Pourquoi les kids de 2016 deviennent-ils tous végan ?

Une étude britannique tente d’expliquer pourquoi les jeunes sont de plus en plus nombreux à suivre un régime sans viande, poisson, oeufs et produits laitiers.
15.6.16

À une époque pas si éloignée, il était extrêmement simple de repérer un végan. Il portait des sandales et promenait une vague odeur de chanvre mariné sur plusieurs kilomètres. Par ailleurs, il vivait assez souvent dans des communautés prêchant l'amour libre.

Si les résultats de l'enquête récemment menée par Vegan Life Magazine et The Vegan Society sont dans le vrai, alors il serait peut-être temps de revoir les clichés qui accompagnent l'image du végan lambda et de son régime sans viande. Aujourd'hui, le véganisme, c'est tendance.

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Dans cette étude menée à travers le Royaume-Uni (Angleterre, Écosse et Pays de Galles), les chercheurs ont observé qu'au moins 542 000 personnes suivaient un régime végan. Une hausse de 350 % comparée à la décennie précédente. L'image du végan vieux schnock semble aussi en pleine mutation puisque 42 % ont entre 15 et 34 ans, 14 % d'entre eux ont plus de 65 ans.

L'enquête a aussi démontré que les mangeurs de quinoa de Grande-Bretagne habitent en majorité dans les villes ou dans les banlieues proches (88 %) dont 22 % à Londres, bastion des frites de seitan et des lattes au soja

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Mais qu'est-ce qui fait que tous ces Millennials se transforment en végan ? On pourrait y voir la conséquence de l'étude publiée par la World Health Organisation l'année dernière, qui faisait le lien entre les viandes transformées comme le bacon ou le jambon et le cancer. Sans surprises, quelques mois après les révélations, les Britanniques avaient diminué leur consommation de viande.

D'autres pensent que c'est la popularité de ce régime chez les célébrités qui influence le comportement des jeunes. « Quand on voit le nom des gens qui suivent le mouvement végan (Ellie Goulding, Novak Djokovic et David Hayes par exemple), il y a une vraie distanciation par rapport à l'image négative du passé », dit Maria Chiorando, journaliste chez Vegan Life Magazine. « Je pense aussi que les réseaux sociaux ont un énorme impact sur le véganisme et son importance chez les jeunes. Le hashtag végan sur Instagram est visible sur des comptes particulièrement populaires qui mettent en avant un style de vie sain. En plus de ça, être végan est de plus en plus facile, la nourriture est plus accessible grâce aux options végans dans les supermarchés et aux restaurants. »"

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En plus de la récente propagande véganiste sur les réseaux sociaux, les bienfaits éthiques et environnementaux du régime peuvent être des facteurs déterminants. Felicity Cloake, auteur de The A to Z of Eating a essayé d'être végan pendant une semaine et a raconté son expérience dans les colonnes du Guardian. Même si cette omnivore convaincue ne s'est finalement pas convertie au régime sans viande, poisson, œufs ou produits laitiers, elle a confié à MUNCHIES : « Ça m'a surtout permis de me poser des questions sur les choix que je faisais. Ça m'a aussi rappelé la valeur des produits que j'achète issus d'un élevage le plus éthique possible d'animaux. »

Le temps nous dira si ce « boost » de popularité du véganisme permettra d'installer ce régime durablement parmi les innombrables choix de vie des jeunes, aux côtés du paganisme nordique et du régime Dukan.