourés d'une pile d'argent.

Ce ne sont pas seulement les créateurs de richesse qui finissent par avoir des problèmes, mais aussi ceux qui sont devenus super-riches par héritage. « Nous avons aidé des gens qui ont hérité de fortunes mais qui n'ont ni emploi ni but, dit Gerber, et beaucoup d’entre eux comblent ce vide par la drogue et l'alcool. »

Gerber dit que certains enfants riches souffrent d'une « négligence aisée », comme le fait d'être ignorés par leurs parents et envoyés dans un pensionnat dès leur plus jeune âge. « Une de nos clientes a reçu un yacht de la part de ses parents pour ses 40 ans, ce qui est incroyable, mais elle n'a jamais eu de vraie relation avec eux, dit-il. C'est une fille unique qui a été élevée par des nounous. Sa relation amoureuse la plus longue n’a duré que trois mois, parce qu'elle n'a confiance en personne – elle pense que tout le monde en veut pour son argent. Pour combler le vide, elle est devenue accro au Xanax et à la chirurgie plastique. »

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Une des limousines de Paracelsus Recovery.

Parmi les personnes issues de familles super-riches, la répression sexuelle est une cause notable d’accoutumance. « Par exemple, l'année dernière, nous avons eu une princesse qui était lesbienne, et c'était difficile pour elle, car elle craignait d'être punie et enfermée. Cela l'a traumatisée et l'a aidée à développer sa dépendance aux médicaments sur ordonnance. »

Il peut être tentant de considérer les riches comme indignes, mais Gerber n'est pas d'accord : « Nous ne les considérons pas comme gâtés, nous acceptons leur réalité. Peu importe qui ils sont, chaque être humain mérite de l'empathie. Ce que le grand public considère comme un comportement de diva est en fait un sérieux obstacle aux résultats positifs du traitement. Une personne peut abandonner la cure dès qu'elle se sent frustrée. Cela fait partie de la pathologie, et nous ne pouvons juger quelqu'un qui est malade par son comportement, même si la personne est considérée comme arrogante et gâtée par beaucoup. »

Mais la mère de Gerber, le Dr Christine Merzeder, coordonnatrice clinique de Paracelsus, affirme que le narcissisme est un problème chez leurs patients. « Nous avons tendance à voir beaucoup de clients avec des traits narcissiques ou un trouble de la personnalité narcissique à part entière. Ils ont une courte capacité d'attention. Un énorme vide intérieur. Ils ne savent pas qui ils sont. Mais souvent, ils n'ont pas de remords. Ils ne sont pas du tout fiables et ne sont pas responsables de leurs actes. »

« Puis, il arrive qu’ils fassent l’objet d’une enquête, que leur femme ou leur mari les quitte, que leur maîtresse ou leur amant souffre de dépression, ou que leurs enfants les poursuivent en justice. Alors leur monde s'écroule et ils se retrouvent en désintoxication. Nous devons aider les gens avec les choses qu'ils ne peuvent pas acheter : l'amour de soi, la régulation émotionnelle, les relations, la responsabilité, et l’espoir. »

Quand j'interroge Gerber sur le taux de réussite de Paracelsus, il est circonspect : « Chaque centre de désintoxication prétend avoir un taux de réussite est élevé, mais en réalité, c'est difficile à mesurer. » Parce que quand les patients quittent le centre, beaucoup perdent contact et rechutent. Malgré tout, Gerber considère que le programme en douze étapes qui est utilisé dans de nombreux centres – où les clients vivent un réveil spirituel et travaillent en groupe – est dépassé et restrictif.

L'homme qui s’implique le plus auprès des toxicomanes super-riches est le thérapeute Louis Fitzmaurice, dont le travail consiste à dormir dans une chambre d’ami dans le même appartement que celui où vivent les clients. En général, il se joint à eux pour les repas. Je lui demande s’il n'est pas difficile de vivre avec un parfait étranger incroyablement riche qui essaie de se débarrasser d'une dépendance.

