Environnement

Pour des scientifiques, le capitalisme aura détruit la Terre d’ici 2050

La bonne nouvelle c’est qu’il y a une alternative : réduire notre consommation.
5.11.20
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Image: Getty Images

Dernièrement, de plus en plus d’études scientifiques présentent de manière limpide le choix qui se présente à nous – l’humanité – pour les décennies à venir :

D’ici 2050, on pourrait continuer à avoir de hauts niveaux de PIB. Mais cela se ferait au prix de conflits du fait de pénuries de matériaux et de minéraux, d’un changement climatique aux conséquences catastrophiques et d’une transition énergétique bien trop balbutiante. Cet attelage détruirait progressivement le monde et la civilisation, tel que nous les connaissons.

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Une autre option serait de se départir de cet indice économique, qui, aujourd’hui, obsède tant les dirigeants de notre planète, et de tourner la page vers un nouveau monde. Un monde d’abondance dans lequel la consommation énergétique serait maîtrisée et circonscrite aux limites que nous impose la Terre. Un monde dans lequel des économies fondées sur les technologies de pointe offriraient à chaque individu du travail, un accès à la santé et à l’éducation, tout en respectant notre planète.

Si l’on suit la première option, des scientifiques soutenus par le programme de recherche et d’innovation de l’Union européenne, baptisé Horizon 2020, sont arrivés à la conclusion suivante : le capitalisme tel que nous le connaissons est incompatible avec une transition réussie vers les énergies propres.

À cela, ils ajoutent que le capitalisme est en train de conduire l’humanité vers des pénuries de matières premières, et que, très bientôt, nous pourrions connaître des problèmes voire des ruptures d’approvisionnement qui rendraient impossible toute tentative de « décarbonisation » des transports. Cela conduirait, d’après eux, à une aggravation du changement climatique, avec toutes les terribles conséquences que l’on peut imaginer.

Une nouvelle étude publiée par la revue Energy Strategy Reviews avance que l’électrification de nos voitures, de nos camions et de nos trains afin qu’ils fonctionnent grâce à des énergies renouvelables n’est viable que si nous nous décidons de réduire les niveaux de consommation toujours plus importants de nos sociétés industrielles. Et concrètement, cela veut dire qu’il est indispensable d’opérer une transformation fondamentale de ce qui est le nerf même du capitalisme.

La bonne nouvelle c’est qu’une autre étude, sans lien avec la première, publiée en septembre, révèle qu’une transformation économique de ce genre est parfaitement réalisable et compatible avec le fait de maintenir une bonne qualité de vie pour les humains du monde entier.

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Modéliser le monde

L’étude menée sur l’électrification de nos moyens de transport s’appuie sur un modèle d’évaluation intégrée (ou integrated assessment model - IAM) très sophistiqué qui compile une très grande quantité de données empiriques. Ce modèle (intitulé MEDEAS-World model) intègre des relations de rétroaction entre des économies mondiales et régionales ; des flux d’énergies renouvelables ou d’énergies fossiles ainsi qu’une infrastructure énergétique ; des développements technologiques et leurs coûts ; des besoins en matière de surfaces et en minerais ; le changement climatique et l’eau ; et bien d’autres secteurs.

En février dernier, l’équipe de chercheurs de l’Union européenne a publié une explication détaillée sur le fonctionnement de ce modèle dans la revue Energy & Environmental Science, publiée par la Royal Society of Chemistry, la Société Royale de Chimie, au Royaume-Uni. Le modèle présente une véritable catastrophe, conséquence de problèmes qui surgissent de manière relativement simultanée.

Les sources d’énergie fossiles vont bientôt être limitées par des contraintes biophysiques.

Le modèle révèle que les sources d’énergie fossiles vont bientôt être limitées par des « contraintes biophysiques » liées au « Taux de retour énergétique » (TRE), un coefficient d’efficacité qui s’appuie sur la quantité d’énergie nécessaire pour extraire une certaine quantité d’énergie à partir de n’importe quelle ressource. 

