L’autre pays du garage

Photo : Henx


Le mal-être adolescent n’a jamais été aussi bien traduit, musicalement, que dans les années soixante. C’est sûrement pour ça que les groupes d’aujourd’hui essaient encore de perçer le mystère du garage rock. Beaucoup ont échoué dans cette quête. Pas les Green Hornets. Avec leur obsession pathologique pour les films de séries B et leurs guitares compressées, ils sont devenus les messies de la scène garage hollandaise. On les a appelés pour parler du seul truc dont ils veulent bien discuter, à savoir la musique, et pour essayer de comprendre ce qui les fait courir—un indice : tequila.

Vice : Le Green Hornet (frelon vert) est un personnage de série télé des années 1960 joué par Bruce Lee. C’est lui qui s’est chargé de vos très bons arrangements ?

Olaf :
Pour être tout à fait honnête, je ne suis pas un grand fan de Bruce Lee. En revanche j’adore les bandes originales des films de kung-fu et des nanars. D’ailleurs, je serais content d’avoir une petite discussion à ce sujet avec Quentin Tarantino.

André : Ces films nous inspirent parce qu’ils sont faits avec le cœur. Il n’y a pas de gros budget, pas de stars, juste des gens qui avec un bon scénario et qui se font plaisir.

Est-ce que les anglophones se moquent de vous parce que vous portez un nom de weed?

Olaf :
Bien sûr. « Alors comme ça vous fumez des pétards ? » C’est toujours la première question qu’on nous pose. Merci de nous la poser en second.

De rien. À quoi ça ressemble la scène garage hollandaise ?

Olaf :
On habite à Groningen, une petite ville étudiante située à deux heures d’Amsterdam. On a la chance d’avoir un endroit historique qui s’appelle The Vera Club, tous les bons groupes de garage du monde y sont passés.

C’est là qu’est né votre amour du genre ?

André :
Ouais, avant je jouais dans un groupe R&B et c’était vraiment chiant. J’en avais marre de faire des sets de trois heures dans les pubs du coin, où tu ne peux pas te lâcher vraiment parce que t’es tout sauf inspiré par l’ambiance de l’endroit. Résultat : tu baisses la tête et tu continues à jouer. Et puis je me suis mis à sortir au Vera club. J’y ai vu plein de groupes géniaux, genre The Gories, c’est ce qui m’a poussé à faire la transition. Je voulais faire de la musique bien avec des gens biens.

Mais c’est quoi ce truc avec les années soixante ?

André :
Juste un truc technique, ils utilisaient la compression.

C’est ennuyeux, ça, la technique. Je voulais parler de votre rapport mystique avec le garage.

André :
Imagine. C’était la première génération de jeunes à avoir du fric, du temps libre, et plein de frustrations, alors ils ont décidé de canaliser leur énergie en faisant du rock ’n’ roll sauvage. Nous aussi, si on fait partie d’un groupe, c’est pour se défouler sur scène.

Green Hornet—So much to give (Excelsior Recordings)
En concert les vendredi 4 et samedi 5 avril 2008 au festival I.D.E.A.L

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