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Les Anglais font des réserves de pinard européen avant le Brexit

Objectif officiel : augmenter les stocks avant la hausse des prix. Objectif officieux : éviter d'être obligé de boire la production locale.

par Ruby Lott-Lavigna
15 Janvier 2019, 2:30pm

Photo via Adobe Stock.

Ça déprime sec de l’autre côté de la Manche. Alors que Theresa May est sur le point de se faire recaler par les députés britanniques et que la Grande-Bretagne risque de quitter l'Union européenne sans avoir trouvé d’accord raisonnable, l’avenir culinaire de l’île s'annonce particulièrement sombre.

En cas d’échec, les camions feraient ainsi l'objet de contrôles supplémentaires aux frontières à Calais – entraînant un très probable retard dans les livraisons de produits venant d’autres pays de l’UE. Les Britanniques devront donc se rabattre sur les produits cultivés localement pour se nourrir, en particulier pendant les mois d’hiver, ce qui signifie beaucoup de navets et de choux – jusqu’à ces deux semaines en août au cours desquelles on aura assez de soleil pour faire pousser huit tomates et un poivron.

La bonne nouvelle, c’est qu’ils pourront toujours noyer leur chagrin dans un « bon » vin français de supermarché à un prix raisonnable pour accompagner la 30 e soupe aux choux du mois. Même pas ? Selon The Drinks Business, site dédié à l’industrie des alcools et autres spiritueux, les grossistes du Royaume-Uni commencent à stocker des vins européens flippant qu’un Brexit sans accord tarifaire ait un impact considérable sur le prix des imports.

« Si le Royaume-Uni se retrouve avec un Brexit sans accord, on devra faire face à des droits de douane supplémentaires ce qui risque de se répercuter sur le portefeuille du consommateur. »

Dans un blog publié sur son site, la Wine and Spirit Trade Association (WSTA) a exhorté le gouvernement à trouver un accord avant de quitter l'Union européenne et de « préserver » le prix des vins. L'organisation a également recommandé à ses membres d’augmenter leurs stocks de 20 % afin de réduire la charge qu’un départ de l’UE ne manquerait pas de faire peser sur la chaîne logistique.

« Si le Royaume-Uni se retrouve avec un Brexit sans accord, les entreprises vinicoles devront faire face à des droits de douane supplémentaires », explique la WSTA, « ce qui risque fort de se répercuter sur le portefeuille du consommateur en faisant grimper les prix du vin à un niveau record. »

« Dans l'éventualité d’un tel résultat, la WSTA suggère qu'une suspension temporaire de tous les tarifs sur le vin pendant une période de six à douze mois réduirait considérablement les tensions le long de la chaîne d'approvisionnement qu'un Brexit entraînerait inévitablement », peut-on lire également.

Parmi les entreprises concernées, Wholesalers Direct Wines devrait acheter 2 millions de bouteilles supplémentaires de vin en provenance d’Europe par rapport à son stock annuel. Majestic Wine en a acheté 1,5 million supplémentaire. La chaîne de cafés Wetherspoons a récemment supprimé de sa carte les vins et les spiritueux européens (y compris de tous les Champagne). La probabilité que l'ensemble de la population britannique se mette volontairement aux vins locaux paraît néanmoins très faible.


Cet article a été préalablement publié sur MUNCHIES UK

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