Le pétrole, le gaz et le charbon, quelles qu’en soient les sources (schiste ou autre), voient une augmentation de leurs coûts d’extraction et une baisse de la rentabilité, ce qui indique une réduction du TRE. On pourrait donc arriver à un point où l’extraction continuelle de ces énergies serait trop coûteuse. Malheureusement, le modèle MEDEAS montre que les énergies renouvelables n’apporteront pas nécessairement de solutions à ce problème, du fait de diverses limitations.

Parmi ces limitations, il y a par exemple la question de l’intermittence : l’énergie éolienne ne peut s’obtenir que dans les régions où le vent souffle, et même là, il ne souffle pas tout le temps. Les énergies renouvelables requièrent également de plus grandes surfaces de terre pour produire des quantités d’énergie équivalentes aux énergies fossiles ; et elles dépendent encore d’approvisionnements importants en minéraux et en matériaux nécessaires à la fabrication de centrales et autres infrastructures.

Une révolution du véhicule électrique pour éviter la catastrophe énergétique et climatique

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Dans leur nouvelle publication, l’équipe qui est derrière le modèle MEDEAS applique ce système très spécifiquement à l’analyse des moyens de transport, qui dépendent massivement de carburants liquides essentiellement obtenus à partir du pétrole.

Les scientifiques soutiennent que, bien que cela ne soit pas encore communément admis, « la plupart des prédictions quant à l’extraction pétrolière tablent sur une stagnation au cours de la décennie 2020. » Cela est dû à la stagnation de la production pétrolière depuis 2006 environ et, comme conséquence de cette stagnation, au recours à des énergies combustibles non-conventionnelles. Or, ces énergies risquent de connaître, elles aussi, un déclin au cours des prochaines décennies.

De ce fait, il va devenir essentiel de réaliser une transition vers d’autres systèmes énergétiques. Non seulement pour lutter contre le changement climatique, mais également pour éviter une crise énergétique.

L’étude confirme la nécessité de passer à des véhicules équipés de batteries électriques en ce qui concerne les transports publics et privés, qualifiant cela de « meilleure option » pour réaliser des économies d’énergie et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Mais il reste un problème : si nos économies continuent de grandir au rythme actuel, elles vont bientôt nécessiter des quantités de minéraux et de matériaux telles que la Terre sera incapable de les fournir. Et cela reste vrai même si les matériaux lourds sont remplacés par des matériaux alternatifs plus légers.

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Prenons un exemple, l’industrie automobile. Actuellement, dans ce secteur, les composants en acier du moteur, de la batterie et de la carrosserie sont remplacés par des pièces en aluminium, en magnésium ou en titane forgé, ou d’autres métaux composites comme le plastique renforcé en fibre de carbone. Toutefois, « ces matériaux demandent généralement plus d’énergie et leur production présente un potentiel de réchauffement climatique plus important que celui des matériaux qu’ils remplacent. »

Une croissance sans fin entraînera une pénurie de minéraux d’ici quelques décennies

La transition vers le véhicule électrique est, en quelques mots, un projet industriel de très grande ampleur. L’électrification des routes et des rails va nécessiter la création de réseaux intelligents à la pointe de la modernité, de routes complexes reliées à des lignes à haute tension, et de nombreuses stations dans lesquelles on pourra changer sa batterie. L’étude envisage différents scénarios pour étudier les différentes mises en place possibles d’une telle transition.

Dans le scénario d’une croissance infinie du PIB, les auteurs soulignent que l’économie commence à stagner « du fait d’un pic pétrolier aux alentours des années 2025 – 2040 », mais le PIB peut continuer de croître grâce à la transition vers les véhicules électriques. Cela montre que la réduction de la part de carburants liquides dans les transports peut jouer un rôle très important pour permettre d’éviter « des pénuries d’énergie dans l’économie globale. »

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Mais alors, l’économie atteint les limites de la production de minéraux et de matériaux nécessaires à l’avancée de cette transition. Et ce en seulement trois décennies. Même dans un scénario impliquant de hauts niveaux de recyclage de minéraux.