« Si, c'est très intense. Habituellement, la thérapie de désintoxication dure quelques heures par semaine, dit Fitzmaurice, qui est à Paracelsus Recovery depuis quatre ans. Certains trouvent ça difficile. Les choses deviennent émotionnelles. Il y a eu quelques chaises cassées. Mais il y a une raison pour laquelle je suis ici tout le temps. On ne sait jamais quand les gens voudront parler – ça peut être à 4 heures comme à 16 heures. »

Avant de rejoindre Paracelsus, Fitzmaurice a passé six ans à travailler avec des détenus sans-abri et toxicomanes emprisonnés dans des services de traitement de la dépendance à Liverpool, Glasgow et Dublin. Maintenant, il traite les gens les plus riches du monde. Ont-ils des points communs ? « J'ai vu la même douleur, le même tourment, la même lutte, le même abandon, le même désespoir et la même folie ici à Paracelsus que dans les prisons et les conseils municipaux. J’ai vu les mêmes troubles de santé mentale. À la base, les problèmes des clients de Paracelsus ne sont pas différents de ceux des autres. »

Leurs chances de décrocher ne sont toutefois pas les mêmes. Il est important de préciser que Paracelsus Recovery est bien loin de l’ambiance institutionnelle des centres lambda et de l'expérience vécue par la plupart des personnes qui ont besoin d'accéder aux services de traitement de la toxicomanie, même dans les régions les plus riches du monde.

Au Royaume-Uni, par exemple, selon Addaction, une organisation caritative de lutte contre la drogue, les coupes budgétaires pour le traitement de l'alcoolisme et de la toxicomanie ont considérablement réduit l'accès aux centres publics de désintoxication. Une étude récente du King’s College a révélé que le soutien à la désintoxication des patients hospitalisés en Angleterre à cause de problèmes d'alcool a été réduit de 50 % depuis 2011. Dans l'ensemble, le nombre de centres de désintoxication résidentiels en Angleterre a diminué d'un tiers en six ans.

« La désintoxication en établissement est une option très importante dans le cadre d'un système de traitement pleinement fonctionnel, affirme Karen Tyrell d'Addaction. Pourtant, les coupes dans les budgets locaux, conjuguées à la décision du gouvernement de ne pas défendre les budgets pour le traitement de la toxicomanie et de l'alcoolisme, provoquent la fermeture de ces centres. » Comme on pouvait s'y attendre, les centres de traitement privés en ont bénéficié, mais l'effet final est que les personnes qui n'ont pas les moyens d'y accéder se retrouvent sans aide. Il n'est pas juste que le portefeuille d'une personne joue un si grand rôle dans ses chances de guérison.

Paracelsus Recovery

Matthew Gaskell, chef clinique du traitement de la toxicomanie au sein du NHS dans le Yorkshire, affirme que si les personnes issues de milieux aisés éprouvent des problèmes de santé mentale et de toxicomanie similaires à ceux des autres, elles « peuvent souvent mieux se protéger de l'adversité ». Par conséquent, dit Gaskell, « les personnes issues de milieux socialement défavorisés subissent un plus grand nombre de préjudices, meurent plus jeunes, sont plus susceptibles de faire une overdose, etc. Il n'y a pas de protection et il y a un facteur de stress plus important. »

Aux États-Unis, un sondage a révélé que seulement un Américain sur dix ayant besoin d'un traitement de la toxicomanie y aura accès. Ryan Hampton, activiste et écrivain américain spécialisé dans la toxicomanie, développe : « Les barrières qui existent sont énormes. Il va donc sans dire que le traitement aux États-Unis est complètement hors de portée pour ceux qui en ont le plus besoin. Même si vous pouvez vous le permettre, vous risquez de payer jusqu'à 50 000 dollars pour 30 jours. Et bien sûr, il n'y a aucune garantie de succès, même avec les prix les plus élevés. »

Selon Hampton, l'industrie du traitement de la toxicomanie aux États-Unis représente une activité annuelle de 35 milliards de dollars, avec peu ou pas de réglementation : « Les prestataires peuvent inventer leur modèle de traitement et personne ne les arrêtera. Les organismes de réglementation fédéraux et étatiques n'offrent aucune protection aux consommateurs et, par conséquent, l'industrie est essentiellement autogérée, c'est un Far West qui n'a pas de comptes à rendre. »

De retour à Paracelsus Recovery, je demande à Fitzmaurice à quelles drogues les super-riches deviennent dépendants de nos jours.

« Il y a encore beaucoup de cocaïne en cause, mais nous voyons des gens qui arrivent avec de terribles problèmes de GBL, d'opiacés sur ordonnance et de Xanax. Mais le pire, c'est que ces gens vivent dans une bulle qu’ils n’ont pas choisie, dit-il. Une pop star m'a dit un jour : ‘Quand les gens me regardent, ils me regardent comme si j’étais un alien… comme si j'avais quelque chose en plus, mais ce n'est pas vrai, j’ai quelque chose en moins’. Il ressentait un vide qu'il comblait avec de la drogue. C'est un mensonge de dire que si vous êtes millionnaire, vous serez heureux. C'est une grosse arnaque, et c'est ce que les gens ne veulent pas entendre. Je ne souhaite la gloire à personne. »

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