Publicité
Food by VICE

Pourquoi les hommes préféreront toujours le sexe à un casse-dalle

Parfois, les gens choisissent le coït plutôt que la pizza. Cela dépend de tout un tas de facteurs que des chercheurs ont tenté d'observer chez des vers nématodes.

par Phoebe Hurst
30 Novembre 2016, 2:30pm

Foto von Henry Fong via Flickr

C'est la question que tous les Casanova et les gastronomes se posent depuis des siècles. Que faire face à ce choix cornélien du cheesecake face au « dernier verre à la maison ». Qu'est-ce que vous feriez devant ce dilemme : un bon restau ou une partie de jambes en l'air ?

Des chercheurs de l'University College de Londres et de l'Albert Einstein College of Medicine de New York viennent de trouver la réponse, mais uniquement chez les nématodes. Ils ont constaté que, chez ces vers ronds, les mâles étaient programmés pour traiter en priorité le sexe et, seulement après, leur désir de nourriture.

LIRE AUSSI : Le nouveau sex-symbol est caissière chez McDo à Taïwan

Petit rappel pour ceux qui auraient séché la S.V.T., les vers nématodes peuvent être de deux sexes : masculin ou hermaphrodite. Et les derniers se reproduisent en utilisant leur propre sperme (pratique). Étant donné que les hermaphrodites n'éprouvent pas le besoin d'avoir des rapports sexuels, les mâles doivent se donner du mal pour charmer leurs congénères auto-suffisants et s'assurer que la population conserve ses deux genres.

L'étude, publiée dans le journal Nature, montre donc les différences entre les deux sexes de nématodes. Les mâles disposent d'un lot de neurones supplémentaires qui les pousse à privilégier la recherche de sexe à la recherche de nourriture.

« Ces neurones supplémentaires – appelés 'mystérieux neurones du mâle' – n'apparaissent qu'une fois qu'ils atteignent leur maturité sexuelle », précise Arantza Barrios au Washington Post. La directrice de l'étude souligne que cela « a probablement un rapport avec les comportements sexuels chez les mâles ».

Pour le prouver, ils ont utilisé le sel comme stimulus. Les vers l'ont associé à différentes choses – plus ou moins agréables. Par exemple, les cobayes affamés en présence de sel s'en éloignaient quand ils étaient plongés dans un nouvel environnement, parce qu'ils l'associaient à une pénurie de nourriture.

Par contre, les vers affamés en présence d'autres vers et de sel continuaient d'en chercher. Les chercheurs ont donc conclu que cette préférence signifiait que l'association entre le sel et l'acte sexuel était plus forte que l'association entre le sel et la nourriture. Ainsi, ces mystérieux neurones masculins entraîneraient les vers mâles à faire du sexe une priorité, au détriment d'autres opportunités – la bouffe.

Avant que vous ne commenciez à lever les yeux au ciel à cause des mecs « qui ne pensent qu'à ça », il se pourrait bien que ces neurones particuliers n'existent que chez les nématodes mâles. Les chercheurs ont néanmoins soutenu que les résultats de la recherche permettraient d'observer sous un nouveau jour le rapport au cul chez les humains.

LIRE AUSSI : Pourquoi les vidéos de bouffe nous excitent autant que le sexe

Toujours selon Barrios : « Nous avons prouvé en quoi la génétique et l'évolution des différences entre les deux sexes pouvaient amener des changements structurels dans le cerveau des vers mâles lorsqu'ils atteignaient leur maturité sexuelle. Ces modifications prouvent que les cerveaux mâles fonctionnent différemment, et leur permettent de se souvenir de leurs précédentes relations sexuelles, et de faire du sexe une priorité dans les situations futures. »

Parfois, les hommes choisissent le coït plutôt que la pizza. Les femmes aussi. Cela dépend de tout un tas de facteurs – notamment de votre appétit – et cela paraît légèrement prématuré de penser qu'une étude sur les nématodes et leurs 302 neurones est parvenue à percer les mystères insondables de la libido humaine.