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Life

Des jeunes nous disent quelle est la chose de leur enfance qu’ils voudraient avoir de nouveau

Les Tamagotchi ? Les dessins animés ? Des rêves et un avenir ?

par Mica Lemiski
18 Décembre 2019, 10:25am

Photo par Benzoyl 

/ Wikimedia Commons 

On est sans doute nombreux à se poser de temps en temps de grandes questions sur la vie et l’univers. On peut par exemple se demander si on pourra un jour se payer autre chose qu’un petit appart dans immeuble décrépit ; quand l'extrême droite aura pris le pouvoir pour mettre en place un régime totalitaire ; dans combien de temps exactement les changements climatiques anéantiront le monde.

En somme, il y a de quoi s’inquiéter à propos de l’état du monde. La vie adulte est à des années-lumière de l’époque où faire une erreur idiote devant la classe était ce qu’il y avait de plus terrorisant, et où on perdait son temps en sculptant un superhéros en fromage plutôt qu’en googlisant les symptômes de la syphilis.

La nostalgie est un filtre que l’on applique à notre enfance, qui rend extatiques les heures passées à jouer à la console, à écouter des disques des Spice Girls ou à regarder des dessins animés en mangeant des bonbons.

Cela dit, si on se détourne entièrement de notre enfance, de ses expériences, de ses objets et de ses modes horribles qui ont fait de nous la génération que l’on est aujourd’hui, je pense que l’on risque de perdre beaucoup. Il est bon de se rappeler qui on a été, ne serait-ce que pour mieux savoir qui l’on est et qui l’on veut être dans l’avenir. Peut-être que ce que j’écris commence à ressembler à ce qu’on lit dans un mauvais livre, mais il n’y a quand même rien de honteux à se réfugier mentalement de temps à autre dans le cocon de l’enfance et s'y relaxer un instant. On y est bien.

Au service du bonheur par l’introspection rétrospective, VICE a demandé à des jeunes de révéler la chose de leur enfance qui leur manque le plus. Comme vous le devinez sans doute, il n’y a pas que des jouets et des peluches. Certains s’ennuient de l’optimisme, d’autres des pertes de temps sans conséquence ou de l’extase en mangeant un bol de céréales. Bref, ma tentative de rédiger un article sans cynisme est un échec. Mais, après tout, c’est peut-être justement ce qui caractérise ma génération, non ?

Molly, 24 ans
Trouver un message dedans qui dit : « Veux-tu sortir avec moi ? », puis enquêter avec mes amies pour savoir de qui il vient.

Tyler, 25 ans
Peut-être que je n’en prenais pas conscience à l'époque, mais c’est le grand nombre de premières fois. J’essayais des choses sans les comparer à quoi que ce soit. Je vivais dans le présent. L’enfance a un côté zen. Aujourd’hui, si je vais en vacances, je me dis : « La plage était plus belle ailleurs. » C’est idiot ! Je ne me disais jamais ce genre de truc quand j’étais petit.

Carys, 37 ans
Je dirais les bracelets Slap, les images à collectionner, la Game Boy, pour Tetris, les appareils dentaires, le cahier de texte, l’absence de mails ou SMS.

Luke, 29 ans
Être fou de joie et courir dehors accueillir mon père quand il rentrait du boulot. J’ai l’air de parler d’un chien.

Peter, 29 ans
L’optimisme des années 90. Je déteste être de ceux qui disent que le 11 septembre a tout changé, mais je me rappelle distinctement le changement de façon de voir le monde chez les adultes autour de moi et dans mes propres expériences. Je pense qu’avant, il y avait moins de cynisme ironique à propos de l’état du monde et on croyait plus en notre capacité de régler les problèmes dans le monde. Par exemple, on croyait qu’on pouvait respecter le protocole de Kyoto et arriver à éradiquer la pauvreté.

Nicole, 27 ans
Supplier mes parents de me laisser me coucher à 9 heures pour voir le début d'un film. M’endormir avec le chat sur mon ventre, plutôt que mon ordinateur.

Florence, 26 ans
Les Polly Pockets ! J’aimais ces petits mondes avec toutes leurs babioles, lumières, boutons et fonctions cachées. Et, contrairement aux autres jouets pour filles de l’époque, ils ne projetaient pas beaucoup d’amour romantique ou de sexualisation sur moi, à un âge où ce n’était pas nécessaire, comme les poupées Barbie le faisaient. J’aimais me servir de mon imagination pour créer des histoires. Elles nous rendaient créatives, moi et ma sœur. On perdait des heures à jouer aux Polly Pockets.

Rachel, 26 ans
Les Tamagotchi ! J’aimais voir un œuf devenir un animal portatif devant mes yeux et savoir que je pourrais le garder, l’aimer et en prendre soin pour toujours. Parfois, je rêvais d’être moi-même un Tamagotchi. Imaginez qu’on puisse remplir son réservoir de bonheur, de nourriture et de discipline simplement en appuyant sur un bouton.

Carter, 29 ans
Avec mon meilleur ami Robert, j’avais l’habitude de rentrer à la maison à pied tous les jours. On faisait comme si on était des hommes qui prenaient une bière après le boulot, sauf que, plutôt que d’aller au bar, on allait chez lui ou chez moi, on buvait un jus de fruits et on regardait un dessin animé. On a fait ça presque tous les jours. Je pense que ce genre d'amitié me manque. En vieillissant, il est de plus en plus difficile de maintenir les relations, surtout avec les amis. Tout le monde est tellement occupé. On avait plus de temps quand on était enfant.

Matty, 33 ans
Ne jamais avoir à penser à la quantité de papier de toilette qu'il me reste.

Molly, 23 ans
Mon Game Boy et tous mes jeux. J’en ai perdu la moitié à la piscine municipale et j’ai vendu l’autre moitié à une boutique de jeux vidéo pour payer une sortie scolaire à Disneyland.

Dylan, 29 ans
Il me semble que c’est beaucoup plus difficile de trouver du temps pour voir ses amis ou rester en contact avec des connaissances à l’âge adulte.

Sam, 24 ans
Le minigolf. C’est sûr que c’est un drôle de passe-temps, mais, d’une certaine façon, le minigolf a le pouvoir de rassembler beaucoup de gens différents. Quand j’allais jouer au minigolf pour mon anniversaire, je pouvais inviter des amis de différents groupes sans m’inquiéter que quelqu’un ne soit pas à l’aise. Quand je jouais avec mon frère et mon père, on se sentait étrangement en paix. Pendant les 18 trous, on avait un but précis, et la conversation ne s’éloignait pas des petites stratégies et de nos coups. Quelques-uns des premiers partys mixtes où je suis allé, c’était au minigolf, comme si c’était un environnement sans stress et inclusif.

Anita, 23 ans
Mon imagination d’enfant. Je me bats constamment pour la garder. Je crois qu’il est possible de garder cette créativité magique longtemps, mais il faut du travail et de l’entraînement. Les enfants ont la capacité remarquable d’animer n’importe quel objet. Tout peut être un jouet. Tout est magique. Tout et tout le monde peuvent devenir tes amis. Et j’aimerais ne pas savoir ce qu’est un ordinateur.

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