L’épuisement des minéraux se produit même avec « une augmentation très importante du taux de recyclage ».

Dans ce scénario, d’ici 2050, la transition vers le véhicule électrique nécessitera « des quantités de cuivre, de lithium et de manganèse bien supérieures aux réserves actuelles. En ce qui concerne le cuivre et le manganèse, l’épuisement est principalement dû à la demande venant du reste de l’économie ». Mais le lithium est principalement utilisé « pour les batteries des véhicules électriques » et cette demande suffit, à elle seule, « à épuiser les réserves actuelles. »

Dans un scénario de croissance perpétuelle du PIB, l’épuisement des minéraux se produit même avec « une augmentation très importante du taux de recyclage ».

Dans l’un de ces scénarios, les auteurs appliquent ce qu’ils estiment être des taux de recyclage de haut niveau mais réalistes, qui sont de 57 % pour le cuivre, de 30 % pour le lithium et de 74 % pour le manganèse. Ces taux s’appuient sur des projections extrêmement optimistes des capacités de recyclage par rapport à leur coût.

Mais d’après les chercheurs, malgré ces forts taux de recyclage, nous finirions par connaître un épuisement des réserves actuellement estimées aux alentours de 2050. La conclusion va dans le sens d’autres études qui anticipent, elles, une forte raréfaction du lithium vers 2042-2045, alors que le manganèse viendrait à manquer entre 2038 et 2050.

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Dans les faits, ces pénuries pourraient se faire sentir bien plus tôt, puisque les études actuelles, dont le modèle MEDEAS, ne tiennent pas compte des matériaux nécessaires au câblage interne des véhicules électriques, à la fabrication du moteur ou du chargeur desdits véhicules. Ces projections ne prennent pas plus en compte les matériaux nécessaires à la construction et à l’entretien des réseaux permettant de connecter et de charger les batteries des véhicules électriques, des caténaires destinés à l’électrification des chemins de fer ou encore les difficultés inhérentes au recyclage de métaux.

Une croissance sans fin n’empêchera pas un dangereux changement climatique

Le scénario d’une croissance perpétuelle du PIB nous garantit également que le monde ne parviendra pas à tenir les objectifs de l’Accord de Paris qui visait à limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5 degré Celsius.

Le modèle montre que, malgré une importante réduction de la dépendance des transports aux énergies fossiles, la volonté de maintenir une croissance sans fin du PIB implique que d’autres secteurs de l’économie continuent d’accroître leur dépendance vis-à-vis du pétrole, du gaz et du charbon.

Ainsi, alors que les émissions de gaz à effet de serre imputables au secteur du transport tendent à diminuer, « la pénurie de carburants liquides est repoussée de quelques années et l’économie continue de grandir » dans d’autres secteurs :

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« Le résultat final est que, dans l’ensemble, les émissions de gaz à effet de serre (GES) ne baissent pas autant que ce que prévoyaient les politiques de décarbonisation des transports. Pire, dans l’absolu, ces émissions pourraient encore s’intensifier… Comme le PIB tend à augmenter de par le simple fait que le système économique est fondé sur cet objectif, une augmentation constante de la demande énergétique est presque impossible à éviter. »

Cela signifie que les températures moyennes continueront d’augmenter bien au-delà de cette limite de 1,5 degré, basculant dans la zone rouge. Alors, c’est la porte ouverte à toutes les catastrophes. La destruction de la plupart des récifs coralliens à travers le monde, de plus en plus de problèmes liés aux moissons, une accélération des phénomènes météorologiques extrêmes, et bien d’autres conséquences tout aussi destructrices.

Abandonner la croissance

D’un autre côté, les auteurs révèlent que le seul scénario dans lequel le monde est capable de réduire de 80% les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports d’ici à 2050 implique « une transition radicale vers des véhicules électriques légers, le transport de marchandises par rail et non par route, des niveaux élevés de recyclage de minéraux, une réduction drastique dans la demande de transports (en particulier ceux qui polluent le plus, comme l’aviation) et une baisse significative de l’activité économique dans son ensemble. »

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Et cela nécessitera ce que leurs auteurs décrivent comme « un profond changement dans le paradigme économique dominant » - autrement dit, le capitalisme.

