'Close to the sun' foto's Joselito Verschaeve
Culture

La fin du monde en images, selon le photographe belge Joselito Verschaeve

« Notre train de vie effréné va mener à notre perte. »
09 April 2020, 12:23pm

« Close to the sun » est une série photo de Joselito Verschaeve (23 ans), étudiant en master de photographie à la KASK, à Gand. Le projet aborde la crainte d’une éventuelle apocalypse, plutôt approprié compte tenu des circonstances actuelles. Son travail s'inspire du mythe d'Icare que Joselito compare à la société actuelle : « Notre train de vie effréné va mener à notre perte. »

Pourtant, cette série n'est pas uniquement basée sur la peur : « Ces photos résultent d’une combinaison de peur et de fascination pour le jour où tout s'arrêtera, où tout ira mal. Mais elles abordent aussi de ce qui viendra ensuite ; comment les choses doivent continuer. »

VICE : Salut Joselito, tu peux nous expliquer le lien entre ces images et le mythe d'Icare ?
Joselito : Cette série photo est une prédiction de la façon dont notre style de vie va mener à notre perte. La série s'appelle « Close to the Sun » car elle est inspirée du mythe d'Icare : Icare a volé trop près du soleil en raison d'un excès de confiance, ce qui a fait fondre ses ailes et il s'est noyé dans la mer. En ce sens, je pense que ce mythe correspond à notre société actuelle.

Comment tu l’as traduit dans tes photos ?
Ces photos résultent d’une combinaison de peur et de fascination pour le jour où tout s'arrêtera, où tout ira mal. Mais ça parle aussi de ce qui viendra ensuite, de comment les choses doivent continuer. Même si la situation actuelle fait en sorte que la peur domine la fascination.

Je pense toujours en terme de livre-photo. Quand je commence un nouveau projet, j'essaie d'abord d'avoir une image dans ma tête. J'essaie de voir le sentiment que je ressens face à un certain sujet et je le mets sur papier, je fais un croquis. Ensuite, je prends des photos qui, soit correspondent parfaitement à cette image et racontent une histoire, ou à l’inverse, des photos qui sont en contraste avec cette image.

Quelle image a été le point de départ ?
Je ne veux pas dire quelle photo j'ai prise en premier, parce que ça influencerait l'interprétation du public. C’est une série qui est dissociée de mon regard personnel. Chacun·e peut en faire sa propre interprétation et décider quelles images s'intègrent, ou à l’inverse, sont en contraste avec le récit qu’iel en a fait.

T’as peur de la fin du monde ?
Peur, pas vraiment ; mais je suis assez déçu par l’humanité. Le climat, par exemple, est un indice clair que les choses ne vont pas bien, mais on ne fait rien pour y remédier. Si on vit l’apocalypse, ce sera de notre faute.

T’es du genre fataliste ?
Non, mais je suis fasciné par l'idée qu'un malheur arrivera un jour ou l’autre. Je me demande quelle sera notre réaction ; comment la vie continuera après un tel événement. Comment tout reconstruire ? Y aura-t-il de nouvelles perspectives ou allons-nous retomber dans les mêmes erreurs ? Je trouve ça super intéressant.

Tu penses que cette crise du coronavirus est une sorte de scénario apocalyptique ?
Non, je ne pense pas. Mais cette crise amène les gens à penser beaucoup plus consciemment concernant notre humanité, notre confort et tout ça. C'est là que se rejoignent ma série photo et cette crise.

Comment tu vis la situation actuelle et le confinement ?
En étant conscient du luxe de ma situation. Beaucoup de nos extras quotidiens disparaissent, mais en même temps, on a le luxe de rester à la maison. Tout le monde ne peut pas en faire autant. Je pense que les gens commencent peut-être à s'en rendre compte maintenant.

Pourquoi uniquement des photos en noir et blanc ?
Le noir et blanc crée une sorte d'intemporalité. Ainsi, le sujet reste toujours pertinent et d'actualité.

C’est laquelle ta photo préférée ?
Celle avec le paon dans l'arbre. Le mois qui a suivi la mort de mon grand-père, un paon s’est retrouvé dans son jardin. En plus de la symbolique, qui est évidente pour moi, toute sa chambre était recouverte de papier peint avec des paons. Ce paon est toujours assis dans son jardin et entre régulièrement dans la maison. Ce livre-photo est aussi un hommage à mon grand-père.

Découvrez plus de photos de Joselito ci-dessous et sur Instagram__.

Découvrez d'autres photographes belges mis à l'honneur sur VICE en cliquant ici. Vous êtes vous-même un·e photographe de talent avec une série percutante ? Envoyez-nous un mail à beinfo@vice.com

Ne ratez plus jamais rien : inscrivez-vous à notre newsletter hebdomadaire et suivez VICE Belgique sur Instagram.

Tagged:Art, Belgique