Ainsi, le seul moyen d’éviter un changement climatique catastrophique est de se tourner vers un nouveau système social et économique, « la décroissance ». Ou pour le formuler autrement, « les économies focalisées sur la croissance doivent évoluer vers un nouveau système capable de subvenir aux besoins des êtres humains sans passer par une croissance perpétuelle. »

Le seul moyen d’éviter un changement climatique catastrophique est de se tourner vers un nouveau système social et économique, « la décroissance ».

Si cela permettrait d’atteindre des objectifs de décarbonisation très ambitieux et correspondant à une augmentation maximale de la température autour de 1,5 à 2 degrés, les auteurs soulignent que, malheureusement, « ces choix demeurent, pour le moment, tout à fait inenvisageables aux yeux des autorités politiques et économiques. »

D’ailleurs, cette publication compte un certain nombre de détracteurs. Auke Hoekstra, chercheur au sein du département d’Ingénierie Mécanique de l’Université de Technologie de Eindhoven, aux Pays-Bas, a déclaré, sur Twitter, que l’étude s’appuie sur un postulat de départ erroné. Elle évoque par exemple une batterie 10 fois plus grosse que nécessaire pour les camions électriques. Et de citer comme exemple le Semi, un prototype de semi-remorque de la marque Tesla. Par conséquent, explique Hoekstra, les projections des besoins en minéraux réalisées par cette étude sont largement surestimées.

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Mais d’après l’un des co-auteurs de l’étude en question, Iñigo Capellán Pérez, ingénieur industriel qui travaille au sein du Groupe pour l’Énergie, l’Économie et les Systèmes dynamiques de l’Université de Valladolid, en Espagne, la critique de Hoekstra est bien trop « simpliste » dans la mesure où celui-ci s’appuie sur des niveaux de performances techniques « qui n’ont pas encore été atteints », et qui mettent en jeu « un système de roues tout à fait spécifique et une unité de traction aérodynamique qui n’est pas autorisée dans l’Union européenne. »

Pérez m’a également expliqué que les performances techniques du camion électrique Semi publiées par la marque Tesla ne sont pas conformes à celles obtenues par une analyse indépendante.

De fait, après cet échange avec Hoekstra, l’équipe de Pérez a décidé d’intégrer certaines des données alternatives au modèle MEDEAS, pour voir quels seraient les nouveaux résultats. Et il m’a annoncé que, pour le moment, ceux-ci n’étaient pas si éloignés de leurs premières conclusions.

Il a souligné que leur méthode de modélisation se concentre sur l’évaluation des technologies en s’appuyant sur les connaissances actuelles des performances techniques et sur les limites qu’ils peuvent anticiper. Les avancées technologiques encore trop incertaines ou qui n’ont que peu de chances d’aboutir ne sont donc pas prises en compte.

Le modèle observe également les coûts potentiels. Si des technologies sont viables mais présentent « des coûts extrêmement élevés, comment pourrions-nous imaginer qu’elles se diffuseront à travers le monde alors que, ne l’oublions pas, des centaines de millions de personnes n’ont toujours pas d’accès à l’électricité. Où est-ce que ces camions pourraient recharger leurs batteries ? »

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La volonté de certains de chercher la petite bête peut amener à soulever des questions importantes sur les données utilisées, mais cela n’invalide pas les résultats globaux du modèle, a-t-il conclu.

La prospérité, mais sans croissance

La leçon politique la plus importante, serait, semble-t-il, que pour « décarboner » avec succès nos systèmes de transport, nous devrons nous tourner vers un nouveau modèle économique durable. Significativement différent du capitalisme tel que nous le connaissons aujourd’hui. Et nous devrons tirer un trait sur cette quête incessante de croissance qui fonctionne comme une fuite en avant pour éviter l’effondrement économique.

Cela signifiera que la priorité devrait être donnée au fait de subvenir aux besoins des êtres humains et à leur bien-être, et à réduire drastiquement notre empreinte matérielle sur la planète.

Une importante étude rassemblant des scientifiques de l’École de la Terre et de l’Environnement de l’Université de Leeds (Royaume-Uni), de la Faculté de Géosciences de l’Université de Lausanne (Suisse), de l’École de l’Environnement de Yale (USA) et de l’Institut International pour l’Analyse des systèmes appliqués en Autriche a été publiée récemment, et elle prouve de manière irréfutable qu’une telle transition post-capitaliste est totalement réalisable.

Cette étude, publiée dans la revue Global Environmental Change, conclut que d’ici à 2050 – là où le modèle MEDEAS prévoit que la croissance capitaliste sans fin générera de multiples pénuries de minéraux – la consommation d’énergie au niveau mondial pourrait être réduite à moins de 40% de ce qu’elle est aujourd’hui. Autre point important, d’après cette étude, une telle réduction pourrait être réalisée tout en proposant un niveau de vie standard tout à fait convenable pour environ 10 milliards d’êtres humains.

C’est plus ou moins la même consommation énergétique que celle de l’ensemble de l’humanité dans les années 1960, lorsqu’il y avait seulement 3 milliards d’humains sur Terre.

« Nous sommes tout à fait en mesure d’offrir des conditions de vie décentes à tout un chacun tout en protégeant notre climat et nos écosystèmes. »

L’étude a comparé les niveaux de consommation d’énergie actuels dans 119 pays et les estimations de l’énergie nécessaire pour assurer un niveau de vie convenable. Le résultat est que la plupart des pays consomment bien trop d’énergie. Beaucoup plus que ce dont ils ont besoin. Dans certains des pays les plus riches du monde, où les chiffres de la consommation par personne sont les plus élevés, il est possible de réduire très largement la consommation énergétique, parfois jusqu’à moins 95%, tout en continuant de bénéficier d’un niveau de vie décent.

Ce niveau de vie, que les auteurs qualifient de « suffisant » est une réponse des plus convenables à « la remarque habituelle et profondément simpliste qui dit que les écologistes prônent un retour à la vie dans les cavernes. »

L’étude montre que, dans un système économique transformé, chaque habitant du monde pourrait bénéficier de matériel vraiment efficace pour cuisiner, stocker sa nourriture et laver ses vêtements ; une grande quantité d’eau potable pour boire et se laver ; des technologies permettant de maintenir la température de son logement autour de 20 degrés tout au long de l’année, où qu’il se trouve ; un accès au matériel informatique et à l’Internet mondial ; un accès à des réseaux de transport permettant une mobilité de jusqu’à 15 000 km par an et par personne ; une couverture maladie universelle ; un accès inconditionnel à l’éducation pour les enfants et adolescents ; et une réduction du temps de travail nécessaire. Et tout cela pourrait être obtenu en réduisant de plus de 50% le niveau de consommation d’énergie actuel.

« Alors que des gouvernements accusent les activistes écologistes de présenter “une menace pour notre mode de vie”, il est nécessaire de revoir tout ce que ce mode de vie devrait impliquer », expliquait l’une des co-autrices de l’étude, Julia Steinberger, qui dirige le projet Living Well Within Limits au sein de l’université de Leeds. « Il y a eu une tendance à simplifier l’image que l’on se fait d’une bonne vie par l’idée que “toujours plus c’est toujours mieux”. Nous sommes tout à fait en mesure d’offrir des conditions de vie décentes à tout un chacun tout en protégeant notre climat et nos écosystèmes. »

En quelques mots, ces études avancent l’idée que l’abolition d’un capitalisme obnubilé par une croissance sans fin n’est pas seulement une nécessité afin d’éviter des pénuries matérielles ou un changement climatique aux conséquences catastrophiques qui viendraient déstabiliser nos sociétés dans quelques décennies, mais que ce changement de paradigme pourrait ouvrir la voie à un système économique bien plus juste qui protégerait la planète et offrirait la prospérité à chacun d’entre nous.

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